Sous le ciel de Tokyo, volume 1

Pendant la deuxième guerre mondiale, un pilote de chasse japonais revient chez lui. Sa vie est rythmée par son foyer, sa femme et ses allers-retours dans sa nouvelle unité. Sheiho Takizawa dévoile le premier volume de Sous l’oeil de Tokyo, un très joli manga Delcourt-Tonkam.

Eté 1943. Le capitaine Shirakawa est affecté à la division des essais aériens de l’armée impériale. Il faut souligner que la flotte japonaise n’est plus aussi dominatrice qu’au début de la deuxième guerre mondiale, subissant de lourdes pertes dans ses rangs.

En changeant d’unité, l’officier se rapproche de son domicile où vit encore son épouse qui l’attend toujours avec impatience. La vie du couple se résume à des moments ensemble mais aussi les trajets entre le foyer familial et la banlieue de Tokyo.

Publié par les éditions Futabasha depuis 2015 au Japon, Sous le ciel de Tokyo (Tokyo monogatori) se situe dans la veine historique chère aux Japonais, féru de cette discipline. Après Dernière heure ou La fillette au drapeau blanc (Akata), ce manga s’intéresse de nouveau à la période de la seconde guerre mondiale, cette fois-ci sous l’angle d’un couple. Malgré les menaces du conflit, ils tentent de vivre au mieux. Le récit n’est d’ailleurs pas si anxiogène que cela, ne montrant en rien ni le sang ni les morts.

Sheiho Takizawa livre ainsi une histoire très prenante à la narration qui prend le temps de s’installer. Une belle réussite pour ce premier volume !

  • Sous le ciel de Tokyo, volume 1
  • Auteur : Seiho Tazikawa
  • Editeur : Delcourt/Tonkam
  • Parution : 15 novembre 2017
  • Prix : 7.99€
  • ISBN : 9782413000853

Résumé de l’éditeur : Fin 1943. Shirakawa, un pilote de chasse ayant combattu dans diverses régions du monde, rentre enfin à Tokyo. Il vient d’être muté au Centre d’essais aériens de l’armée impériale. Après une longue absence, Shirakawa essaie de reprendre sa vie de famille auprès de sa femme Mariko. Sous le ciel de Tokyo… raconte le quotidien ordinaire d’un couple à une époque où la vie et la mort se côtoient chaque jour.

Bichon, volume 3 : L’année des secrets

Voici la troisième aventure de Bichon, le petit garçon sensible et différent imaginé par David Gilson aux éditions Glénat.

Après deux premiers opus qui nous avaient séduit, l’auteur français récidive avec une merveilleuse histoire de Bichon. Depuis 2013, l’illustrateur passé par l’Ecole des Gobelins et le Studio Disney Animation France (sur Tarzan), anime ce petit garçon pas comme les autres.

Dans ce troisième volet, L’année des secrets, Sacha dit Bichon retrouve ses camarades de classe pour une nouvelle année scolaire avec l’ancien remplaçant devenu titulaire. Tout va bien à la maison – ses parents sont hyper compréhensifs, aimants et sa sœur est toujours aussi énergique – ce qui n’est pas le cas à l’école où Myriam ne peut plus jouer avec lui depuis que sa mère le lui a interdit. Peu importe, il lui reste Agnès, sa nouvelle amie, une vraie princesse…

Après un premier volume très remarqué (Prix Caisse d’Epargne du premier album au Festival de Moulins en 2014), David Gilson revient avec un troisième tome, lui aussi remarquable. Avec une infinie tendresse, de la compassion et beaucoup d’humour, l’auteur réussit la pari ambitieux de raconter le quotidien d’un petit garçon pas comme les autres : sensible, rêveur, qui aime se déguiser et qui est attiré par les autres petits garçons : Bichon, 6/7 ans est un amour et a un cœur énorme ! Mais ce troisième volume recèle de secrets, de surprises et de rebondissements (un cliffhanger de folie sur la dernière page !).

On aime Bichon pour la douceur du trait, l’optimisme de David Gilson, le bien être qu’il procure et l’ouverture d’esprit qu’il veut transmettre aux plus jeunes. Enjoy !

  • Bichon, tome 3 : L’année des secrets
  • Auteur : David Gilson
  • Editeur : Glénat, Tchô la collec’
  • Parution : 15 novembre 2017
  • Prix : 10.50€
  • ISBN : 9782344017302

Résumé de l’éditeur : Ils ont tous quelque chose à cacher. Sauf Bichon ! Bichon entre au CM1 et retrouve tous ses amis, mais Myriam est distante avec lui. Avec l’aide d’Agnès, Bichon fait tout pour découvrir la vérité et retrouver sa bonne copine. Pendant l’année scolaire, il se rend finalement compte que tout le monde dans son entourage dissimule un petit – ou un gros – secret. Bichon, qui vit pleinement ce qu’il est sans se soucier du regard des autres, ne comprend pas la raison de toutes ces cachotteries. Il découvrira que pour certains, se sentir différent n’est pas toujours simple à vivre et qu’assumer ce qu’on est demande parfois un petit coup de pouce… et beaucoup de « magie d’amour » !

Divinity III, le Stalinvers s’empare de Valiant

Notre avis : la suite de la saga Divinity nous plonge dans un crossover teinté de rouge communiste et d’amour pour la mère patrie, où tout espoir semble vain, un ouvrage des plus captivant !

On vous a déjà parler de Divinity, cette saga raconte l’histoire d’Abram Adams, abandonné dès le berceau sur le pas de la porte de ses futurs parents adoptifs. La malchance continue lorsque ses parents adoptifs décèdent. Il est ensuite recueilli par l’Etat qui le forma afin d’atteindre l’excellence. Pour eux, il est un symbole de supériorité soviétique, et c’est pour cela qu’il est choisi pour une mission spatiale des plus incroyables, une mission de trente ans aux confins de l’univers. Il est choisi car il est en excellente condition physique, est très intelligent et n’a aucune attache familiale. Mais ils ne sont pas aussi bien renseignés que cela, car en réalité, Abram Adams est amoureux d’Eva, et elle est enceinte. Malgré cela, Abram décide tout de même de remplir sa mission et de partir, en sachant que lorsqu’il reviendra, s’il revient, il aura manqué de nombreuses années de vie de famille…

Mais son voyage n’aura pas duré 30 ans… Il aura duré 54 ans en tout. Sa femme est morte depuis des années, et sa fille également, des suites d’un cancer. Il a tout perdu au nom d’une mère patrie qui n’existe plus. Malgré cela, Abram, qui a reçu de mystérieux pouvoirs dans le cosmos, n’est pas rancunier et au contraire s’emploie à faire le bien. Mais les Nations Unis ne le voient pas de cet oeil et envoie après lui de nombreux héros pour l’enfermer. Ils y parviennent non sans mal.

C’est donc là que se termine Divinity 1, avec un Abram Adams reclus dans une cellule sous différentes couches de terre, qui s’accroche à l’image de sa fille qui lui raconte sa vie après ses longues années d’absence.
Dans Divinity 2, c’est une autre affaire. C’est au tour de Myshka, une des deux autres coéquipiers d’Abram de revenir sur Terre. Mais contrairement à Abram, ses intentions ne sont pas aussi pacifiques et elle espère bien faire revivre l’Union Soviétique par tous les moyens possibles. Heureusement, Abram n’est pas rancunier…

Seulement tout ne se passe pas réellement comme prévu, et le tome 3 nous amène dans une ère où la Russie à triomphée sur le monde durant la seconde guerre mondiale et réussit à étendre son territoire à travers les années sur tous les continents. En 2016, la brigade rouge devient officiellement la force de sécurité mondiale. Et nos héros dans tout cela ? Plus personne ne se souvient de la véritable réalité, avant qu’elle ne soit corrompue par Myshka. Personne, à part un ou deux irréductibles qui vont tout faire pour ramener le monde à ce qu’il était réellement…

Entre un Bloodshot plus inquiétant que jamais, un Abram Adams aux abois et un Aric prêt à obéir à n’importe quels ordres, qui va bien pouvoir sauver le monde de ce chaos…

Matt Kindt, Trevor Hairsine, Ryan Winn et David Baron nous plonge dans cet univers parallèle tout cela édité par Bliss Comics !

  • Divinity III
  • Scénariste : Matt Kindt
  • Dessinateurs : Trevor Hairsine, Ryan Winn et David Baron
  • Editeur : Bliss Comics
  • Parution : 26 octobre 2017
  • Prix : 24.50€
  • ISBN : 9782375780381

Résumé de l’éditeur :
LE MONDE QUE VOUS CONNAISSIEZ A DISPARU.
BIENVENUE DANS LE STALINEVERS, CAMARADE.

Nous sommes en l’an 2017. L’Union Soviétique est la première puissance du monde et le Rideau de Fer entoure désormais une planète en proie à la guerre et à l’oppression. La liberté appartient au passé dans le Stalinevers… Mais Colin King, officier des services secrets russes et fidèle parmi les fidèles, n’arrive pas à se défaire du sentiment que quelque chose a mal tourné dans l’histoire. Il va mettre sa vie en péril afin de découvrir la vérité… que pourrait bien détenir le cosmonaute Abram Adams, depuis longtemps introuvable. L’homme qu’on appelait Divinity, dans un autre temps, un autre monde. Celui qui pourrait défaire le monde dystopique dans lequel l’humanité est plongée.

Never Go Home : la cavale de Duncan et Maddie

Notre avis : Never go home : La cavale de deux adolescents perdus mais enragés, mêlant thriller, super-pouvoirs et culture punk. L’histoire de Duncan et Maddie va vous surprendre.

Duncan est un adolescent un peu à l’écart dans son lycée. Il n’a pas vraiment d’amis, n’est remarqué par les autres que pour être victimiser, et chez lui rien ne se passe vraiment normalement. Maddie est une adolescente populaire, jolie et avec un bel avenir devant elle. Leur route se croise par hasard un jour, alors que le petit ami de Maddie, Ben (membre de l’équipe de foot du lycée) l’emmène en pick-up pour un moment intime. Duncan est justement à cet endroit, s’entraînant au tir avec l’arme de son père. C’est un exutoire pour lui. Duncan voit le pick-up se garer plus loin, et surprend Maddie et Ben, en pleins ébats. Ben sort alors de la voiture furieux pour pouvoir lui donner une leçon. C’est là que Maddie intervient, et que l’on s’aperçoit qu’elle n’est pas tout à fait « normale », elle possède des supers-pouvoirs.

C’est le point de départ de l’histoire. Duncan et Maddie vont alors se créer une amitié fortuite mais très fusionnelle. Puis, un drame va se produire par accident, obligeant les deux amis à s’enfuir. Comment vont-ils survivre ? Pourquoi ne peuvent-ils plus revenir à la maison ? Quels dangers vont-ils devoir affronter ? Et enfin jusqu’à quel point leur amitié est-elle solide ? Tout et plus encore se trouve dans Never Go Home.

Never Go Home est scénarisé par Matthew Rosenberg (4 Kids Walks Into a Bank) et Patrick Kindlon (12 Reasons to Die), et dessiné par Josh Hood (The Flash, Superman) et Brian Level (Harbinger, X-O Manowar) publié aux éditions Black Mask Studios aux USA et Glénat Comics en France !

  • Never Go Home, la cavale de Duncan et Maddie
  • Scénaristes : Matthew Rosenberg et Patrick Kindlon
  • Dessinateurs : Josh Hood et Brian Level
  • Editeur : Glénat Comics
  • Parution : 13 septembre 2017
  • Prix : 15,95€
  • ISBN : 9782344019559

Résumé de l’album : Le monde ne veut pas d’eux ? Qu’il se rassure, c est réciproque ! Quand on est ado, traverser les couloirs impitoyables du lycée n est jamais facile. Mais pour Duncan et Madison, ça l’est encore moins. Car ils partagent un secret : ils savent faire des choses exceptionnelles, inconcevables pour le commun des mortels. Alors qu’ils avaient réussi à garder leurs pouvoirs cachés aux yeux des autres, leur destin bascule lorsqu’ils provoquent un drame par accident… Maintenant, ils n’ont d’autre choix que de prendre la fuite. Partir, et ne jamais revenir.

Entre True Romance, Chronicle et Misfits, Never Go Home est une cavale adolescente mâtinée de surnaturel et de culture punk (vous noterez l hommage à Never Mind The Bollocks des Sex Pistols sur la couverture). Enragé, surprenant et référencé, ce petit bijou de graphic novel est un véritable phénomène de la scène indépendante aux US et la dernière découverte de Black Mask Studio, nouvel éditeur dénicheur de talents.

Re:Zero, acte deux du deuxieme arc

Notre avis : Le deuxième tome du deuxième arc de Re:Zero commence sur les chapeaux de roues, sur fond d’enquête et de rebondissements en chaîne !

Si toutefois vous n’avez pas lu les deux tomes du premier arc, ainsi que le premier du deuxième arc, sachez tout d’abord que Re:Zero nous présente un jeune lycéen fauché, Subaru Natsuki qui est invoqué dans un autre monde (et jusque là il trouve cela tout à fait normal) et se demande où est son invocateur. En se promenant dans ce monde inconnu, des voyous l’attaquent pour lui dérober ces objets de valeur. Subaru se laisse faire, jusqu’à ce qu’il se dise que dans ce monde, puisqu’il a été invoqué, il a forcément des pouvoirs. Il teste sa force sur un des voleurs, mais a priori, ce n’est pas son pouvoir. En réalité, son pouvoir est celui de la mort réversible. C’est-à-dire que chaque fois que Subaru meure, il revient à l’endroit précis où il a été invoqué, et il est le seul à se souvenir de tout et possède donc des cartes supplémentaires pour aider son invocateur.

Et Subaru rencontra ainsi Emilia, une belle jeune femme aux cheveux d’argent qui est en candidate favorite pour reprendre le trône de ce drôle de monde. Lors du second arc, après avoir aidé sa belle à récupérer un bien précieux, il se retrouve dans un manoir peuplé d’étranges habitants, mais retrouve sa douce Emilia. Cette première semaine se passe très bien, jusqu’à ce qu’il soit assassiné une nuit, et se retrouve alors 4 jours en arrière, lors de son réveil au manoir. Dans ce deuxième tome de Re:Zero, Subaru se met donc à enquêter, mais pour cela il devra mourir plusieurs fois pour comprendre ce qui se trame dans cet étrange manoir et les secrets qui envahissent les environs…

Vivez cette saga haletante d’un jeune homme déterminé à tout faire pour protéger sa belle, le tout publié chez Ototo. Cette histoire fut d’abord un roman de Tappei Nagatsuki, repris par Makoto Fugetsu et Shinichirou Otsuka.

  • Re:Zero tome 2 deuxième arc
  • Auteurs : Tappei Nagatsuki, Makoto Fugetsu et Shinichirou Otsuka
  • Éditeur : Ototo
  • Parution : 6 octobre 2017
  • Prix : 6.99€
  • ISBN : 9782377170630

Résumé de l’éditeur :
Subaru est victime d’une mort bien trop soudaine dans le manoir en apparence paisible. Afin de surmonter cet avenir, le jeune homme s’essaye à différents moyens de résolution. Malheureusement, tous ses préparatifs se retournent contre lui et le processus a beau changer, il se retrouve toujours plongé dans les méandres du désespoir qu’est la mort. Où me suis-je trompé ?  » Suite à une série de tâtonnements échange de sa vie, Subaru finit rechercher une lueur d’espoir auprès de Béatrice la gardienne de l’Etude interdite… En annexe, une histoire courte spécialement par Tappei Nagatsuki : « Réunion entre filles au manoir de Roswaal (Dans le bain) » !

Mon coeur pédale

Après L’oiseau de Colette, les éditions La Pastèque publient un nouvel album merveilleux, Mon coeur pédale de Simon Boulerice et Emilie Leduc.

Québec, 1988. Simon, 11 ans, est le fils unique d’un couple aimant. La vie est paisible dans leur foyer. Sa mère travaille chez un concessionnaire voitures tandis que son père est ouvrier dans une usine de plastique. Depuis quelques temps, Chantal la sœur de sa mère et elle ne s’entendent plus. Pourtant « matante Chantal » comme il l’appelle, il l’adore, elle est jeune et fun. Il faut dire qu’elle a acheté une voiture d’une autre marque que celle où travaille sa mère, voilà pour l’affront.

Le couple décide de partir en voyage à Paris et Simon ne peut pas rester seul pendant un mois. Il est décidé que matante Chantal viendra le garder à la maison. Le petit garçon est en joie… Ils vont se confier, regarder des films et chanter Touch me de Samantha Fox à tue-tête.

Matante Chantal
Ma beauté fatale
Quand je te vois
Mon cœur pédale

Le récit tout en délicatesse de Simon Boulecrice est savoureux, tout en douceur. Il sublime les années 80, mais aussi les relations enfants-adultes. Il faut dire que Simon est fils unique, très protégé et sensible. Le lecteur découvre ainsi le passage dans l’adolescence. Avec Mon coeur pédale, le scénariste parle des premiers émois amoureux. Grâce à Matante Chantal, le petit garçon s’affirme et gagne en confiance.

Pourtant cette attirance – qui n’est pas nommée – sera rompue par l’arrivée d’un grand gaillard, ressemblant comme deux gouttes d’eau au personnage de David Hasseloff dans Alerte à Malibu.

Malgré les tournures de phrases très québécoises, le lecteur français n’est pas perdu dans les dialogues; mieux il est attiré par cette langue si imagée.

L’album très positif malgré des thématiques plutôt lourdes (la recherche de son identité) est mis en image par Emilie Leduc d’une fort belle manière. Son dessin est aérien presque évanescent par un trait frotté et des couleurs pastel bien senties.

Mon coeur pédale : une petite pépite comme on aimerait en lire plus sur l’enfance et l’adolescence !

  • Mon coeur pédale
  • Scénariste : Simon Boulerice
  • Dessinatrice : Emilie Leduc
  • Editeur : La Pastèque
  • Parution : 27 avril 2017
  • Prix : 21€
  • ISBN : 978-2897770136

Résumé de l’éditeur : Aujourd’hui, je capote. C’est la première fois que la voiture sport turquoise de matante Chantal vient effleurer l’asphalte de ma cour. Matante sort de son char mode dans son aura flamboyante de peroxyde et de spray-net. Elle fait claquer la porte avec un fracas de star et vient sonner à notre porte avec son Cutex pastel…

Mazzeru

Jules Stromboni dévoile Mazzeru, une superbe histoire d’amour au dessin magnifique, éditée par Casterman !

Corse, au début du 20e siècle. Césario est un jeune garçon qui vit dans la ferme familiale. Sa vie est rythmée par la garde de son troupeau de moutons dans les hauts pâturages corses. Son père est très dur avec lui, le corrigeant fortement s’il commet des fautes, tandis que sa mère – femme au foyer – est aimante.

Lorsque les fromages fabriqués par sa mère sont prêts, il descend au village avec son âne pour les vendre. En revenant du marché, il observe – tapi dans l’ombre – Chilina, une superbe adolescente dont il tombe éperdument amoureux au premier regard…

Entre réalité et songes, entre vie à la ferme et fantastique, Mazzeru hypnotise le lecteur par une partie graphique de haut vol ! Jules Stromboni réalise des planches en noir et blanc (parfois agrémentées de couleurs dans les rêves de Césario) d’une immense force graphique. Comme montré dans la vidéo France Inter ci-contre, il gratte le papier avec un clou, éponge l’encre et l’estompe ensuite : un sublime effet pour un rendu magnifique ! Cela permet au jeune dessinateur de pouvoir jouer avec les ombres et les lumières, ainsi qu’avec la matière.

En Corse, le Mazzeru est un don divin très apprécié. Il permet à son possédant de rêver aux personnes de son entourage qui vont mourir. Césario le possède et plonge ainsi dans les affres de la mort, ce qui le bouleverse au plus haut point.

Jules Stromboni dévoile un récit aux accents fantastiques mais avant tout une sublime romance entre deux adolescents qui se transformera en drame au fil des pages. Pour frapper encore plus son lectorat, il imagine une légende à l’ancienne (dans les pas des romans de Jean Giono) avec très peu de textes, laissant la part belle aux images. Il construit les chapitres de Mazzeru toujours de la même manière : une ouverture sur une plante corse, puis le récit et une fin avec un rêve de Césario.

Mazzeru : un récit âpre entre l’amour et la mort, la force et la faiblesse, la rudesse de la Corse et la beauté de ses paysages. Une bande dessinée majuscule !

  • Mazzeru
  • Auteur : Jules Stromboni
  • Editeur : Casterman
  • Parution : 29 mars 2017
  • Prix : 29€
  • ISBN : 9782203084414

Résumé de l’éditeur : En Corse, on nomme MAZZERU l’homme ou la femme qui part chasser dans son sommeil, l’arme à la main. De ses songes, il rapporte une prédiction. Dans la gueule de la bête q’uil a tuée ou blessée, la mazzera ou le mazzeru reconnaît une personne de son entourage qui subira le même sort dans l’année. Victimes de leur don, les mazzeri annoncent malgré eux un événement funeste contre lequel il est déconseillé d’agir…

Opération Copperhead

Les deux grands acteurs britanniques David Niven et Peter Ustinov se sont retrouvés au cœur d’un étonnant projet : un film de propagande lors de la Seconde Guerre Mondiale. Jean Harambat raconte leurs souvenirs de tournage dans Opération Copperhead, un album où tout n’est pas entièrement vrai, mais tout n’est pas entièrement faux. Réjouissant !

1977, Le Caire, sur le tournage du film Mort sur le Nil, adaptation du roman d’Agatha Christie. David Niven et Peter Ustinov se retrouvent pour quelques scènes en commun. Entre les prises, ils se souviennent d’un étonnant projet : Copperhead, un long métrage de propagande commandé par le gouvernement de Churchill. Sous le patronage du Chef de la désinformation, en 1943 à Londres, ils débutent leurs répétitions. Un scénario du jeune Ustinov et le personnage principal Niven. Reste à trouver un sosie de Montgomery, général des forces alliés. En effet, en choisissant ce haut militaire cela donne plus de poids à leur film. Or il ne peut se rendre disponible pour cela – on le comprend ! – il lui faut donc une doublure. Ce sera Clifton James, un obscur acteur…

Après le sublime Ulysse les chants du retour, Jean Harambat est de retour avec Opération Copperhead et le lecteur sent qu’il s’est beaucoup amusé avec cet album. Folie douce, situations cocasses et loufoques, on ne sait pas vraiment démêler le vrai du faux. En jouant avec les autobiographies de David Niven (Décrocher la lune), de Peter Ustinov (Cher moi) et de Clifton James (I was Monty’s double) – l’on retrouve leurs textes parsemés çà et là dans le récit – l’auteur met en scène un récit réjouissant. Le duo Niven/Ustinov fonctionne à merveille, tel Blake & Mortimer (très so british), la loufoquerie en plus (un peu dans les pas de Philip et Francis de Veys et Barral). De plus, les scènes avec James – cornaqué pour ressembler à Monty – sont aussi très drôles.

Cette petite histoire qui raconte la grande Histoire plaît de suite par les personnages décalés, parfois naïfs, parfois maladroits mais très attachants. Le lecteur croise aussi Churchill et ses phrases de génie ou le vrai Montgomery. L’ambiance pesante de la période (Londres est bombardée) semble pourtant douce dans l’album par un humour joyeux. La guerre est donc présente mais aussi l’industrie du cinéma qui se range du côté des gouvernants (cf Leni Riefensthal en Allemagne, Donald aux USA) prêt à tout pour aider à l’effort de guerre par une propagande grossière. En effet, il fallait détourner le regards des Nazis vers l’Afrique du Nord alors que le Débarquement en Normandie allait se dérouler (faire croire que Montgomery y était encore).

Jean Harambat fascine aussi son lectorat par une partie graphique d’une redoutable efficacité. L’auteur de Les invisibles (Futuropolis) réalise de très belles planches grâce à un dessin d’un simple trait à la plume ligne-claire, dans la lignée de Ronald Searle qu’il apprécie.

Opération Copperhead : Une belle histoire de cinéma, de théâtre et d’espionnage. Intelligent, drôle et réjouissant !

  • Opération Copperhead
  • Auteur : Jean Harambat
  • Editeur : Dargaud
  • Parution : 29 septembre 2017
  • Prix : 19.99€
  • ISBN : 9782205074840

Résumé de l’éditeur : Londres, fin 1943. Les comédiens David Niven et Peter Ustinov – alors militaires – participent à l’opération de diversion Copperhead, destinée à tromper les services du contre-espionnage allemand. Il s’agit, selon une idée de Winston Churchill, de recruter et de former un sosie (Meyrick Edward Clifton James) pour jouer le rôle du maréchal Montgomery – le général des forces alliées, alors surveillé par les nazis – et ainsi induire en erreur l’ennemi quant au lieu réel du Débarquement. Dans le même temps, alors que la capitale anglaise subit le Blitz, la vie se déploie dans les cabarets où officie une vénéneuse – et néanmoins charmante – espionne, Vera.

L’incroyable histoire des objets de tous les jours

Les objets de notre quotidien ont tous une histoire, sont issus de cerveaux en ébullition ou d’idées inopinées. Andy Warner raconte la naissance de plus d’une quarantaine d’entre eux dans L’incroyable histoire des objets de tous les jours.

Très documenté, les mini-récits de Andy Warner courent chacun sur quatre pages, contant l’histoire des inventions les plus utiles dans notre vie.

Pour cela, l’auteur américain a divisé son album en neuf chapitres composés de 4 à 6 objets. Ainsi, dans La salle de bain, le lecteur découvre que la brosse à dents fut inventée par William Addis alors emprisonné qui perça des trous dans un os avant d’y glisser des poil d’animal ; que le rasoir fut un long cheminement dans l’esprit de Gillette.

Dans La penderie, le velcro fut le fruit d’une observation de bardannes (fleurs) qui s’accrochèrent dans le pelage d’un chien ou que M. Hunt inventa l’épingle à nourrice alors qu’il était stressé.

Que le Monopoly fut détourné de son idée première (un jeu contre les banques et le capitalisme) et que le yo-yo fut importé des Philippines vers la Californie.

Dans La cuisine, le micro-ondes résulta d’une barre chocolatée fondue dans la poche d’un pantalon et que le couple Gilbreth – inventeur de la poubelle à pédale – testait ses inventions sur leurs enfants… Et ainsi de suite.

A l’image de Culottées (deux volumes de Pénélope Bagieu), Andy Warner a réalisé un livre passionnant et très drôle. Ses anecdotes sur les inventeurs et les processus de création sont amusantes. D’ailleurs souvent, les créateurs furent destitués de leur inventions et d’autres gagnèrent beaucoup d’argent à leur place. Construits toujours de manière identique, les histoires sont efficaces, très pédagogiques sans être rébarbatives, donc très accessibles.

  • L’incroyable histoire des objets de tous les jours
  • Auteur : Andy Warner
  • Editeur : La Librairie Vuibert
  • Parution : 16 octobre 2017
  • Prix : 14.90€
  • ISBN : 978-2311102239

Résumé de l’éditeur : Ils font partie de notre quotidien, nous rendent bien des services, mais nous ne savons rien d’eux. Pour réparer cette injustice, Andy Warner leur donne vie dans cette bande dessinée dont ils sont les héros.
Comment sont nés la brosse à dents, l’aspirateur, le stylo bille ? Qui a créé les chips, les feux de circulation ou encore les glaçons ? D’où viennent les toilettes, le cure dents ou bien le cerf-volant ? Quelle est l’histoire des barbelés et du shampoing ? Des récits hilarants qui racontent la grande Histoire de l’humanité.

En scène, coffret volumes 1, 2 et 3

Kanade rêve d’entrer dans une école de danse après avoir vu Lisa se produire sur scène. Son histoire est contée dans En scène, la série manga de Cuvie.

Prépublié dans la revue Champion Red des éditions Akita au Japon depuis 2014, En scène fut édité une première fois en 2016 par Kurokawa. Pour les fêtes de fin d’année, elles publient de nouveau les trois premiers volumes de la série en coffret (un de One punch man est aussi disponible).

Ce récit n’est pourtant pas qu’un simple shôjo, une romance à l’eau de rose, il va bien au-delà. Cuvie met en scène, Kanade, petite fille de 6/7 ans qui – éblouit par la prestation de Lisa – veut absolument devenir danseuse et se produire aux côtés de son idole.

Etonnés, ses parents lui expliquent qu’elle devra beaucoup travailler et que son corps souffrira. Son entrée dans la compagnie Nobuko Takimoto coïncide avec le concours de Lisa pour un grand ballet.

Souffrances corporelles et psychologiques, discipline de fer, rivalités et entraide jalonnent ce premier volume. De plus, alors qu’il n’est jamais très simple de restituer le mouvement de la danse dans des planches, la mangaka réussit ce tour de force assez aisément.

En scène : un manga familial dans l’univers de la danse à conseiller aux amateurs de cette discipline sportive, aux pratiquants et aux amoureux de shôjo avec un vrai fond dans la narration.

  • En scène, coffret volumes 1, 2 et 3
  • Autrice : Cuvie
  • Editeur : Kurokawa
  • Parution : 12 octobre 2017
  • Prix : 22.95€
  • ISBN : 9782368525470

Résumé de l’éditeur : La vie de Kanade bascule le jour où elle assiste au spectacle de danse de sa voisine. Fascinée par la grâce de la jeune fille, Kanade n’a plus qu’un rêve en tête : devenir ballerine ! Mais la danse est une école difficile, surtout si l’on n’a pas de prédispositions particulières. Cependant, malgré les obstacles et les déceptions, Kanade s’accroche. Et elle découvre vite que même les plus douées sont confrontées à l’échec…

Imbattable, tome 1

Jouer avec les cases, avec la configuration de la planche et la narration, tel est le cœur de Imbattable, un album Jeunesse de Pascal Jousselin.

Super-héros du quotidien, Imbattable s’occupe des causes désespérées même les plus anodines. Comme ses illustres prédécesseurs, il porte une cape, un masque mais aussi un costume barré d’un énorme I sur le torse. Il est capable de tout grâce à un don de l’anticipation de tous les instants. Il répare les méfaits avant que les malfrats les aient tentés…

Prépubliées dans le Journal Spirou, les histoires d’Imbattables se veulent inventives. L’auteur qui appartient au célèbre Atelier Mostodonte case, déstructure et joue avec ses vignettes à l’intérieur même de ses planches. Difficile de résumer, il vaut mieux regarder les pages pour se faire une idée et comprendre.

Pascal Jousselin s’amuse avec intelligence des codes de la bande dessinée, ouvrant des portes de lectures multiples. Se voulant très drôles, mes gags en une planche n’atteignent que rarement leur but. Loin des albums de Fred (Philémon), de ceux de l’OUPABO, de Marc-Antoine Mathieu ou même du merveilleux La casa de Victor Hussenot, Pascal Jousselin n’est pas allé assez loin pour nous convaincre complètement. Reste son dessin efficace, l’idée de départ novatrice et l’intelligence des jeux avec la narration.

  • Imbattable, tome 1 : Justice et légumes frais
  • Auteur : Pascal Jousselin
  • Editeur : Dupuis
  • Parution : 07 avril 2017
  • Prix : 10.95€
  • ISBN : 9782800170640

Résumé de l’éditeur : Tremblez, malfrats, voici Imbattable ! Ce nouveau protagoniste porte secours à la veuve et à l’orphelin comme tout héros qui se respecte, mais il sauve aussi les chiens, les chats des grands-mères, les terrains de pétanque, le fils du maire, et la ville tout entière. Masqué, comme tout justicier, capé, comme tout justicier, il mène la vie dure aux savants fous et aux mauvais plaisantins, sans jamais oublier de ramener le pain. Non seulement Imbattable est imbattable, mais son super-pouvoir fait de lui le seul véritable super-héros de bande dessinée ! De la structure quadrillée des planches de BD, Pascal Jousselin a fait un champ d’exploration narrative, un espace ludique où déplacer ses personnages en toute liberté. Son super-héros bondit d’une case à l’autre et joue des décalages et des transferts, Imbattable est non seulement un véritable hommage à la BD classique franco-belge, mais aussi une formidable expérience de lecture, dynamique et inventive.

Watch Dogs : seconde chance

Notre avis : Le second tome de Watch Dogs nous propose une suite des aventures de Sauda, prise dans la tourmente du ctOS, des manigances de politiques et autres guerres de gangs haletante et pleine de surprises.

Watch Dogs est une bande dessinée basée sur le jeu vidéo d’Ubisoft. Dans ces jeux, vous incarnez un hacker qui doit déjouer les plans de Blume (une société) et de leur système de surveillance généralisée, le ctOS. Grâce au ctOS, tout est contrôlable. Aussi bien les feux de signalisations que vos données privées. Aidé par un groupe de hackers baptisé DedSec, vous faites partie des résistants. Vous devez combattre ce système qui, en faisant croire qu’il protège la vie privée des autres, viole les libertés des gens qui leur font confiance.

Dans la bande dessinée, on retrouve Sauda dans les favelas du Brésil (voir la chronique sur le tome 1). Elle sort tout juste de 4 ans de prison, pour un crime qu’elle n’a pas commis. Enfin sortir est un bien grand mot, puisqu’en vérité c’est son frère, Sebastião, qui l’a fait évader. Cependant il n’agit pas seul, car le groupe DedSec l’aide dans la préparation de son évasion, car ils ont besoin que Sauda reprenne son combat contre le ctOS, surtout depuis que le fameux système, censé protéger les gens, sert plus à favoriser la corruption et les trafics. Sauda va donc pouvoir reprendre son combat, au péril de sa vie.

Watch Dogs est dessinée par Horne Perreard (Le Quatrième mur), en compagnie de Simon Kansara (Morgane) au scénario, et publié par les éditions les Deux Royaumes.

  • Watch Dogs: Seconde Chance
  • Dessinateur : Horne
  • Scénariste : Simon Kansara
  • Editeur : Les Deux Royaumes
  • Parution : le 6 octobre 2017
  • Prix : 13.50€
  • ISBN : 9782918771586

Résumé de l’éditeur :
Découvrez la fin du combat de Sauda, jeune hackeuse issue des favelas de Rio, contre ctOS, un système de surveillance généralisée favorisant la corruption et les trafics. Intrigues politiques et trame policière sur fond d’infiltration et de guerre des gangs composent la toile de fond de ce diptyque haletant dans l’univers du jeu vidéo Watch_Dogs !