Black Orion

Une histoire a un début et une fin. Enfin, ça, c’est ce qu’on pense. Quand une maison devient le théâtre des événements de la fin, qu’un trip cosmique rend les choses plus étranges encore, un petit groupe d’humains mais pas que devient le centre de l’univers. C’est Black Orion, de Bruno Seelig, chez Morgen.

Black Orion Seelig Morgen

Le début de la fin et la fin du début

Black Orion est une expérience de bande dessinée à part entière. Débutant par sa fin, mais racontant aussi l’histoire par le début, la narration de ce titre est une véritable prouesse à bien des égards. Il y a plusieurs niveaux de lecture. La première, au centre des pages, nous relate une fin du monde et des invasions venues d’autres dimensions. Un trip cosmique devient une course-poursuite à contre-courant du temps lui-même. La seconde se trouve tout en haut de chaque page. Un bandeau sur toute la largeur de la page nous relate une autre histoire, dans l’ordre chronologique classique. Presque intégralement en noir et blanc, ces bandes racontent une histoire qui semble presque banale au regard des événements du reste de la planche.

Black Orion Seelig Morgen

On progresse alors dans notre lecture à rebrousse-temps, mais pas totalement. Comme si on avait entre nos mains les deux extrémités d’une histoire, le début et la fin, et qu’on les contemplait en même temps. Le temps n’a plus la même notion. L’expérience est difficile à décrire tant elle se joue dans notre façon même de lire et d’appréhender la lecture d’une planche de bande dessinée.

Avec Black Orion, Bruno Seelig renverse les codes, les retourne, joue avec eux comme il joue avec notre compréhension de son récit.

La quintessence de la science-fiction

Sauver le monde, ou ne pas le sauver, telle est la question. Ou plutôt la réponse. Avec son dessin inspiré des pulps, Black Orion est tout à la fois : une découverte, une surprise, un hommage, un héritage et un bouleversement. L’auteur brésilien se fait l’architecte d’un monde cohérent, « sans dessus dessous ». La double lecture s’éclaire mutuellement : des liens subtiles, dans le dessin, dans l’intrigue, lient les planches couleurs et les bandeaux noirs et blancs, la fin et le début.

Black Orion Seelig Morgen

On retrouve dans le récit les codes classiques de la science-fiction : sauver le monde, des invasions de créatures étranges, des gadgets avec des lasers, et ainsi de suite. Bruno Seelig explore le pulp comme il traverse le temps. Grâce à ses scènes dynamiques et à son sens de la narration, il nous raconte une histoire à l’envers, sans jamais nous perdre dans les différents événements.

Alors le monde sera-t-il sauvé ? Tout ceci n’était-il pas qu’un trip sous acide de l’espace ? La réponse dans Black Orion.

En passe de devenir incontournable

Black Orion fait partie de ces bandes dessinées excellentes, qui redéfinissent à la fois notre rapport à la lecture et les codes du genre. L’expérience narrative nous embarque dans cette épopée science-fictive. Les personnages eux-mêmes transcendent les limites des pages et du temps. La planche devient un espace où toutes les limites s’entremêlent et où tout finit par s’échapper.

Black Orion Seelig Morgen

Bruno Seelig devient alors notre guide dans ce récit aux influences venues de partout. Les créatures lovecraftiennes côtoient celles d’H.G. Wells et de La Guerre des mondes. Les planches aux couleurs saturées de Black Orion répondent aux planches plus sombres d’un Electric Miles. Et aux teintes primaires de Drome, le titre de Bruno Seelig s’inscrit dans la droite lignée des récits pulps profonds.

Cette Amazing Storie a tout pour embarquer les amateurs de science-fiction. L’intrigue est à la fois classique et détonnante, se plaçant comme le nouveau jalon d’un type de récit qu’on pensait avoir déjà trop souvent lu. Black Orion vient y apporter un vent de fraicheur, un souffle épique de nouveauté qui nous prend littéralement à rebrousse-poil.

Black Orion Seelig Morgen

Black Orion, de Bruno Seelig, est disponible aux éditions Morgen.

Article posté le jeudi 10 septembre 2026 par Bénédicte Coudière

Black Orion Seelig Morgen
  • Black Orion
  • Auteur : Bruno Seelig
  • Dessinateur : Bruno Seelig
  • Éditeur : Morgen
  • Prix : 19,90 €
  • Parution : 2 septembre 2026
  • Nombre de pages : 200 pages
  • ISBN :  9782387250575

Résumé de l’éditeur : Qu’y a-t-il de plus dangereux pour la Terre que deux ados qui s’ennuient ? Lorsque Dylan et Olivia mettent la main sur Black Orion, une mystérieuse drogue aux effets cosmiques qui altère durablement leurs réalités, c’est le destin de notre planète qui s’en trouve bouleversé. Mais leur rencontre avec Franco, mi-Freddie Mercury, mi-Pablo Escobar, avec en prime un zeste de dédain pour l’espèce humaine, sera la clé de leur destin astral.

À propos de l'auteur de cet article

Bénédicte Coudière

Journaliste spécialisée en bande dessinée mais aussi en jeux vidéo depuis près de 15 ans, conférencière, autrice et plein d'autre chose encore ! Membre de l'ACBD (Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée), elle est passionnée d'art et de narration, d'exploration de papier et de pleins d'autres choses encore.

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