Le vieil homme et les narcos

Don Alejo décide de tenir tête à un des gangs les plus puissants du Mexique dans Le vieil homme et les narcos, un polar sombre de Ricardo Vilbor et Max Vento.

Mexique. Don Alejo conduit à tombeau ouvert sur une piste vers le ranch San Juan. Mais il arrive trop tard, son frère s’est fait assassiné. Autour des lui, les Marines américains constatent les dégâts. Comment en est-on arrivé là ? Comment s’est-il retrouvé dans une affaire pareille ?

Un jour plus tôt. Le vieil homme de 77 ans ans, veuf, ne veut pas se plier aux règles d’un gang de trafiquants. Comme il l’a toujours fait dans sa vie, il ne veut pas s’agenouiller devant eux; même si sa vie doit être en jeu. Ses employés prennent peur et partent. Personne ne peut le raisonner. Pire, il se barricade chez lui et attend la suite avec son vieux fusil…

Voilà le triste sort du Mexique. Un pays surarmé, où la mortalité est exponentielle, où la corruption est l’une des plus fortes du monde et où les trafiquants en tout genre imposent leurs règles. Ricardo Vilbor a voulu rendre hommage à un homme qui ne rompt pas devant eux. Un homme épris de liberté et qui n’accepte pas l’injustice.

Toute sa vie, il l’a menée pour que les siens vivent le mieux possible, sans jamais se soumettre au diktat des autres. Ce n’est pas au crépuscule de sa vie que cela va changer. Il n’a plus rien à perdre. Son ranch, il veut le défendre coûte que coûte. Sa dignité aussi.

Ce polar sombre qui se terminera en huis-clos est saisissant de justesse. Même si l’on se doute de la fin inexorable dès les premières pages, le scénariste nous emmène avec lui dans une affaire qui s’avère un tourbillon dont le pauvre Don Alejo ne pourra pas se sortir. Par cette histoire forte, Ricardo Vilbor peut dépeindre avec réalisme les tensions entre le peuple – qui ne peut pas se rebeller – et les narcotrafiquants.

A ses côtés, Max Vento fait correctement le travail graphique. Malgré des petites imperfections au niveau anatomiques (la gestuelle avec les armes), l’ensemble est plaisant et restitue bien l’ambiance pesante du récit.

Article posté le jeudi 14 février 2019 par Damien Canteau

Le vieil homme et les narcos de Vilbor et Vento (Nouveau monde graphic)
  • Le vieil homme et les narcos
  • Scénariste : Ricardo Vilbor
  • Dessinateur : Max Vento
  • Editeur : Nouveau monde graphic
  • Prix : 16.90€
  • Parution : 07 février 2019
  • IBAN : 9782369427254

Résumé de l’éditeur :

« L’histoire tragique de l’homme qui résista aux narco- traficants. » Il s’appelle Don Alejo, c’est un vieux fermier mexicain travailleur et honnête. En avril 2011, des narcotrafi-quants font irruption dans son ranch et lui donnent 24 heures pour quitter sa propriété. « Je vais réfléchir», répond Don Alejo. « La ferme ou le plomb », lui répliquent les narcos. Sonné, Don Alejo rassemble ses travailleurs, règle leurs dûs et leur ordonne de ne plus revenir. Dans ce ranch, il a élevé sa fille et enterré sa femme. Et maintenant il devrait s’enfuir comme un chien ? Se prosterner devant les narcos, comme le font le gouvernement et tout le reste du pays ? À 77 ans, le vieillard dépoussière ses fusils de chasse, sa décision est prise. Il n’y a qu’une seule manière de vivre et de mourir, pense-t-il : debout et libre. Voici l’histoire d’un homme simple qui a décidé de ne pas capituler devant la terreur. Inspirée de faits réels, cette BD s’interroge sur le courage, la capacité à résister et à s’indigner. Elle témoigne du pouvoir et des atrocités des narcos qui terrorisent aujourd’hui toute la société mexicaine.

À propos de l'auteur de cet article

Damien Canteau

Damien Canteau

Damien Canteau est passionné par la bande dessinée depuis une vingtaine d’années. Après avoir organisé des festivals, fondé des fanzines, écrit de nombreux articles, il est toujours à la recherche de petites merveilles qu’il prend plaisir à vous faire découvrir. Il est aussi membre de l'ACBD (Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée).

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