Dansker

Nommé dans la Sélection officielle 2019 à Angoulême, Dansker de Halfdan Pisket met un terme magistralement à sa trilogie débutée avec Déserteur chez Presque Lune.

Après la jeunesse de son père en Turquie en 2017 dans Déserteur et la vie de ce dernier au Danemark en 2018 dans Cafard, Halfdan Pisket revient avec un dernier volume, Dansker afin d’achever sa trilogie qu’il a débuté en 2014.

James Pisket, père de Halfdan, n’est pas dans un très bel état. Après une violente bagarre avec des voyous, il a perdu un œil et est balafré de partout. Bien qu’il soit en vie, il est passé près du trépas. Cela ne l’empêche pas de continuer les petites magouilles et d’ingérer toutes sortes de substances illicites.

Il aimerait pourtant bien renouer avec son fils et son ex-compagne. En attendant, il emménage avec Christina, dans un quartier bien chaud de Copenhague…

Toujours avec force, intelligence mais sans fausse pudeur, l’auteur poursuit le déroulement des événements de la vie de son père. Avec des retours dans son passé, il construit son identité et par la même occasion la sienne. Y a-t-il encore des parts d’ombre et des parts imaginaires ? Seul lui le sait.

Le récit est tourbillonnant, fou et le personnage principal mal en point. Halfdan Pisket instaure ses récitatifs dans les pas de son père. Ce mélange est étonnant. Comme s’il lui parlait ou lui posait des questions qu’il n’a jamais osé.

Le dessin est lui aussi d’un grande originalité. Les planches en noir et blanc rendent parfaitement l’ambiance pesante du récit et les violences subies par James.

Article posté le mercredi 16 janvier 2019 par Damien Canteau

Dansker de Halfdan Pisket (Presque lune)
  • Dansker
  • Auteur : Halfdan Pisket
  • Editeur : Presque Lune
  • Parution : 11 octobre 2018
  • Prix : 23€
  • ISBN : 9782917897379

Résumé de l’éditeur : Suite aux événements tourmentés qui ont failli lui coûter la vie, James aspire à trouver un semblant d’équilibre dans sa nouvelle existence. Il s’est installé dans la célèbre communauté libertaire autogérée de Christiania à Copenhague créée dans les années 1970 par des hippies, et où le commerce de la résine de cannabis est autorisé. Il y développe un trafic qui devient sa principale source de revenus ; Et même s’il se rend régulièrement aux convocations des services sociaux, en son for intérieur, il n’espère plus rien de la société. Alors qu’il ne voit plus sa famille depuis longtemps, Arla, désespérée, vient frapper à sa porte pour lui demander son aide. Désormais, James doit assurer son rôle de père à plein temps pour protéger Joshua son fils qu’il aime profondément. Mais, caler l’emploi du temps d’un gros trafiquant de drogue avec celui d’un enfant qui part à l’école va devenir très vite problématique… Avec le troisième et dernier tome de cette trilogie magistrale où la poésie et la puissance narrative ne retombe jamais, Halfdan Pisket résoud son histoire terriblement touchante en déclarant son amour à ce père extraordinaire, devenu enfin danois.

À propos de l'auteur de cet article

Damien Canteau

Damien Canteau

Damien Canteau est passionné par la bande dessinée depuis une vingtaine d’années. Après avoir organisé des festivals, fondé des fanzines, écrit de nombreux articles, il est toujours à la recherche de petites merveilles qu’il prend plaisir à vous faire découvrir. Il est aussi membre de l'ACBD (Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée).

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