Exposition La Maison des Super Héros

Co-produite par la Maison de l’architecture et de la ville Nord-Pas de Calais, la Maison de l’architecture Poitou-Charentes et la Maison de l’architecture de Haute-Normandie, en partenariat avec la Cité Internationale de la Bande Dessinée et de l’image d’Angoulême, l’exposition La Maison des Super Héros propose une fascinante plongée dans les villes des super héros américains où fiction et réel ne cessent de se croiser.

Extraits du dossier de presse:

Avec Tarzan et la femme fatale, le super-héros est l’un trois grands mythes fondés au XXème siècle. Il apparaît à l’orée des années 30, à l’évidence en réaction à l’époque. Ce que dénonce alors Superman, premier né et archétype, c’est le rapport à la modernité. La crise de 1929 a effondré la foi dans le New Deal. Le progrès ne sauvera personne.

Face à cette apocalypse économique sans précédent, il faut un messie d’un genre nouveau. Parmi ces miracles avortés du XXème siècle que Superman se doit de surmonter immédiatement, il y a le train et sa rapidité, les balles de révolver de la criminalité, et bien sûr les gratte-ciels, qu’il enjambe d’un bond.

Dès lors, modernité, ville et super-héros, sont intrinsèquement liés. Une relation qui murit tout au long du XXème siècle pour épouser les problématiques de chaque époques.

A travers cette exposition, il devient possible d’expliquer en quoi la bande dessinée américaine et son Hérault se sont faits le miroir critique de nos cités au XXème siècle.

  1. Les nouveaux super vengeurs à venir s’installent au coeur de mégapoles délirantes, symbole d’une modernité rayonnante, menacée ou menaçante.
  2. Ils y fondent un foyer à leur image, c’est à dire un super foyer.
  3. Depuis le 11 septembre, le rapport entre la ville, les gratte-ciel et les super-héros s’est encore renforcé.

La destruction du foyer est plus que jamais la principale menace qui pèse sur le monde.

LA VILLE AMÉRICAINE

Le super-héros est intrinsèquement lié à sa ville. Il se crée à l’image de son territoire. Lorsqu’elle souffre, il souffre également. Et l’inverse se vérifie. Si le superhéros défaille pour raison personnelle, si son moral tombe, la ville s’effondre avec lui.

Les mégapoles des superhéros sont donc d’immenses utopies fantasmatiques qui révèlent beaucoup de leur époque. Ce sont des miroirs déformant de notre civilisation. Gotham City la ville du crime, Metropolis la cité rayonnante de l’exode rural… toute proposent un reflet de la place de la ville de notre civilisation

La ville est également un ring où s’affronte le bien et le mal, un outil malléable à souhait, récupéré autant par les bons éléments que par les mauvais. L’air peut y être vicié, ses canalisations d’eau empoissonnées, ses égouts abritent des sociétés sécrètes.

LA MAISON COMME EXTENSION 

Les super-héros ont des super demeures. Superman, le premier, seul de son espèce égarée sur une planète où personne ne peut le comprendre, construit sa forteresse de solitude au Pôle Nord, telle une maison de campagne où renouer avec ses racines quand le poids de sa condition lui pèse trop.

La Batcave, elle, est le repaire d’un millionnaire obsédé par le crime. Victime du double meurtre de ses parents alors qu’il était enfant, il décide adulte de consacrer sa vie à la guerre contre le crime. Tortueuse et sombre, la Batcave devient peu à peu le musée personnel et le laboratoire scientifique de Batman, adoptant tous les dix ans une configuration nouvelle pour s’adapter à son époque.

Les Avengers, eux, ont élu domicile dans une base sécrète caractéristique de la philosophie Marvel, installée dans un New York fictif perpétuellement en proie aux nouvelles attaques ennemies. Leur manoir se veut également à la pointe de la domotique.

Et ces dernières années, l’énergie verte est au coeur de la reconstruction de la ville (Batman dans son dernier film, Les Avengers également). A ce sujet, Superman vient de déplacer, après 70 ans, sa forteresse de solitude du Pôle nord dans la jungle.

L’APRÈS 11 SEPTEMBRE 2001

Aujourd’hui, plus que jamais, la maison du superhéros est la cible des assauts. Tous les films tournés à partir des licences en font état. La bande annonce du dernier Iron Man réserve d’ailleurs un bon tiers de son temps à la destruction de la demeure de Tony Stark, qui est lui même l’architecte du Stark Building, immense tour au milieu de New York, entièrement alimentée à l’énergie verte.

Ex Machina, autre grande bande dessinée post 2001, raconte l’ascension politique d’un superhéros qui aurait sauvé l’une des tours jumelles. Il devient Maire de New York, et choisit de se concentrer sur l’action publique.

  • Visite guidée en vidéo par Stéphane Duval, directeur de la Maison de l’Architecture Poitou-Charentes.
Article posté le vendredi 27 mars 2015 par Nicolas Albert

Pratique

L’exposition La maison des Super Héros est une coproduction de la Maison de l’architecture et de la ville Nord-Pas de Calais, de la Maison de l’architecture Poitou-Charentes et de la Maison de l’architecture Haute-Normandie. En partenariat avec DC Comics et Marvel.

  • Commissariat: Stéphane Beaujean & Arnaud Lapeyre
  • Coordination: Stéphane Duval et Odile Werner
  • Scénographie: Keurk – Olivier Riauté, Lille
  • Identité graphique: Les produits de l’épicerie, Lille
  • Impression: AD Concept, Lille

Visible à la Maison de l’Architecture Poitou-Charentes du 26 janvier au 31 juillet 2015.

À propos de l'auteur de cet article

Nicolas Albert

Nicolas Albert

Nicolas Albert est journaliste à la Nouvelle République - Centre Presse à Poitiers. Auteur de plusieurs livres sur la bande dessinée (Atelier Sanzot, XIII 20 ans sans mémoire…) ou de documentaires video, il assure également différentes missions pour le festival international de la bande dessinée d'Angoulême : commissaire d’expositions (Atelier Sanzot, Capsule Cosmique, Boule et Bill, le Théâtre des merveilles, Les Légendaires…), metteur en scène des concerts de dessins, rédacteur en chef de la WebTV et membre du comité de sélection.

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