Dieter est mort

Dieter est mort est un très joli album signé Frederico Chemello, Maurizio Furini et Agnese Innocente aux éditions Shockdom.

2022 le phénomène Timed éclate. Des gens ordinaires se voient dotés de pouvoir extraordinaires. On les appelle les Mines. Mais ces pouvoirs peuvent aussi être une malédiction. Dieter, un jeune écolier, est mort après une chute du haut d’un bâtiment. Mais personne n’y prête attention ou presque. Même s’ils n’étaient pas amis, Niklas souhaite découvrir pourquoi et comment il est mort. Dieter était soupçonné d’être une Mine est-ce la vérité ?

L’univers Timed est bien pensé, les « Mines » sont des « étrangers ». Les gens en ont peur. Loin d’être des Iron-Man, ils doivent se cacher ou cacher leurs pouvoirs. Le thème de la différence est ainsi abordé. À travers ce prisme, cela permet de faire réfléchir sans pour autant avoir une approche frontale. On ne s’ennuie pas une seconde avec cette lecture qui m’a donné envie de découvrir les autres titres de cette collection et notamment « Tirésia ».

Dieter est mort : Une lecture rythmée avec une approche intelligente. J’ai hâte d’en apprendre plus sur ces « Mines ». Pour les adolescents et les adultes. Une très belle découverte.

  • Dieter est mort
  • Scénariste : Federico Chemello
  • Dessinateurs :  Maurizio Furini et Agnese Innocente
  • Éditeur : Shockdom
  • Prix : 15 €
  • Parution : 16 juillet 2021
  • ISBN : 9788893363402

Résumé de l’éditeur : Le suicide de Dieter, un écolier berlinois intelligent et brillant, semble susciter l’indifférence totale de la part de tous ses camarades. Sauf pour Niklas, un jeune homme de dix-huit ans, un TIMED doté d’une particulière habileté, qui veut découvrir à tout prix la vérité qui se cache derrière cette terrible tragédie.

Kill Annie Wong

Kill Annie Wong est un superbe thriller de Swann Meralli, Gaël Henry et Paul Bona, édité par Sarbacane.

Enzo, 24 ans, est un tueur à gages confirmé. Il aime Jean Reno (son modèle dans le film Léon), Le grand bleu (le film mais surtout la mer) et la chanson que sa maman lui chantait quand il était petit.

Même s’il ne sait pas qui interprète cette merveilleuse mélodie, c’est cette musique qu’il écoute inlassablement lorsqu’il élimine ses victimes. Alors, quand un jour, il s’aperçoit que sa mission est de liquider la cantatrice qui chante cette chanson, il doit choisir… L’exécuter ou la sauver à ses risques et périls…

La dernière fois que j’ai quitté une lecture de Swenn Meralli, c’était Une rencontre. Là, on change du tout au tout pour se retrouver dans un thriller, qui m’a fait penser au 7e art. Léon (mais en même temps comment ne pas y penser), Roméo + Juliette et même une pointe de Tarantino (ceux qui me connaissent savent que c’est très rare que j’y fasse référence tellement ce réalisateur est incomparable). L’ensemble se passe dans une immense métropole coréenne où la pègre, les magouilles politiques et la violence font rage. Le scénario est sur le fond assez simple mais sa simplicité fait aussi son efficacité. De l’action, de l’amour et de l’humour tout y est et c’est véritablement bien dosé. Côté dessin acidulé, je trouve qu’il colle parfaitement au contexte et à l’histoire, il lui donne encore plus de pep’s.

Vous aimez les thrillers, où le héros est attachant et loin du stéréotype à la James Bond ? Et bien moi oui et je vous avoue que j’ai pris un énorme plaisir en lisant Kill Annie Wong. Pourtant, je ne m’y attendais pas forcément en lisant ce véritable page-turner. Un gros kiff.

  • Kill Annie Wong
  • Scénariste : Swann Meralli
  • Dessinateur : Gaël Henry
  • Éditeur : Sarbacane
  • Prix : 24,90 €
  • Parution : 25 août 2021
  • ISBN : 9782377316991

Résumé de l’éditeur : À Chogsu Siti, mégapole coréenne tentaculaire, au bord de l’implosion, où politique rime avec crime organisé, vit Enzo, 24 ans, muet et tueur à gages ultra performant. Enzo a deux passions dans la vie : Le grand bleu, et la voix d’une mystérieuse chanteuse dont il se repasse le morceau en boucle quand il massacre des anonymes pour le compte de ses clients. Sa dernière mission qui lui vient tout droit du chef de la police: s’en prendre à ce salaud de Mon-Sik, gangster qui veut détrôner la puissante maire aux élections, en attaquant sa petite copine. Mais voilà, alors qu’Enzo s’apprête à passer à l’action, il s’aperçoit que sa cible est en fait la cantatrice qui se cache derrière la voix qu’il aime tant. Pour Enzo, c’est le dilemme : tuer ou sauver Annie Wong ?

Les lions endormis

Les lions endormis est une superbe histoire intimiste et délicate de Sylvie Gaillard et Fanny Montgermont, éditée par Grand Angle.

Joana se réveille, un sms, elle est en retard, une ligne de cocaïne pour se réveiller. Elle dit au mec qui est dans son lit, qu’elle n’a pas l’intention de le revoir. Et c’est parti… Elle rejoint sa mère… Maigre, elle a l’air fatigué, mais elle essaie de faire bonne figure.

Sa vie est ainsi, on a l’impression, qu’elle ne va au bout de rien, qu’elle gâche tout. Toutes ses relations amoureuses se terminent mal. Elle annule ses cours de chant et ses répèt’ avec son groupe. Bref, tout part en vrille ! Elle le sait, mais elle n’arrive pas à sortir la tête de l’eau. Heureusement elle a des amis fidèles pour l’aider… Le chemin est long, dur, avec des rechutes, des pièges mais il faut garder le cap et se battre pour en sortir, pour s’en sortir…

Ce récit de Les lions endormis est celui d’une addiction mais pas seulement. C’est aussi le récit d’une femme qui est perdue, qui manque de repères, d’ancrage et peut-être même de présence. Elle cherche sa place, une légitimité dans sa vie. Magnifiquement servi par le travail graphique de Fanny Montgermont, le scénario de Sylvie Gaillard est efficace et très bien construit. Il est centré sur une partie de la vie de Joana qui raconte son histoire.

J’allais oublier. Enfin non, j’avoue je ne voulais pas que ce soit le propos principal de mon retour, Joana Balavoine est la fille de Daniel Balavoine, qu’elle n’a pas connu, car il est mort juste avant sa naissance.

Un histoire dure, sensible, humaine, d’une femme qui a osé raconter sa déchéance et sans filtre. C’est ce qui fait la très grande force de cette lecture. Je vous la conseille vivement. Découvrez-la, elle vous fera bien réfléchir !

  • Les lions endormis
  • Scénariste : Sylvie Gaillard
  • Dessinatrice : Fanny Montgermont
  • Éditeur : Grand Angle
  • Prix : 18,90 €
  • Parution : 01 septembre 2021
  • ISBN : 9782818976975

Résumé de l’éditeur : « La drogue s’attaque à tout le monde, sans distinction. Nous sommes tous ses proies potentielles. » Joana n’a jamais connu son père, Daniel Balavoine, décédé avant sa naissance. Les deux âmes n’ont fait que se croiser. Alors, Joana se cherche une identité et une légitimité. Tiraillée par une culpabilité inconsciente, elle trouve refuge dans la drogue qui lui donne l’illusion que tout va bien. La dégradation de son état physique est un électrochoc. Elle doit combattre cette emprise qui la dévore et lui dérobe une partie d’elle-même. Cependant la tâche s’avère plus compliquée que prévu, car la drogue est pugnace. On ne la quitte pas en un claquement de doigts.

Mes mauvaises filles

Mes mauvaises filles est une véritable lecture émouvante autour de l’euthanasie signée Zelba, aux éditions Futuropolis.

Bri est la mère de Ylva et Liv. Les deux sœurs sont très différentes et ce depuis toutes petites. Différentes mais soudées. Et il va falloir l’être soudées, car elles vont devoir faire ce que personne n’a envie de faire : accepter de laisser partir leur mère. Être là, choisir le jour et l’heure de la mort de Bri comme elle le souhaitait.

Comment aborder la mort d’un proche, la fin de vie, la mort assistée, le respect du choix du mourant et la place de la famille dans ces moments-là ? Et pour autant ne pas faire un livre trop lourd, trop pesant, voire trop fort pour être lu dans sa totalité ? Si vous voulez une réponse il vous suffit tout simplement de lire cette bande dessinée de Zelba  qui raconte l’histoire de sa famille. L’autrice de Dans le même bateau a réussi à nous parler d’euthanasie tout en arrivant à y insérer des touches humour et de légèreté. Bri est là, présente, même après sa mort, à travers une voix off. C’est véritablement bien pensé pour mieux découvrir les personnalités de chaque personnage et l’histoire de cette famille.

Oui le thème est dur, fort, sensible et toujours pas vraiment réglé légalement en France. Oui forcement Mes mauvaises filles brasse, mais vous n’en sortirez pas sans avoir souri. Cet équilibre parfait donne une magnifique lecture qui saura je l’espère vous émouvoir.

  • Mes mauvaises filles
  • Autrices : Zelba
  • Éditeur : Futuropolis
  • Prix : 21 €
  • Parution : 08 septembre 2021
  • ISBN : 9782754830539

Résumé de l’éditeur : En 2006, deux soeurs aident leur mère à mourir. A sa demande, elles donnent la mort à celle qui leur a donné la vie. Après Dans le même Bâteau, Zelba signe un roman graphique bouleversant et lumineux sur cet acte vertigineux. Elle évoque le moment, à la fois intime et universel, de la perte d’un être cher. Il aura fallu 13 ans à Zelba pour raconter cette histoire, croiser ses souvenirs avec ceux de sa soeur, changer certains noms et romancer en partie. Elle aborde de front l’euthanasie, ou la mort assistée, sujet qui suscite des débats contradictoires en Europe. Forte de son expérience, elle milite pour que chaque personne puisse choisir, le moment venu, de mourir comme elle l’entend. A quel moment les soins palliatifs se transforment en acharnement thérapeutique ? Combien de temps peut-on décemment prolonger l’agonie ? Peut-on décider de mourir ? L’euthanasie, ou la mort assistée, est une question délicate à laquelle les pays d’Europe répondent de manière très différente. C’est en tout cas un sujet sensible qui parle à tout le monde. Le jour de la mort de Vincent Lambert, le 11 juillet 2019, Zelba décide de raconter les derniers instants de la vie de sa mère et dans quelles circonstances sa soeur et elle ont accepté de l’assister à mourir. Cette histoire, Zelba la porte en elle depuis 13 ans et avait tenté plusieurs fois de la raconter avant de renoncer. Ce jour-là, elle comprend qu’il est temps de témoigner et partager cette expérience douloureuse et universelle.

L’agence des invisibles

Les éditions Philéas dévoilent la première enquête de L’agence des invisibles, intitulée : Friedrich Müller, Marc Levy, Sylvain Runberg et Espé.

Angleterre novembre 1941, onze avions allemands participent à des opérations de bombardements sur Plymouth. Sept avions sont rentrés, trois ont été abattus mais qu’est-il arrivé au onzième Heinkel 111 ?

New-York, 2022, l’Agence des invisibles est une équipe qui a pour vocation de donner des réponses aux familles de disparus pendant les différentes guerres. Peu importe le camp ou l’origine. La fille de Friedrich Müller, le pilote de l’avion porté disparu, veut connaître la vérité sur la disparition de son père et trouver des réponses à ses questions. Les premiers indices vont mener les membres de l’agence à Knighton, un petit village prospère… Quels lourds secrets vont-ils déterrer ?

Pour son premier scénario original de bande dessinée, Marc Lévy fait équipe avec Sylvain Runberg (On est chez nous), un des auteurs, scénaristes les plus prolifiques. À eux deux, ils maîtrisent toutes les ficelles pour que le lecteur soit embarqué dans un récit et c’est terriblement efficace. On y retrouve une intrigue à tiroirs rondement menée et quelque chose me dit qu’on n’est pas au bout de nos surprises.

J’ai eu l’impression de me trouver dans une très bonne série américaine, où chaque épisode devrait révéler des informations sur les personnages principaux, avec des zones d’ombre et de trouble. Le dessin d’Espé (Le perroquet, Le col de Py) colle au format et à l’impression qu’ont voulu donner les deux scénaristes.

Ce premier tome de L’agence des invisibles, véritablement efficace, donne envie d’avoir entre les mains, les prochaines enquêtes et ainsi d’en savoir plus sur cette agence et ses membres. Notre plaisir va être mis à rude épreuve, 10 à 12 tomes sont prévus sur 10 ans.

  • L’agence des invisibles, tome 1 : Friedrich Müller
  • Scénaristes : Marc Lévy et Sylvain Runberg
  • Dessinateur : Espé
  • Editeur : Phileas
  • Prix : 15,90 €
  • Parution : 16 septembre 2021
  • ISBN : 9782491467203

Résumé de l’éditeur : L’Agence des Invisibles, menée par Norman Cooper et son ami Kuma Takara, retrouve la trace de personnes disparues au cours des grands conflits, depuis la Seconde Guerre mondiale jusqu’à nos jours, et reconstitue le déroulement des derniers jours de leur vie ainsi que les circonstances de leur disparition. Comment ne pas vouloir découvrir l’histoire d’un parent proche, quelle famille peut prétendre ne pas connaitre de zones d’ombre, ne pas avoir de secrets ou d’arrangements avec la vérité ? Qui peut être certain de connaitre vraiment l’histoire des siens ? Julia Müller débarque à New York pour savoir ce qui est arrivé à son père, Friedrich Müller, navigateur dans la Luftwaffe disparu avec son bombardier en 1941. L’Agence des Invisibles est réputée comme la meilleure quand il s’agit de retrouver des personnes disparues.

L’insurgée de Varsovie

L’insurgée de Varsovie de Jean-Pierre Pécau, Dragan Paunovic et Bertrand Denoulet conte le destin hors norme de Maria Sabina Devrim, résistante de la Seconde guerre mondiale, aux éditions Delcourt.

Septembre 1944, alors que la Seconde guerre Mondiale fait rage, Varsovie est détruite par le troupes allemandes. Malgré le chaos et une ville qui ressemble plus à un champ de ruines, des résistants essaient, tant bien que mal, de tenir tête aux Allemands en attendant le soutien russe qui ne viendra jamais. Maria Sabina Devrim, 21 ans s’est engagée de toutes ses forces dans l’insurrection. Jamais elle n’a baissé les bras, jusqu’à la dernière minute.

En partenariat avec Guerres & Histoire, Delcourt nous fait découvrir des destins d’hommes et de femmes pendant différentes guerres. Cette bande dessinée s’appuie sur l’article et l’interview de Maria Sabina Devrim qui sont parus en 2014. Tout au long de l’album, on suit l’histoire de cette jeune femme qui n’a eu de cesse de se battre contre l’envahisseur. La Lecture est rythmée, intense, forte avec une très bonne mise en image.

J’affectionne les petites histoires dans la grande Histoire. Le destin de Maria Sabina Devrim est très dur comme celui de celles et ceux qui se sont toujours battus pour la liberté sans jamais baisser les bras.

À noter, un très intéressant dossier rédigé par Masha Otkhmezuri se trouve en fin de L’insurgée de Varsovie.

  • L’insurgée de Varsovie
  • Scénariste : Jean-Pierre Pécau
  • Dessinateur : Dragon Paunovic
  • Editeur : Delcourt
  • Prix : 15,50 €
  • Parution : 25 août 2021
  • ISBN : 9782413038344

Résumé de l’éditeur : 1944, alors que l’Armée rouge approche de Varsovie, la résistance polonaise déclenche l’insurrection. Les Allemands réagissent avec férocité. Durant trois mois, les résistants vont se battre contre les SS. À 21 ans, Maria Sabina Devrim fait partie de la résistance, elle se bat jusqu’au bout et échappe à la mort. Plus tard, expatriée en France, elle racontera son histoire…

Oscuro en Rosa

Oscuro en Rosa de Tony Sandoval, c’est plus qu’un album, c’est une histoire coquine pour un public averti chez Glénat.

Après une journée venteuse, Gloria ne résiste pas à l’appel de la rivière. Ce bain la remplit de plaisir. Le plaisir pris avec un songe, un homme albinos aux cheveux blancs … Cette union change, son corps. Elle a maintenant en elle une excroissance qui surgit ou se rétracte… Ce changement engendre de nouveaux désirs et de nouveaux plaisirs qu’elle n’hésite pas à explorer.

Vous l’aurez compris ce n’est ni Nocturno, ni Les échos Invisibles, mais une lecture pour adultes dont je vous parle. Mais Tony Sandoval a toujours ce don pour nous conter des histoires. Il y a toujours un aspect fantastique et il glisse dans ses récits de nombreuses métaphores. Bien entendu il y a du plaisir, du désir (on est dans la collection Porn’Pop) mais il nous parle aussi de changements à travers cette jeune femme qui se découvre autrement. Et comme toujours avec cet auteur, il faut se laisser porter, transporter même.

Oscuro en rosa n’est pas à mettre entre toutes les mains mais pour celles qui sont en âge de la lire. Surtout n’hésitez pas à vous laisser envahir par cet album et par l’univers de Sandoval. Ayez confiance en lui et le plaisir sera au bout de cette lecture.

  • Oscuro en rosa
  • Auteur : Tony Sandoval
  • Éditeur : Glénat, collection Porn’Pop
  • Prix : 24,95€
  • Parution : 25 août 2021
  • ISBN :  9782344041369

Résumé de l’éditeur : Serpent de mer. Au terme d’une journée printanière, sur les rives sauvages d’un point d’eau marécageux, Gloria s’est surprise à tomber dans un étonnant songe érotique. Un homme à la peau blanche lui est apparu, comme émergeant des flots, il était nu. Ensemble, ils ont fait l’amour et de cette relation éphémère n’est resté à Gloria qu’un souvenir brumeux ainsi qu’une étrange excroissance au niveau de l’entrejambe : un nouvel appendice s’apparentant à un pénis rose. Cette transformation a éveillé en elle de nouveaux désirs. Gloria vit ce changement comme une nouvelle existence. Les bouleversements dans son corps altèrent sa relation au monde et rendent son quotidien bien plus excitant qu’auparavant… À la manière de Tim Burton, Tony Sandoval fabrique pour chaque oeuvre un nouvel univers visuel et poétique. Son dessin parvient à combiner dans les pages d’Oscuro en rosa : langage pornographique, métaphores initiatiques et délires surréalistes.

Entre les lignes

Une adolescente se retrouve chez sa tante après le décès de ses parents. Une jeune fille en deuil change de vie auprès d’une bien étrange femme écrivaine, maladroite et franche. Dans « Entre les lignes« , Tomoko Yamashita relate leur quotidien délicatement.

Asa rencontre Makio lorsque ses parents décèdent dans un accident de voiture. Asa est alors en 3ème année de collège. Makio est écrivaine. C’est une femme étrange. Elle n’aimait pas sa sœur, la mère d’Asa. Elle est très franche et ne sais pas comment cohabiter avec une adolescente. Makio ne tient pas non plus sa maison comme une adulte. C’est souvent le bazar chez elle et elle ne sait pas cuisiner.

Makio est vraiment une femme étrange.

Ou simplement une personne normale, loin de l’imaginaire maternelle qu’Asa avait auparavant des adultes.

Asa a 15 ans. La mort de ses parents, c’est une étrange chose. La tristesse a du mal à sortir. Elle ne sait pas comment s’exprimer. Si on lui demandait, elle dirait que ça va. Et ça va vraiment. Elle change de vie, de quotidien.

Vivre avec Makio, cette étrange femme, c’est peut-être pour le mieux. Elles apprennent à se côtoyer. L’une pour faire son deuil, l’autre par obligation moral, car on ne laisse pas une adolescente toute seule. Mais cela signifie aussi pour Asa découvrir le monde des adultes. Et pour Makio, découvrir une forme de sociabilisation qu’elle avait évitée jusque-là. Elle qui n’est pas du tout à l’aise en société.

Ce sont deux vies chamboulées que nous raconte Tomoko Yamashita. Avec de la tendresse, de la délicatesse et une belle dose d’étrange maturité.Un voyage en terre inconnue pour ses héroïnes, mais que tout lecteur lira sans doute avec une forme de nostalgie affectueuse.

Le dessin très épuré accompagne bien l’état d’esprit d’Asa et le mentale peu accessible de Makio. Il y a très peu de paysage. Pour ainsi dire, il n’y a que le minimum syndicale. Chaque scénette quotidienne a droit à sa petite touche d’humour.

C’est un manga simple et doux. Apaisant à lire avec ses héroïnes attendrissantes. Une histoire délicatement racontée par Tomoko Yamashita, édité chez Kana.

  • Entre les lignes
  • Autrice : Tomoko Yamashita
  • Editeur : Editions Kana, collection Big Kana
  • Prix :  7,45€
  • Parution : 9 juillet 2021
  • ISBN : 9782505110408

Résumé de l’éditeurÀ 15 ans, Asa a perdu ses deux parents à la fois, dans un accident de voiture. Recueillie par sa tante Makio, romancière dans la trentaine, elle découvre soudain le monde à l’extérieur de son petit cocon familial.

Poussée à grandir trop tôt, trop vite, Asa n’est toutefois pas livrée à elle-même. Makio est là pour la guider dans son cheminement, avec beaucoup de maladresse mais du mieux qu’elle le peut malgré sa nature introvertie.

Chandrahas la légende de l’Immortel

Chandrahas la légende de l’Immortel. Il y a 15 ans, 7 guerriers ont sauvé le monde de la menace des Dragons. Ils sont devenus des héros adulés par le peuple. Himalaya pourtant voudrait bien que l’un d’entre eux crève. Et Arjuna, lui, voudrait bien tous les exterminer. Car en réalité, il n’y avait pas 7 héros. Mais bien 8. 

Les Dragons sont des créatures quadrupèdes qui menacent les hommes de leur faim et de leur rage. Pour les affronter, il faut être soit très nombreux et expérimentés. Soit avoir des pouvoirs spéciaux, on les appelle les Chandrahas. Et ceux-là ne sont pas nombreux. A vrai dire, il y en a 7, officiellement. Mais en fait, il y en a 9.

Himalaya est la fille de Garhwal de la danse de la Ronde. Elle a hérité de son pouvoir. Armée d’une seule flûte, elle peut commander aux dragons. Mais cette « princesse » a été abandonné par son père.

Arjuna est le guerrier « Immortel« . Le 8eme Chandrahas. Celui qui a été trahi et assassiné par les 7 autres.

Lorsqu’ils se rencontrent, c’est une vendetta violente et acharnée qui commence.

Au fil de leur périple, Himalaya fouille dans le passé de l’Immortel. Qu’est-ce qui a bien pu pousser les 7 héros à tuer un allié ? Quel relation entretenaient-ils réellement ? Quelle lien Arjuna a-t-il avec le Roi de ce pays ?

Tandis qu’elle remonte le fil des événements peu à peu, elle est au prise avec ses propres angoisses. Son assassin de père, pourri jusqu’à la moelle, est-il réellement ce qu’elle croit ?

Noyés sous une amertume profonde, les deux protagonistes nagent en réalité en pleine ignorance. Les événements qui agitent ce monde ont des résonances bien plus importes qu’ils ne le pensent avec leurs propres démons.

Sous couvert de mener une vengeance, c’est une quête de réponse que mènent Himalaya et Arjuna. Et peut-être au final, renouer avec leur famille.

Chandrahas la légende de l’Immortel est un manga jeunesse d’aventure sympathique et emballant. C’est une bonne évasion qui sait captiver le lecteur. Yuki Monji sait entretenir le mystère. C’est une série courte en 3 volumes, chez Kana, et c’est pile ce qu’il faut pour tenir le lecteur captivé jusqu’au point final.

  • Chandrahas, La légende de l’Immortel
  • Auteur : Yuki Monji
  • Editeur : Editions Kana
  • Prix :  6,85€
  • Parution : 23 avril 2021
  • ISBN : 9782505111399

Résumé de l’éditeurIl y a quinze ans, les Chandrahas, sept héros immortels, ont battu de puissants dragons et sont vénérés depuis comme des Dieux. Himalaya, une jeune fille qui a hérité de leur sang, a été abandonnée par son père et vendue comme esclave. Un jour, un jeune homme du nom d’Arjuna apparaît devant elle et se présente comme le « huitième héros qu’on a fait disparaître »…

Arjuna revient pour traquer et tuer ceux qui l’ont trahi ! La rencontre du 8e immortel et de la maligne charmeuse de dragons va marquer le début d’un terrible récit de vengeance, d’une double vengeance !

I’m standing on a million lives

I’m standing on a million lives est un Isekai de Pika Edition. Voici la fiche perso de notre héros : collégien taciturne, gamer chevronné, gamin des montagnes et fermier dans un univers de RPG où il joue sa vie avec deux camarades de classes. 

Yotsuya est un gamin de la campagne qui ne s’habitue pas à la vie tokyoïte. Enfermé dans sa bulle, il n’a pas d’ami au collège, passe ses journées à jouer au jeu vidéo, et n’a aucune envie de changer de quotidien. Mais voilà qu’un jour il se retrouve projeté dans un monde de fantasy médiéval à l’occidental avec deux camarades de classe. Des camarades pour le moins surprenantes : Shindô la populaire et Hakozaki, la faiblarde.

Sans attendre, un maître du jeu excentrique leur présente les règles et donne à Yotsuya sa classe de personnage. Le jeune homme se retrouve fermier. Il est armé d’une faux à broussaille et doit se battre au côté d’une mage sans réserve de magie et une guerrière incapable de soulever son épée.

Dès lors, Yotsuya, Shindô, Hakozaki alternent entre leur vie de collégiens et leur vie d’aventuriers. Ils peuvent se retrouver dans le jeu à n’importe quelle moment. Le maître du jeu leur donne une mission. A chaque partie, un autre joueur les rejoint. Mais il y a des risques bien réels : Si les trois joueurs meurent dans le jeu en même temps, ils meurent pour de vrai.

Les personnages de « I’m standing on a million lives » sont à la fois très diverses et très simples. Yotsuya se retrouve très vite entouré de 3 filles différentes, qui chacune à leur façon, le trouve attirant. Nous avons donc un garçon je-m’en-foutiste, logique, au point de passer pour froid. Mais qui pourtant tient absolument à protéger les personnes qui l’entourent. Cependant, Naoki Yamakawa parvient à nous les rendre sympathiques.

Les filles ont chacune une personnalité bien bâtie.  Shindô, la belle fille populaire et volontaire. Hakozaki, la timide de la classe, malade et fragile. Puis Tokitate, la geekette rebelle et susceptible. Là où Yotsuya doit devenir un véritable leader digne de confiance, les filles aussi vont devoir changer leur point de vue, revoir leur comportement et leur position.

La découverte de l’univers se fait sur un rythme plutôt lent et l’action se concentre beaucoup sur les combats et les dialogues internes des personnages. Ce manga est une distraction sympathique, agréable à lire. A voir si elle fait preuve d’un peu plus d’ambition dans les tomes suivant.

Par ailleurs, la série aujourd’hui éditée en France par Pika Edition est également accessible en version anime sur la plateforme Crunchyroll.

  • I’m standing on a million lives
  • Auteur : Naoki Yamakawa
  • Editeur : Pika Edition
  • Prix : 7,20€
  • Parution : 8 septembre 2021 – sortie simultanée du T1 et du T2
  • ISBN : 9782811651695

Résumé de l’éditeur : Collégien en troisième, Yotsuya vit en marge de ses camarades. Ce garçon n’existe que devant sa console, à exceller aux jeux vidéo. Un jour, l’impossible se produit : Yotsuya se retrouve transporté dans un autre monde qui a tout d’un RPG ! Accompagné de Shindô et Hakozaki, deux filles de sa classe, il va devoir user de son expérience de gamer pour accomplir des quêtes et sauver Tokyo. Seulement, ce joueur solo, aussi rationnel qu’insensible, peut-il prétendre à l’étoffe d’un héros ?

Mon amie des ténèbres

« Mon amie des ténèbres s’appelle Akane Nishimura ! Elle est extraordinaire ! ». C’est en substance ce que pense Taiyô Takada. Il est nouveau à l’école, et il se lie d’amitié avec la paria du groupe. A travers un récit touchant, Taku Kawamura nous parle d’un soucis éternelle : Le harcèlement. 

Taiyô Takada est nouveau à l’école. Dans sa classe, il y a Akane Nishimura. Elle est toujours toute seule et tout le monde l’appelle « La sorcière des ténèbres« . Il est nouveau, donc il ne sait pas trop pourquoi. Mais sapristi, « La sorcière des ténèbres » que c’est classe comme surnom ! C’est décidé. Taiyô veut rester avec Akane. Peut-être pourra-t-il devenir un adepte des ténèbres lui aussi ? Et puis, elle est drôlement sympa, Akane.

Mais la dite Akane Nishimura, elle, ne comprend pas. Pourquoi ce petit nouveau ne saisit pas qu’en fait, tout cela n’est qu’une histoire bien moche de harcèlement ?

Elle a peur que les autres le rejette et le harcèle lui-aussi. Mais Taiyô ne semble pas décidé à la laisser tranquille. Et puis, elle a beau lui dire de la laisser seule, on s’habitue vite à avoir un ami, finalement.

Mon amie des ténèbres, édité chez Nobi Nobi, est une histoire très franche sur le harcèlement. Ce manga raconte le quotidien silencieux et isolé d’Akane, ainsi que sa peur de sortir de sa coquille. Mais il raconte surtout l’irruption de Taiyô. Gamin naïf qui vient chamboulé cette vie craintive.

C’est une histoire honnête, raconté avec beaucoup de délicatesse, sur un sujet pas drôle. L’approche de Taku Kawamura en fait un manga génial, adorable, très agréable à lire. Du graphisme tout en rondeur, très enfantin, à la bonne humeur ambiante du récit, tout est dans la douceur.

A travers la naïveté à toute épreuve de Taiyô, la vie d’Akane change. Son meilleur bouclier contre la bêtise est sans nul doute cela : Une naïveté franche, témoin de son ouverture d’esprit fabuleuse. Taiyô est un enfant « simple » doté d’une honnêteté désarmante, fort utile pour vaincre ses monstres d’enfants impitoyables envers les autres et eux-mêmes.

Mon amie des ténèbres est un petit bijou d’éducation, une sucrerie légèrement amère bonne à lire aussi bien pour les grands, que pour les enfants. C’est une lecture, qu’à titre personnelle, je conseille aux écoliers et aux adultes.

  • Mon amie des ténèbres
  • Auteur : Taku Kawamura
  • Éditeur : Nobi-nobi
  • Prix : 7,20 €
  • Parution : 8 septembre 2021
  • ISBN : 9782373494990

Résumé de l’éditeur : Une petite fille dont on se moque.
Des camarades qui ricanent.
Un nouvel élève qui ignore tout de ce qui se passe dans la classe.
Taiyô Takada vient d’arriver dans sa nouvelle école. Il découvre que dans sa classe se trouve une fille étrange, Akane Nishimura, que tous les élèves surnomment « la sorcière des ténèbres » : on raconte que si on la touche, on est maudit  ! Alors qu’en fait, elle a simplement peur de sortir de sa coquille… Mais toutes ces rumeurs autour d’elle sont loin d’effrayer Takada. D’une franchise et d’une naïveté à toute épreuve, le jeune garçon désarme non seulement les harceleurs mais aussi Nishimura elle-même, avec sa logique d’une simplicité imparable. Bref, il la trouve vraiment cool et compte bien s’en faire une amie !

Joe la pirate

Joe la pirate, c’est la merveilleuse histoire signée Hubert et Virginie Augustin. Un récit fort et inclusif chez Glénat.

1900, Marion Barbara s’est toujours sentie « Queer » ou du moins elle savait qu’elle n’était pas ce que la société et surtout sa mère voulait qu’elle soit. À 11 ans, pour ne pas « déranger » sa famille, elle est placée dans un pensionnat. Et grand bien lui fasse, elle a pu encore plus se libérer. Dès lors elle n’a fait que vivre sa vie telle qu’il le voulait. Joe comme tout le monde l’appelle, n’a jamais voulu être un homme. « Jouer les hommes est beaucoup plus amusant ».

Mettre en avant une personne forte qui a choisi de ne pas être dans les cases qu’on souhaite lui imposer est déjà en soit une lecture qui ne pouvait que m’intéresser. Alors quand c’est bien scénarisé et que le graphisme en noir et blanc colle à la période et aux faits alors cela rend le récit et l’histoire de M.B Castairs encore plus intense. J’ai aimé découvrir le destin et la personnalité riche de Joe.
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Un ouvrage qui laisse place à la différence. Hubert nous avait déjà parlé de ce thème à travers le très très bon et très remarqué Peau d’homme. Là avec une approche différente, car inspirée librement de faits réels, il remet le couvert avec ce très bon album que je vous recommande également.

Le scénariste travaille de nouveau avec la formidable Virginie Augustin après Monsieur désire ? Pour Joe la pirate, elle réalise de fantastiques planches d’une douceur infinie.

  • Joe la pirate
  • Scénariste : Hubert
  • Dessinatrice : Virginie Augustin
  • Editeur : Glénat
  • Prix : 23 €
  • Parution : 05 mai 2021
  • ISBN : 9782344039434

Résumé de l’éditeur : La vie est trop courte pour s’ennuyer. C’est l’histoire d’une petite fille née en 1900 à Londres, qui « se sentait déjà queer dans la matrice » . En grandissant, elle a fait le tour du monde, elle a lancé sa compagnie de taxis féminins, elle a fait la guerre, elle a battu des records de vitesse dans des courses de bateau, elle a régné en monarque éclairé sur une île des Bahamas, elle a eu pour meilleur ami et confident une poupée… Vivant plusieurs vies, elle a porté plusieurs noms. A sa naissance, on l’appelait Marion. Puis à 5 ans, après une chute de chameau, elle a choisi le pseudonyme de Tuffy. Enfin, c’est très vite dans le prénom Joe qu’elle s’est vraiment reconnue. Et c’est en homme qu’elle a forgé sa réputation et créé sa légende… Cette femme – ne vous y méprenez pas – a vraiment existé. Amoureuse de la compétition, de la vitesse et des conquêtes féminines, Joe Carstairs a vécu une existence fidèle à son personnage : explosive, impulsive et excentrique. Suivez la destinée d’une femme richissime au charme incandescent, pleine d’une confiance inébranlable et pour qui la vie ne fut qu’un long feu de joie. Dernier livre écrit par Hubert aux éditions Glénat, premier et unique biopic de son oeuvre, Joe la Pirate est un roman graphique enlevé, virevoltant, cinglant et sans tabou comme un film de Billy Wilder. Inspirée par la ligne claire d’Yves Chaland, Virginie Augustin réinvente une nouvelle fois son style, sans rien sacrifier de l’efficacité redoutable de sa narration ni de sa science de la mise en scène.