Guido Buzzelli, Oeuvre 1

Quatre récits du maestro Guido Buzzelli sont regroupés dans ce premier volume d’Oeuvre, un album nommé dans la Sélection patrimoine 2019 à Angoulême.

C’est Georges Wolinski qui découvrit le fabuleux travail de Guido Buzzelli. C’est aussi lui qui le fit publier dans Charlie Mensuel au milieu des années 70. Quelle riche idée ont eu les éditions Les cahiers dessinés de nous faire (re)découvrir ces superbes histoires ! Cinq intégrales sont annoncées. Au sommaire de ce premier volume :  Le labyrinthe, Zil Zelub, Annalisa et le diable et L’interview. Quatre récits, quatre claques !

Il se met en scène dans ces récits mais il ne s’épargne pas. Il est tout sauf le héros que tout le monde aimerait être. Cauchemars et mises en abîme se retrouvent à toutes les pages. On apprécie ces fables sombres où se côtoient toutes sortes de créatures fantastiques, de personnages dérangés et dérangeants. Il n’y a pas d’issues favorables ni d’espoir dans les histoires de Buzzelli.  Le corps démembré dans Zil Zelub ou les chiens à tête d’homme sont là pour faire frissonner et nous interroger.

Que dire du dessin ? Il est magistral ! Les hachures sont magnifiques et l’enchaînement des cases apportent leur lot d’ambiance pesante. On sent toute la virtuosité de cet auteur véritable peintre. Il a suivi des cours de dessin à San Luca à Rome. Disparu en 1992, à 65 ans, ce génie incompris de ses pairs, ne connaîtra jamais la gloire et l’argent. Un oubli réparé par ce premier volume !

Article posté le mercredi 16 janvier 2019 par Damien Canteau

Oeuvre 1 de Guido Buzzelli (Les cahiers dessinés)
  • Oeuvre, tome 1
  • Auteur : Guido Buzzelli
  • Editeur : Les cahiers dessinés
  • Parution : 04 janvier 2018
  • Prix : 29€
  • ISBN : 9791090875548

Résumé de l’éditeur : Dans les années 1970, une météorite entra dans l’at- mosphère de la bande dessinée ; elle éclata en plusieurs morceaux, pareils à des pépites. En quelques épisodes, un personnage tourmenté, faible et inquiétant se présenta au grand jour : c’était Guido Buzzelli en personne. L’auteur s’est mis en scène, il s’est travesti tour à tour en raté laid et malingre, en piètre violoncelliste incapable de retenir ses membres livrés à eux-mêmes – une jambe courant toute seule, un bras filant sous la jupe d’une femme… -, en dessinateur de bandes dessinées dépressif et paranoïaque, victime kafkaïenne de chirurgiens fous, de psychanalystes, d’industriels maffieux, de dictateurs en herbe. Rarement l’art de l’autoportrait a été mené si loin dans l’autodérision et le mépris de soi-même.

À propos de l'auteur de cet article

Damien Canteau

Damien Canteau

Damien Canteau est passionné par la bande dessinée depuis une vingtaine d’années. Après avoir organisé des festivals, fondé des fanzines, écrit de nombreux articles, il est toujours à la recherche de petites merveilles qu’il prend plaisir à vous faire découvrir. Il est aussi membre de l'ACBD (Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée).

En savoir