Il restait une dernière série Absolute à publier ! Urban Comics complète la collection en proposant en ce mois de février, Absolute Green Lantern tome 1, d’Al Ewing et Jahnoy Lindsay. Et propose aussi le tome 2 d’Absolute Batman.
Quelle place pour cette série au sein d’un ensemble très prisé des lecteurs français en 2025 ? Réponse dans cet article !
Absolute Green Lantern tome 1 : différentes façons de faire face à la peur
Il s’appelle Hal Jordan, il est terrifié, il vient d’Evergreen, dans le Nevada. Une petite ville tranquille qui s’est retrouvée prise au piège d’une étrange structure verte. Il a pu sortir, mais changé. Sa main est désormais noire comme le vide et capable de tuer tous ceux qui le menacent. Il est poursuivi par une amie, enveloppée elle de lumière verte. Mais que s’est-il passé derrière cette barrière ?
Absolute pour ceux qui ne se souviennent plus
Le premier défi d’une série Absolute, c’est de proposer une relecture différente et originale du personnage choisi. Et pour rappel, la particularité de cet univers, c’est d’être baigné d’une influence négative, susceptible de broyer toute notion d’héroïsme. Les personnages doivent donc lutter encore plus fort, pour devenir des héros.
Absolute Green Lantern tome 1 : un scénariste qui assume la commande passée
Al Ewing (scénariste de The immortal Thor publié le même mois chez Panini Comics) répond présent sur tous les points. La noirceur ? Hal Jordan est traité comme un tueur de masse. L’ambiance est au huis clos horrifique, avec des personnages qui ne comprennent rien à l’arrivée de la Lanterne Verte et semblent mourir un à un. Le pas de côté ? C’est une héroïne qui recevra l’anneau vert, Sojourner Mullein (vue dans Green Lantern Far Sector). L’originalité ? Ne pas se baser directement sur le spectre émotionnel de la lumière, comme défini au fil des années.
La BD ce n’est pas du dessin, c’est de la narration (bises aux Grand Prix d’Angoulême)
Al Ewing va précisément travailler sur le rythme narratif pour entretenir le mystère de son récit. Le premier album caractérise Hal Jordan en tant qu’antagoniste et Sojourner en tant qu’héroïne.
Le deuxième, dévoile l’arrivée d’Abin Sur à Evergreen, en lui offrant une forme d’inhumanité bienvenue quand on parle d’un alien. Mais qui est idéal aussi pour semer la panique dans l’histoire et le questionnement chez les lecteurs.
Et ainsi de suite, jusqu’à l’épisode 6, qui va révéler le sens du nom Abin Sur et donc, une première couche de structure pour le nouveau concept des Green Lanterns. Et sans doute pour tout ce qui touche à Oa et aux Gardiens de l’univers. Il tient ainsi un joli potentiel de développement et une réelle opportunité de s’écarter de la trame originelle.
Le rapport à la peur, notamment, antagoniste fondamental des Green Lanterns, est ici travaillé de manière très différente. Presque comme un mètre-étalon. Ce n’est pas habituel, mais travaillé comme une forme de métronome, cela s’intègre très bien à l’évolution des personnages.
Du cosmique et de l’humain dans Absolute Green Lantern tome 1
On notera aussi un travail sur l’alchimie entre les différents personnages, qui permet d’expliquer pourquoi on a tant d’humains sélectionnés pour aller faire la police dans l’univers. On ne sait pas encore quel sort sera réservé à Guy Gardner, John Stewart et les autres, mais s’ils sont là, ce n’est pas pour autant qu’ils obtiendront le titre final.
Et puis, pour cultiver un peu l’avenir, le scénariste prend soin d’intégrer aussi un vrai « méchant », Hector Hammond, car nous savons désormais que les vilains auront un rôle majeur à jouer dans la suite de la collection Absolute.
Venez découvrir un dessinateur peu connu en France
Pour ce qui est du dessin, le canadien Jahnoy Lindsay est un artiste en développement. On lui doit principalement la mini-série Superboy The man of Tomorrow (inédite en VF), qui démontrait déjà sa capacité à tenir les délais sur 5 épisodes. C’est lui qui est à la barre de l’entièreté des six numéros qui composent ce recueil, dessin, encrage, couleurs (numérique, le tout).
Il s’avère un choix tout à fait pertinent. Il propose une esthétique tout à fait contemporaine, maîtrisée et entraînante. On sent une pointe d’inspiration japonaise, dans le dynamisme, dans les visages des personnages. C’est parfaitement intégré dans un style complètement à sa place dans l’industrie mainstream du comic-book de super-héros.
On notera tout particulièrement les effets numériques bien maîtrisés. À ce stade, les personnages ne réalisent pas réellement des structures grâce à l’énergie de leur anneau. Il fallait donc pouvoir tout faire péter de manière très visuelle. Lindsay répond présent. Il offre du monstrueux et de l’angoisse au sein de la normalité d’une petite ville américaine. Bon choix de casting.
Absolute Green Lantern tome 1 n’est pas un parent pauvre
Ainsi donc, Absolute Green Lantern tome 1, d’Al Ewing et Jahnoy Lindsay, publié chez DC Comics et Urban Comics, vient prendre une place naturelle au sein du panorama Absolute. Il ne ressemble à aucun autre titre tout en jouant avec les mêmes briques originelles. Espérons que cet album trouve son public en France comme les précédents, il le mérite.
- Absolute Green Lantern tome 1 – La main noire
- Scénariste : Al Ewing
- Dessinateur : Jahnoy Lindsay
- Éditeur USA : DC Comics
- Éditeur France : Urban Comics
- Date de publication France : 13 février 2026
- Nombre de pages : 160
- Prix : 18€50
- ISBN : 9791026824800
Résumé de l’éditeur : Il se passe quelque chose d’étrange dans la ville d’Evergreen. Quand un monolithe extraterrestre s’abat sur la ville, elle est désormais coupée du monde extérieur par un dôme fait d’énergie verte. À l’intérieur, les habitants sont à la merci d’une créature faisant abattre son jugement sur quiconque se présente à lui. Au milieu du chaos, Jo Mullein, John Stewart et Hal Jordan se réunissent pour survivre, mais l’un d’entre eux pourrait s’avérer être encore plus dangereux que la créature…
