Sans aller à l’école, je suis devenu mangaka

Notre avis : Recevoir une gifle de la part de sa maîtresse va bouleverser la vie de Masatomo; par ce geste, il refusera d’aller à l’école. Syoichi Tanazono raconte sa propre histoire dans Sans aller à l’école, je suis devenu mangaka aux éditions Akata.

Masatomo Tanhashi, 7 ans, est un petit garçon comme les autres. Agréable, souriant et toujours de bonne humeur. A l’école, il est dans la classe de CP de Mme Oshima. Cette grosse dame n’est pas des plus commodes. Alors qu’on lui a toujours expliqué qu’il fallait dire lorsque l’on ne comprenait pas, il se lève et se dirige vers le bureau. Là, après sa question, l’enseignante le gifle. A partir de cet incident fâcheux et douloureux, il va sombrer dans une phobie scolaire aiguë : mal de tête et cauchemar avec un homme en noir. Pensant qu’il n’est pas normal, son rapport à l’école est alors altéré. Malgré les changements de professeur, un précepteur et même un psychologue, rien n’y fait, il ne va en classe que par intermittence.

Manga de 288 pages, Sans aller à l’école je suis devenu mangaka est un récit semi-autobiographique de Syoichi Tanazono. Basée donc sur des faits réels, l’histoire est quasiment vraie. Comme il le souligne dans la postface : « les années ont passé depuis, et j’arrive à regarder cette histoire d’un point de vue objectif. Les bons moments comme les mauvais dessinés dans cette œuvre sont tous liés à la personne que je suis devenue aujourd’hui ». Cette distance lui a permis d’offrir un récit mélancolique, dur et bouleversant. Il permet aussi aux lecteurs de se poser des questions sur l’éducation au sens large du terme, rendre hommage aux professeurs – même s’il en existe des désagréables – de se dire qu’un simple geste peut conditionner une vie, que les encouragements restent la meilleure arme pour grandir, s’intégrer et réussir, a contrario de l’humiliation et les phrases assassines dites par les adultes.

Si parfois le manga peut paraître long et répétitif, il a le mérite de mettre l’accent sur un phénomène en recrudescence chez les plus jeunes : la phobie scolaire du à la pression grandissante mise sur les frêles épaules des élèves.

Soutenu par Akira Toriyama, créateur de Dragon Ball, le travail de Syoichi Tanazono fut repéré par le maître mangaka alors qu’il n’avait que 13 ans. Celui qui refuse les entretiens avec les dessinateurs en herbe, pense d’ailleurs qu’il ne lui a rien appris lors de ses visites et confie dans la postface : « En effet pour moi, le manga n’est pas un art que l’on apprend, mais plutôt l’art de perfectionner sa propre sensibilité ».

Article posté le jeudi 07 avril 2016 par Damien Canteau

Beau manga sur l'éducation Sans aller à l'école je suis devenu mangaka signé Syoichi Tanazono aux éditions Akata, décrypté par Comixtrip le site BD de référence
  • Sans aller à l’école, je suis devenu mangaka
  • Auteur : Syoichi Tanazono
  • Editeur : Akata
  • Prix : 9.55€
  • Parution : 25 février2016

Résumé de l’éditeur : Le jeune Masatomo aurait pu avoir une vie normale : jusqu’à son entrée à l’école primaire, il était en effet un petit garçon plutôt jovial. Mais hélas, en première année, et peu de temps après la rentrée, son trop colérique professeur lui donne un gifle particulièrement violente, et pas du tout justifiée. Dès lors, la spirale infernale commence pour Masatomo, qui n’ose plus retourner à l’école : peur du regard d’autrui et des rumeurs, incapacité à sortir de chez soi, difficultés d’intégration. Tous les ans, malgré les efforts de ses parents, mais aussi de nombreux professeurs et pédagogues, il n’arrivera jamais à suivre une scolarité « ordinaire ». Préférant passer ses journées chez lui, à copier des dessins de Dragon Ball. Et si, au fil des pages, une vocation salvatrice était en train de naître ?

À propos de l'auteur de cet article

Damien Canteau

Damien Canteau

Damien Canteau est passionné par la bande dessinée depuis une vingtaine d’années. Après avoir organisé des festivals, fondé des fanzines, écrit de nombreux articles, il est toujours à la recherche de petites merveilles qu’il prend plaisir à vous faire découvrir. Il est aussi membre de l'ACBD (Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée).

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