Nous sommes Sportacus

Pour souder une équipe, rien de mieux qu’une randonnée dans la montagne. Le week-end qui devait déboucher sur une cohésion se termine en cauchemar. Victor Marco imagine Nous sommes Sportacus, un étonnant thriller chez Sarbacane.

Sportacus est une enseigne de magasins de sports. Rodolph est convoqué par le directeur parce que ses équipes ne sont pas au mieux, les chiffres sont en baisse. Pour ressouder l’équipe est mise en place une randonnée dans la montagne pendant un week-end. Chef du rayon randonné, le bel homme fort part avec cinq autres employés : Annabelle, Bénédicte, Gustave, Lucien et Barney. Aux cris incessants de Nous sommes Sportacus, le groupe avance lorsque Rodolph se rend compte qu’ils sont perdus. C’est un peu la panique, surtout qu’en regardant au loin pour voir au se situe le bus qui les ramènent, ils sont les spectateurs d’une mystérieuse explosion…

Sous ses airs faussement naïfs – notamment graphiques – Nous sommes Sportacus est bien plus qu’une bande dessinée d’aventure. Ce qui devait ressembler à deux jours d’intégration, de solidarité et de consolidation du groupe se mue en un cauchemar digne de grands thrillers. Ces week-end sont fréquents dans les gros groupes même si (sans aller aussi loin que l’album) souvent cela n’a pas l’effet escompté ou alors qu’à court terme.

Victor Marco parle ainsi de nombreux thèmes contemporains : des pressions managériales, de l’esprit d’entreprise mais aussi de relations entre femmes et hommes ainsi que d’écologie. En effet, Nous sommes Sportacus dès les premières pages glisse vers une récit post-apocalyptique, un survival de folie après une explosion nucléaire. Si le rythme est lent (s’étire parfois un peu trop en longueur), il permet d’installer un climat de doutes et de peurs dans la têtes de 6 protagonistes. Il délivre un récit où les bassesses des Hommes refont surface : on se croirait dans un épisode de Koh-Lanta ou d’une téléréalité d’enfermement.

Pour cela, l’auteur originaire de Marseille use avec habileté d’un humour détaché et noir qui convient parfaitement à son récit. Victor Marco – dont c’est la première bande dessinée publiée – réalise des planches où ses animaux anthropomorphes sont chaleureux et « mignons ».

Article posté le vendredi 08 juin 2018 par Damien Canteau

Nous sommes Sportacus de Victor Marco (Sarbacane)
  • Nous sommes Sportacus
  • Auteur : Victor Marco
  • Editeur : Sarbacane
  • Parution : 02 mai 2018
  • Prix : 21.50€
  • ISBN : 9782377310432

Résumé de l’éditeur : L’équipe du magasin Sportacus, menée par Rodolph, le responsable du rayon randonnée, est en week-end de cohésion. Tous profitent du bon air de la montagne, quand une énorme explosion fait naître un champignon nucléaire à l’horizon. Les voilà en situation de survie, coupés de tout. Sans réseau et sans vivres, la situation vire rapidement au cauchemar surréaliste et violent. « Nous sommes Sportacus ! » s’écrie le chef d’équipe de plus en plus tyrannique pour motiver ses troupes. « Nous sommes Sportacus », répond l’équipe dans un écho de plus en plus anxieux.

À propos de l'auteur de cet article

Damien Canteau

Damien Canteau

Damien Canteau est passionné par la bande dessinée depuis une vingtaine d’années. Après avoir organisé des festivals, fondé des fanzines, écrit de nombreux articles, il est toujours à la recherche de petites merveilles qu’il prend plaisir à vous faire découvrir. Il est aussi membre de l'ACBD (Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée).

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