Tokyo ces jours-ci tomes 1 à 3

Un récit court. Un grand artiste du manga seinen. Une déclaration d’amour à l’édition. En trois tomes, Tokyo ces jours-ci, de Taiyo Matsumoto, aux éditions Kana, nous offre un des meilleurs mangas, si ce n’est le meilleur, de cette année 2025. Revenons ensemble sur un titre marquant des douze derniers mois.

Tokyo ces jours-ci tome 1 Taiyo MatsumotoTokyo ces jours-ci : éditer, pour faire naître de grandes histoires de manga et de vie

Shiozawa, éditeur de mangas, vient de démissionner de son poste après 30 ans de bons et loyaux service en entreprise. Mais la passion de l’édition ne tarde pas à le reprendre. Et s’il veut faire la meilleure revue possible, il ne compte pas la faire pour une maison d’édition. Il la fera lui-même. Et pour cela, il va retrouver différents auteurs qu’il avait pu accompagner par le passé.

Un manga sur le manga ?

N’allez surtout pas croire que Tokyo ces jours-ci serait un manga nombriliste. Oui, il parle de mangakas, de parcours de création, qui font forcément écho à celui de l’auteur et de ses semblables.

Tokyo ces jours-ci, une série symbole de son auteur

Mais Taiyo Matsumoto, comme à chaque fois, raconte avant tout des histoires humaines. Des tranches de vie d’hommes et de femmes cabossés, différents, pas adaptés au système. Ils étaient enfants placés par la protection de l’enfance dans Sunny, ils sont éditeur dépassé ou auteurs torturés dans Tokyo ces jours-ci.

Matsumoto ne cherche pas à tracer de signe égal entre ces différentes situations. Ce sont simplement des situations différentes, des prétextes pour donner à voir des relations humaines.

Ce triptyque, c’est aussi une déclaration d’amour à la ville de Tokyo, dans laquelle le personnage principal évolue. Pas la Tokyo des grands quartiers hyper connus. L’auteur aime sa ville comme il aime ses personnages : cachée, anonyme, médiocre et en même temps tellement plus remplie de vérité et de sincérité.Tokyo ces jours-ci tome 2 Taiyo Matsumoto

Ne le nions pas, ça raconte aussi ce que ça raconte

Bon, on peut évidemment disserter longuement sur l’approche psychologique et sociologique de ce manga. C’est aussi un passionnant hommage à l’édition de mangas. Un hommage au travail des Tantôs, les éditeurs qui sont à la fois des nounous, des contremaîtres, des psychologues, des serviteurs, des scénaristes et des accoucheurs.

Un rôle de l’ombre, mais dont l’impact est essentiel sur l’ensemble des œuvres produites sur le marché japonais. Grâce au personnage de Shiozawa, Taiyo Matsumoto cherche à défendre une vision du métier qui se perd sur tous les continents. Les éditeurs ne doivent pas être simplement des comptables, des commerciaux, mais bien des acteurs de la création du livre.

Tokyo ces jours-ci montre l’évolution graphique de Matsumoto

Tokyo ces jours-ci tome 1 Taiyo MatsumotoEt puis ne le nions pas. L’intérêt de ces trois tomes, c’est aussi l’identité graphique de l’artiste. Taiyo Matsumoto développe un trait atypique sur le marché du manga. Un œuvre qui se démarque des productions classiques, qui développe une véritable identité propre. Et le temps passant, il démontre une maîtrise toujours plus poussée de son art, plus assagie, comme s’il digérait chaque nouvelle création avant d’en offrir une nouvelle au public.

 Le manga à ne pas rater cette année !

Tokyo ces jours-ci, de Taiyo Matsumoto est donc une œuvre riche et profonde, susceptible de plaire à un public très large qui aime un manga différent. Un manga qui prend le temps de s’intéresser à l’humain et à faire partager un domaine que l’auteur explore depuis plusieurs décennies. 

Article posté le vendredi 05 décembre 2025 par Yaneck Chareyre

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Tokyo ces jours-ci tome 1 Taiyo Matsumoto

À propos de l'auteur de cet article

Yaneck Chareyre

Journaliste , critique et essayiste BD depuis 2006.

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