Comixtrip.fr est partenaire média du concours Jeunes Talents Quai des Bulles. Et à ce titre, le média suit l’évolution des lauréats de ce prix. Léa Mazé, Jean Cremers, Alix Garin, s’expriment régulièrement ici. Mais parfois, les bonnes histoires ne concernent pas les vainqueurs du Grand Prix Jeunes Talents. Venez donc découvrir la lauréate 2026 Jeune Espoir (12-16 ans), Ludmila Selliez. Rien de moins qu’un talent graphique en pleine ascension, que nous avons rencontré.
Jeune, oui, Talent, encore plus : Ludmila Selliez illumine le prix jeune talent Quai des Bulles
« C’est mon père qui m’a convertie, surtout, parce qu’il lit énormément de bande dessinée. J’ai commencé avec les classiques, Gaston, Astérix, etc… Il y a beaucoup de styles différents, c’est un univers énorme. C’est ça que j’aime dans la bande dessinée. »
Participer à un concours quel qu’il soit, c’est prendre le risque de perdre. Il faut donc un égo solide, surtout lorsque l’on a déjà gagné. C’est le cas pour Ludmila. À dix ans, en 2022, elle participait et remportait le prix Jeune Espoir -12 ans lorsque Cyril Liéron et Benoit Dahan en étaient les parrains.
« J’ai commencé toute petite. Au début, c’était bien nul. À partir de 10 ans j’ai commencé à faire des bandes dessinées que ma mère imprimait. C’était pas du tout édité, mais j’ai quand même mes bandes dessinées à la maison. »
De sa participation, on observe déjà une capacité forte à raconter une histoire, et un sacré sens de la mise en couleurs. Il est compréhensible que le jury d’alors ait voulu la récompenser.
« J’avais écrit une histoire dans laquelle un professeur du futur ramenait ses élèves dans la Galerie des Glaces de Versailles, dans le passé. »
L’année suivante, Ludmila présente à nouveau une contribution. Mais les gagnants doivent laisser passer un peu de temps avant de concourir à nouveau. On peut tout de même pointer la constance de la jeune fille, prête à se remettre en jeu sans attendre.
Nous voici donc en 2026. La jeune fille est devenue adolescente, elle a 14 ans. À nouveau, elle présente une participation pour l’édition, sous le thème « Roses corsaires ».
Quand le jury délibère, nous séparons volontairement les trois catégories, pour comparer les participations sur un pied d’égalité. Au sein de ce nuage de planches, le travail de Ludmila Selliez surnage littéralement.
« J’avais en tête cette idée d’un bateau pas dans la mer, dans les airs, ce qui faisait un décor très intéressant, je trouvais. Et ça collait avec les roses des sables. »
Partir des roses de sables, ces roches cristallisées de gypse que l’on retrouve dans le désert, c’était un joli détournement du sujet. Offrir un bateau corsaire dans ce monde sans eau, plus encore. L’artiste maîtrise le sujet, très bien.
« J’ai cogité pendant au moins deux mois, pour trouver l’histoire. Parce que le thème n’était pas facile. Je préfère quand même dessiner. »
Mais ce qui a fait la différence, c’est sa performance graphique. Un travail proprement fascinant, réalisé aux crayons de couleur. Le jury s’est même interrogé sur l’âge réel du ou de la participante. Mais oui, il y a réellement une jeune artiste derrière ces planches. Une dessinatrice qui nous a séduits avec ses deux pages, mais nous a proprement captivés avec une case. Deux yeux, d’un réalisme envoûtant, une lumière, une intensité, dont nous ne pouvions nous détacher.
« Je dessine aux crayons de couleur. J’aime beaucoup mais c’est très long. J’ai dessiné plusieurs semaines, six heures par jour, pendant mes vacances. »
Et c’est pour cela que Ludmila Selliez l’a emporté une seconde fois, dans une deuxième catégorie du concours Jeunes Talents Quai des Bulles. Un parcours unique, jamais réalisé à ce jour. Un appel à la voir recommencer dans deux ans, lorsqu’elle pourra concourir dans la catégorie des plus de 16 ans.
Il n’y aura pas de passe-droit pour elle, les planches sont évaluées à l’aveugle. Mais si la courbe de progression de l’artiste continue dans le sens de ces quatre dernières années, alors nous pouvons imaginer une nouvelle participation bluffante.
« C’est super de gagner à nouveau, ça fait vraiment plaisir. Et le prix est énorme. »
« Je pense participer à nouveau, quand je serai dans la nouvelle catégorie. Je veux travailler dans le dessin plus tard. Je m’intéresse à l’animation, j’ai fait un stage aux Gobelins. »
Pas de pression Ludmila ! Ce qui compte, c’est le plaisir de dessiner et de raconter des histoires. Les prix, les concours, c’est annexe. Mais rendez-vous est pris pour 2028 !

Participer à un concours quel qu’il soit, c’est prendre le risque de perdre. Il faut donc un égo solide, surtout lorsque l’on a déjà gagné. C’est le cas pour Ludmila. À dix ans, en 2022, elle participait et remportait le prix Jeune Espoir -12 ans lorsque Cyril Liéron et Benoit Dahan en étaient les parrains.


