De Dargaud nous arrive le premier spin-off de l’une de ses séries les plus primées et les plus appréciées des lecteurs, « Blacksad ». Une première incursion dans cet univers anthropomorphique, ancré dans la réalité, où nous en apprendrons un peu plus sur la vie de Weekly, l’intrépide journaliste qui ne cesse de se fourrer dans des ennuis pas possibles.
Weekly : une fouine bavarde et attachante
Nous commençons avec un message direct dès la première page : un souvenir, et le véritable nom de Weekly, Dustin Kalisnowszczyzna. Il vit avec sa grand-mère. Déjà, dans les albums de la série originale, Weekly avait montré son caractère et sa façon d’agir face aux difficultés. Il suscitait néanmoins toujours des doutes et de l’intérêt chez le lecteur, puisque nous ne connaissions que quelques bribes de son passé et de son identité. C’est dans cet album que nous en apprendrons un peu plus sur cette « fouine » aussi bavarde qu’attachante.
Dès les premières pages, on découvre un Weekly plein d’entrain, collaborant avec la police. Il veut devenir journaliste, mais pour l’instant, il ne fait que les photos des détenus. Cependant, sa curiosité insatiable le pousse parfois à prendre des risques inconsidérés. Voyant les rares perspectives d’emploi, Dustin commence à travailler dans une entreprise de pompes funèbres, afin d’aider sa grand-mère financièrement et d’échapper aussi un peu à ses colères.

En toile de fond, on trouve le conservatisme et l’ultra-christianisme dans une société pleine de reproches et ravagée par la lutte des « esprits purs ».
Weekly : un journaliste hors-pair
L’écrin de cette histoire, traversée par plusieurs messages, nous présente un Dustin plein de curiosité, toujours en alerte, perspicace et doté d’un esprit journalistique incomparable. Grâce à tout cela, on assiste d’abord à sa lutte contre la censure des bandes dessinées d’horreur et de violence menée par une dirigeante religieuse. Il découvrira également un complot ayant débuté lors des pillages américains de la Seconde Guerre mondiale, lié à l’un de ces « trésors » volés par les nazis et ensuite utilisé au profit de plusieurs personnes influentes.
Un élément qui ne passera pas inaperçu, ni pour Dustin ni pour certains personnages qui, depuis des années, recherchent à la fois ce trésor et ceux qui l’ont dérobé. Et, comme c’est souvent le cas, tout ne se terminera pas bien pour certains, tandis que pour d’autres naîtront des solutions qui changeront leur vie — voire même leur nom.

Un duo d’auteurs de qualité
Un changement dans l’équipe créative, du moins en partie, mais qui conserve l’essence caractéristique et les similitudes de l’œuvre originale.

Au scénario, on retrouve le créateur de Blacksad, Juan Díaz Canales, qui continue d’étendre cet univers personnel avec l’apparition de nouveaux personnages — peut-être certains reviendront-ils dans le futur ? — et des intrigues mêlant toujours des problématiques sociales contemporaines à cette touche de polar qu’il maîtrise si bien.

Là où il y a un changement, c’est au dessin, assuré par Giovanni Rigano, qui conserve cette esthétique marquée mêlant animaux et réalisme, mais avec une touche plus cartoon. Il maîtrise parfaitement la narration entre les cases, donne une véritable personnalité à chacun des personnages et crée une ambiance idéale — on sent bien que la couleur est également de sa main.
Une équipe créative de luxe pour un spin-off destiné à ouvrir la voie à de futures œuvres centrées sur les différents personnages qui peuplent l’univers de Blacksad, riches en détails et dont il serait des plus intéressants d’en apprendre davantage.
- Blacksad stories : Weelky
- Scénariste : Juan Diaz Canales
- Dessinateur : Giovanni Rigano
- Éditeur : Dargaud
- Parution : 31 octobre 2025
- Pagination : 64 pages
- Prix : 17,95€
- ISBN : 9782205202212
Résumé de l’album : Dustin, une fouine, vit à New-York avec sa grand-mère d’origine russe, Chana, dans un minuscule appartement et vivote en acceptant des petits boulots au plus grand désespoir de Chana. Fidèle croyante, elle décide d’aller voir la pasteure Lubansky, une brebis qui mène une croisade contre le mal incarné à ses yeux, par les publications destinées aux jeunes lecteurs : les comics… Le mari de la pasteure embauche Dustin dans un commerce « respectable » : une maison funéraire ! Résigné, Dustin décroche pourtant un autre job chez Proper Comics, dirigé par Venables, l’ennemi juré des Escadrons de la Vertu de la pasteure Lubansky. Malgré la menace de censure, Venables lui confie la réalisation d’un roman photo. De son côté Dustin comprend peu à peu que le commerce de M. Lubansky, surveillé par les services secrets, cache bien des secrets….
À propos de l'auteur de cet article
Daniel Custer
Vulgarisateur, chroniqueur, scénariste et membre de l'ACDComic espagnol. Lecteur passionné et consommateur avide de tout ce qui touche au monde de la bande dessinée. Le neuvième art, c'est la vie.
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