Des BD jeunesse pour les vacances 1

Pour cette première partie des BD jeunesse pour les vacances, je vous propose un voyage dans ces univers riches et variés. De Lightfall 4 aux P’tits Diables, en passant par Ariol – Les vacances chez Papi et Mamie ou Myrmidon, trouvez votre bonheur dans cette jolie sélection.

Lightfall tome 4 de Tim Probert (Gallimard BD)

Ah enfin ! Nous, les fans de Lightfall, nous étions en manque ! Voilà, enfin, le 4e volume (sur 6) de la merveilleuse série fantasy de Tim Probert. Après en avoir dit du bien (ici et ), le monde de l’auteur américain continue de nous fasciner.

Rien n’est tout blanc, ni tout noir, dans Lightfall. Des nuances, par l’entremise de personnages singuliers, donnent une saveur exquise à cette série.

En pleine, nuit, un gros orage fait tanguer le bateau de Cad. Il s’échoue sur un plage de Pellydir et semble être le seul survivant. Il s’était embarqué avec Béa pour Lorgon. Où est son amie ? Est-il vraiment seul ?

Non loin de là, d’étranges créatures rendent un dernier hommage à l’Esprit des mers, tué par La Fange. Cad se rapproche et découvre alors les Esprits d’Irpa. Une immense vague emporte le Galadurien et un des esprits. Ce dernier lui explique que les jours d’Irpa sont comptés.

De son côté, Béa est prisonnière dans la capitale de l’île…

Lightfall, c’est LA grande saga fantasy jeunesse (que les adultes peuvent aussi lire). Une histoire émouvante, drôle et intelligente de Tim Probert, portée par un dessin sublime. Les mondes de Lightfall déploient une aventure haletante. Dès que l’on ouvre le premier volume, on est happé par ce récit tout en nuance. L’auteur américain imagine une bande dessinée comme un film d’animation (d’ailleurs, au début, c’est ce qui devait être le cas). En trois tomes, Lightfall s’est imposée dans le cœur des lecteurs avec plus de 380 000 exemplaires vendus. C’est amplement mérité tant la qualité est au rendez-vous des 4 volumes. On ne sait pas comment le récit se terminera mais il reste deux opus pour que le génial Tim Probert boucle la boucle. On a hâte !

Myrmidon et le géant aux gros doigts, de Loïc Dauvillier et Mickaël Roux (La Gouttière)

Déjà la neuvième aventure de Myrmidon ! Et à chaque fois, (ici, et encore ici), nous sommes agréablement cueillis par des histoires où la force de l’imaginaire est élevée au rang de valeur puissante.

Pour ce nouvel opus, Loïc Dauvillier, au scénario, fait appel à un nouveau dessinateur. Pour l’accompagner dans cette géniale aventure sans texte, il choisit Mickaël Roux. Il faut souligner qu’ils se connaissent depuis longtemps. Ils ont réalisé ensemble, notamment, Beurk ! ; une aventure d’hecto, couture et strap, une bande dessinée chez Carabas. Ils sillonnent également la France avec Pirateries, un spectacle musical dessiné pour enfants.

Mais qu’arrive-t-il à Myrmidon dans ce nouvel opus ? C’est d’un cabanon de jardin que le petit garçon voit surgir un habit de sorcière : tunique, bottes, chapeau, balai et araignée… Une araignée ??? Il enfourche le balai pour un voyage rocambolesque…

Après des ninjas, Myrmidon se frotte à un géant aux gros doigts ! Comme à son habitude, Loïc Dauvillier imagine une très jolie histoire drôle et poétique. Et il était logique de retrouver Mickaël Roux au dessin. Son trait est dynamique et avenant, idéal pour les enfants à partir de 2 ans.

Ariol – Les vacances chez papi et mamie, d’Emmanuel Guibert et Marc Boutavant (Bayard)

Vous le savez, chez Comixtrip, on adore Ariol. Juste avant cet été, les éditions Bayard Jeunesse ont eu la riche idée de compiler toutes les histoires autour de ses vacances chez papi et mamie.

A travers ces 404 pages, les jeunes lecteurices retrouvent avec plaisir les aventures d’Ariol et Ramono chez les grands-parents du petit âne bleu. Du départ en train au blues de papi lorsque les deux enfants repartent, en passant par les jeux de société, les baignades, les délicieux plats de mamie ou les bonnes glaces. Tout y est !

Les vacances chez papi et mamie regroupe la superbe galerie de personnages secondaires : Papi Atole, Mamie Annette, le chien Dix-Huit, mais également Goël, Loucine, Jugule ou Scarole.

Les lecteurices ont l’impression de retomber en enfance et de regoûter aux charmes de ces étés drôles et emplis de liberté.

En 25 ans – oui déjà 25 ans ! – dans de folles histoires (courtes), de bienveillance et d’humour, les vacances jouent un rôle important dans l’univers d’Ariol.

Voilà, un sympathique recueil à picorer pour l’été !

Lila et l’usine à sales gosses, de Thomas Le Petit-Corps et Antonello Dalena (Le Lombard)

C’est un grand bouleversement dans la vie de Lila : elle va déménager. L’adolescente doit suivre le mouvement même si elle n’est pas d’accord. Son père vient d’être nommé directeur dans un collège. Mais pas n’importe lequel : l’usine à sales gosses ! Un établissement où tout le monde fait ce qu’il veut ! Une drôle de folie et d’anarchie et où Les élèves sont les rois !

Lila a un peu de temps devant elle avant que les autres découvrent sa véritable identité. Son père doit d’abord suivre une formation avant de prendre son poste. Un temps où Lila doit se faire un maximum de copines et de copains.

Elle croise alors la route de Samuelle et Bernard, qui vont devenir de vrais amis. Il faut souligner que Lila leur cache aussi la vérité. Jusqu’à quand ?

Nous avions découvert Thomas Le Petit-Corps grâce à Tia et le monde enfoui, une excellente bande dessinée. Pour Lila et l’usine à sales gosses, le scénariste nous emmène dans un univers loin de celui des mondes souterrains de son précédent album pour une histoire décalée et drôle dans un collège. L’auteur adapte son podcast éponyme pour enfants. Il y aborde le jeu du mensonge et de la triche, les ados en totale liberté mais aussi d’adolescents que l’on met dans des cases, que l’on rejette parce qu’ils sont différents.

Pour accompagner Thomas Le Petit-Corps, le dessinateur Antonello Dalena affûte ses crayons. Le dessinateur expérimenté dévoile tout son talent de mise en scène, de découpage et de dynamisme pour mettre en image cette sympathique histoire.

Le club des chats – A l’abordage, de Yoon-sun Park (Misma)

Paul a bien grandi depuis les premières aventures du Club des chats ! Le petit garçon sait maintenant dessiner. Il dessine ce qui l’entoure. A savoir, ses chats : Plume, Nounours et Choupi.

Pour l’aider dans sa tâche, Yoon-sun Park imagine une histoire complètement folle pour son Club des chats. Les trois matous jouent à un jeu de société et se retrouvent alors dans un train. Ils découvrent alors le château de Bongo, un chien milliardaire. Pas de chance pour lui, on vient de lui voler son diamant géant..

A travers 5 albums du Club des chats, Yoon-sun Park déploie toute sa folie. Un univers vraiment à part dans le monde de la bande dessinée jeunesse. Un univers absurde, loufoque et drôle. Un monde qui peut parfois nous perdre, sans queue ni tête. Mais l’autrice sud-coréenne sait toujours retomber sur ses pattes dans son intrigue. On en veut encore de cette folie féline !

Le mystère de l’appartement n°13, d’Inès El Boufi et Aurel Obelleiro (On ne compte pas pour du beurre)

Chez Comixtrip, on aime les BD dont vous êtes l’héroïne ou le héros (Emilie Plateau, Jason Shiga…). Voici une nouvelle bande dessinée dans ce genre, ciblée pour les adolescent.e.s imaginée par Inès El Boufi et Aurel Obelleiro.

Khadija, la maman de Selma est impatiente ! Elle l’attend devant la voiture pour partir voir sa famille. Mais l’adolescente a disparu ! Malgré l’aide de Youssra et Adel, Khadija ne la trouve pas. Il faut dire que Selma n’avait pas envie d’aller en vacances dans sa famille maternelle.

Selma est très forte pour trouver de bonnes cachettes. La mission de la retrouver est donc délicate. Et si la jeune fille avait enfin trouvé l’appartement n°13 ?

Pour Khadija, ce ne sont que des sornettes. L’appartement n°13 n’a jamais existé. C’est le début de l’aventure…

A partir de la page 15, après l’introduction à l’histoire, les jeunes lecteurices vont pouvoir partir sur les traces de Selma. Pour cela, iels doivent se frayer un chemin entre les pages. Tout d’abord, la cour de l’immeuble. Des numéros de pages sur le plan pour aller vérifier si l’adolescente y est. A chaque fin de double-page, plusieurs numéros. Au lecteur de choisir celui qui lui plaît pour continuer l’aventure. Et ainsi de suite…

Le mystère de l’appartement n°13 est un très joli livre-jeu. Pour cela, le lecteur ou la lectrice peut choisir de suivre Adel ou Youssra pour mener l’enquête. Iel devra regarder partout pour découvrir les indices et poursuivre au mieux le jeu. Iel doit noter tout cela au fur et à mesure dans une grille donnée dans l’album. Jouer, tenter, et rejouer, tout est bien pensé. Mieux, on apprécie la bienveillance et la douceur qui émanent de la bande dessinée. L’atmosphère est agréable et sympathique. Le dessin est attrayant et moderne.

A noter que On ne compte pas pour du beurre est une maison d’édition indépendante et engagée : “Pour la visibilité de tou·tes les enfants et de toutes leurs familles. Pour grandir joyeusement avec tous.tes les autres,les enfants ont besoin de récits lumineux et variés dans lesquels toutes les diversités coexistent simplement.”

Le voisin grognon, de Josephine Mark (Les aventuriers d’ailleurs)

Chez Comixtrip, nous avions adoré le précédent album traduit en français de Josephine Mark : Voyage de malade (Gallimard BD)

L’autrice allemande revient avec Le voisin grognon : une adaptation BD de la série de Annette Pehnt et Jutta Bauer.

Comme son titre l’indique, c’est l’histoire d’un ours grognon et de ses voisins ou plutôt de sa voisine : Tinegueli, une petite souris pétillante.

Dans le village, tout va bien. La vie est paisible. Tinegueli adore aider les autres, préparer des gâteaux pour ses amis. De son côté, le pingouin réalise des glaces pour tout le monde.

Un jour arrive donc un nouveau voisin, qui n’aime personne et qui la nuit creuse des trous dans son jardin. Donc Tinegueli tente une approche. Malgré son air désagréable, elle l’invite chez elle…

Le voisin grognon, c’est une jolie bande dessinée jeunesse. Une aventure animalière anthropomorphique de belle qualité. C’est doux, c’est drôle et c’est bienveillant. Même si Tingueli a trop, beaucoup trop d’amour, de positivité (qui pourrait agacer certain.e.s lecteurices), on peut être content d’avoir passé un bon moment de lecture avec elle.

La forêt de Nénue, de Candie Allard (Sarbacane)

Très souvent, Nénue accompagne Alba, sa maman, dans la forêt. Il faut souligner que sa maman est une grande sorcière. Elle protège et soigne les maux des arbres et des plantes.

Un jour, Alba part pour la journée afin d’aider la forêt. C’est son quotidien. Mais Nénue n’aime pas rester seule en l’attendant. Le soir arrive et toujours pas de nouvelles de sa maman. Alors, la jeune fille s’enfonce dans la forêt. Elle aperçoit une maison et découvre alors deux créatures magiques

C’est son projet de Master BD à l’Institut Saint-Luc que Candie Allard nous présente aujourd’hui aux éditions Sarbacane. Une histoire fantastique tout en douceur. Une très jolie aventure à l’ambiance magique et bienveillante, mais un peu frissonnante aussi. Un beau portrait mère/fille, entre admiration, entraide et amour. Le dessin est d’une belle originalité et tout en rondeur. Le travail sur les couleurs est magnifique, notamment autour du bleu et du violet.

Nimée et la fleur luminescente, de Plau et Myriam Allard (Jungle)

Dans le cadre du Prix Jungle Jeunesse (dont j’ai fait partie du jury en 2025 et 2026, mais pas pour l’édition qui concerne cet album), l’histoire lauréate a vu son projet publié par Jungle. Nimée et la fleur luminescente met en scène une petite fille ayant perdu son grand-père.

Nimée et sa mère déménagent les affaires du grand-père qui vient de mourir. Une entreprise vient récupérer ce qu’elles ne veulent pas garder. D’ailleurs, Nimée aimerait bien récupérer un objet de son papi mais elle ne sait pas quoi.

Elle décide de garder un carton. Dans celui-ci, elle découvre un cahier où son grand-père parle d’une fleur luminescente. Fleur dont il lui avait parlé plus jeune. Pour découvrir cette plante que son grand-père avait vu dans un village, Nimée décide de partir seule pour l’île de Malëya

Nimée et la fleur luminescente est une jolie bande dessinée jeunesse. Une belle aventure construite comme une quête initiatique sur les pas d’une personne disparue. On apprécie la personnalité de la jeune adolescente, pétillante, maladroite et drôle. Plau, le scénariste, aborde ainsi le deuil, le courage mais aussi l’écologie (préservation de la nature). Si le début de l’intrigue (le départ seul de Nimée) n’est pas du tout réaliste, on apprécie le côté aventure dans la jungle et les nombreux rebondissements. Le dessin de Myriam Allard est tout en rondeur et en mouvement.

Petiot, de Peter Bruder (Paquet)

Dans un monde médiéval fantasmé, Petiot s’amuse avec ses potes. Il aimerait devenir le plus grand chevalier du monde. Alors tout est bon pour y arriver. Mais pour l’instant, ce qui compte le plus pour ce garçon d’une dizaine d’années, c’est de faire des “dingueries et bolosseries” avec sa bande de copains.

Sous forme de gags (drôles, il faut le souligner), Petiot tente de trouver des solutions pour se concentrer en classe, écoute du rap hardcore, visite une église ou s’initie à la magie noire. Souvent, à la fin de la page, c’est sa maman qui fait les frais de ses fulgurances orales et répliques. Sans oublier, l’humour présent par le décalage d’objets actuels, donc anachroniques.

Tous les ingrédients sont réunis pour passer un bon moment de lecture, grâce à Petiot. Peter Bruder y ajoute en plus quelques sujets contemporains et sociétaux. L’univers est ainsi assez proche de celui de Titeuf. Il fonctionne de la même manière : de l’humour et du fond. Les gags bénéficient d’un dessin moderne et dynamique.

Une grande aventure des P’tits diables : La maison infernale, de Dutto (Soleil)

C’est en 2002 que Dutto publie le premier tome de sa série phare : Les P’tits diables. Après plus de 40 volumes, une série animée et plus de 500 000 exemplaires vendus, l’auteur de Grippy dévoile la deuxième grande aventure des P’tits diables. Ici, point de gags en une planches mais une histoire complète de 48 pages.

Comme à leur habitude, Tom et Nina se chamaillent, comme de vrais frères et sœurs. Alors que leurs parents sont partis faire des courses, ils découvrent médusés que Grippy leur chat a été attrapé par Cannibal Joe, leur voisin mystérieux et qui fait peur.

Surmontant leur frousse, Tom et Nina se rendent chez leur voisin, bien décidés à récupérer leur chat…

On est toujours aussi content de retrouver les deux P’tits diables. Dutto a toujours autant d’humour pour raconter leurs folles aventures. On préfère d’ailleurs les albums en format long que ceux composés de gags en une planche (même si cela sont bons aussi). Les situations sont délirantes, gaguesques et rocambolesques.

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Article posté le dimanche 05 juillet 2026 par Damien Canteau

À propos de l'auteur de cet article

Damien Canteau

Damien Canteau est passionné par la bande dessinée depuis une trentaine d’années. Après avoir organisé des festivals, fondé des fanzines, écrit de nombreux articles, il est toujours à la recherche de petites merveilles qu’il prend plaisir à vous faire découvrir. Il est aussi membre de l'ACBD (Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée) et co-responsable du prix Jeunesse de cette structure. Il est le rédacteur en chef du site Comixtrip. Damien modère des rencontres avec des autrices et auteurs BD et donne des cours dans le Master BD et participe au projet Prism-BD.

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