Véronica Fury

Dans un monde futuriste robotisé à l’excès, nous suivons le dernier contrat que va honorer la détective Véronica Fury. Un album d’Artur Laperla et Marcos Morán chez Bang Ediciones !

Véronica Fury, une télépathe en devenir

Véronica vit encore sur Terre, dans la Ville Capitale. Sans doute parce qu’elle ne serait pas autorisé à user de ses dons de télépathe sur Mars où cette pratique est strictement interdite.

Elle est télépathe de classe triple C. Cela signifie que sa cible doit se trouver dans un rayon de moins de 6 mètres pour qu’elle parvienne à s’introduire dans ses pensées. Ce don est tout de même fort pratique pour découvrir des secrets trop bien cachés. D’ailleurs, ses clients sont prêts à payer le prix fort pour en connaître certains.

Entrer dans les pensées des gens

Le nouveau contrat qu’elle vient d’accepter lui a été proposé en visio-transmission par Baxter Blobs. Cet homme est le représentant de son client qui pour l’heure souhaite rester anonyme.

Véronica Fury devra dérober quelques informations enfouies dans les replis du cerveau d’Aldus Spice. Il est le directeur technique et membre du conseil d’administration d’Universal Unicorn. Un job qui s’apparente donc à de l’espionnage industriel.

Véronicatwoman

Véronica nous l’apprend. Elle n’a pas le niveau double zéro dans l’échelle des télépathes. Si cela avait été le cas, elle n’aurait pas même eu à bouger de son canapé pour s’introduire dans la tête de monsieur Spice. Mais elle n’est que triple C. Il va donc lui falloir approcher sa cible.

Miss Fury, entre autre talent, possède aussi celui de se transformer à la nuit tombée en véritable chat de gouttière. Une Catwoman pleine de souplesse et d’agilité, et équipée de quelques gadgets fort utiles pour accéder au penthouse du luxueux bulding d’Aldus Spice.

Véronica Fury : joli récit rétro-futuriste

Voilà le décor planté, l’intrigue juste posée de ce délicieux récit rétro-futuriste en noir et blanc. Marcos Moràn dévoile un trait épais et des jeux d’ombre tout en minuscules hachures régulières. Le dessinateur s’applique à nous immerger dans une ambiance surannée. Les robots ressemblent à de drôles de boîtes de conserves vaguement « humanisées ». Quant à l’architecture de la Ville Capitale, elle nous rappelle au souvenir d’une Métropolis froide et imposante telle qu’imaginée par Fritz Lang en 1927.

Véronica Fury est une héroïne très séduisante, non pas dans le sens où elle affiche une silhouette diaboliquement sexy, mais plus par l’intrépidité dont elle fait preuve. Ce récit d’Artur Laperla (Dream Team) n’a d’autre ambition je pense que de nous divertir. Il y parvient parfaitement à travers de ses 152 pages.

Peut-être qu’en poussant un peu la réflexion sur la thématique abordée dans ce thriller psychologique d’anticipation, peut-on y déceler une mise en garde sur la déshumanisation toujours plus importante de notre monde. À vous de juger.

Article posté le vendredi 23 février 2024 par David Lemoine

Véronica Fury de Artur Laperla et Marcos Moran (éditions Bang)
  • Véronica Fury
  • Scénariste : Artur Laperla
  • Dessinateur : Marcos Moràn
  • Traductrice : Léa Jaillard
  • Éditeur : Bang
  • Prix : 21 €
  • Pagination : 160 pages
  • Parution : 20 octobre 2023
  • ISBN : 9788413714929

Résumé de l’éditeur : Comme tout le monde le sait, les télépathes sont interdits sur Mars, mais pas sur notre vieille Terre. Ici, une télépathe de troisième catégorie comme Véronica Fury peut encore gagner sa vie en lisant les esprits sur commande. Mais attention toutefois, il y a des cerveaux dans lesquels il vaut mieux ne pas pénétrer…

À propos de l'auteur de cet article

David Lemoine

Lecteur de BD depuis sa plus tendre enfance, David a fini par délaisser assez vite les classiques franco-belges, pour doucement voir ses affinités se tourner vers des genres plus noirs, plus grinçants, sarcastiques, trashs, violents, absurdes et parfois même décadents. Il grandissait en somme…. Fan de la première heure de Ranxerox et Squeeze the Mouse, il vénère aujourd’hui l’oeuvre d’auteurs Anglo-Saxon tel que Bendis, Brubaker/Phillips, Ben Templesmith, Terry Moore, Jonathan Hisckman, Ellis/Robertson, sans bouder son plaisir à la lecture des européens talentueux, francophone ou non, que sont Tardi, Ralf Konîg, Michel Pirus, Gess, les frères Hernandez, ou même Fred Bernard. La liste de ses amours dans le 9e art est loin d’être exhaustive, vous vous en doutez, et cela fait plus de 20 ans maintenant qu’il s’efforce de vous convaincre de les embrasser à travers ses chroniques radio qu’il vous livre chaque semaine dans l’émission XBulles sur les ondes de Radio Pulsar (http://www.radio-pulsar.org/emissions/thema/x-bulles/ / https://www.facebook.com/xbulles)”

En savoir