IA des histoires comme ça tome 1 – Phicil

Un site comme Comixtrip.fr a plusieurs rôles. Un d’entre eux, c’est de soutenir la création et les artistes. C’est pour cela qu’aujourd’hui nous vous faisons découvrir IA des histoires comme ça tome 1, de Phicil, publié chez… Justement, pas publié chez un éditeur. Entre chronique et interview, on vous explique tout !

IA des histoires comme ça tome 1IA des histoires comme ça tome 1 : un album qui méritait un éditeur !

Alexandra et ses amis sont graphistes. Ils étudient le dessin pour devenir de vrais professionnels. Mais Cathy n’a plus envie de dessiner. Ce qui la branche, c’est l’intelligence artificielle générative. Tant pis pour leurs personnages fétiches à tous les trois, dessinés à la main. L’avenir est ailleurs. Mais le dieu Pan va donner vie à ces dessins et Alexandra ne va pas être si à l’aise que cela avec les choix de Cathy.

Phicil en quelques mots

Commençons avec un élément de contexte préalable. Qui est Phicil ? Publié depuis 2006, il a à son actif plus d’une dizaine de livres. Le dernier s’intitule Les fantômes du Mont-Blanc et il a été publié aux éditions Delcourt en 2024. Phicil, c’est une esthétique reconnaissable dès le premier trait. C’est une grande précision dans les décors et des personnages plus caricaturaux, plus cartoony. C’est un dessin riche, qui sait jouer des noirs comme des blancs, des pleins comme des vides.Phicil Philippe Gilot

IA des histoires comme ça tome 1 : L’IA c’est bien ou pas ?

L’intelligence Artificielle générative. C’est un sujet extrêmement fort pour les auteurs et autrices de bande dessinée. Quand Thierry Murat produit Initial_A à l’aide de visuels générés par IA, c’est une véritable levée de boucliers qui s’est faite dans les rangs des auteurs Delcourt. Les organisations représentatives d’auteurs sont vent debout, même si bien isolées face à des pouvoirs publics qui y voient une nouvelle révolution industrielle à exploiter.

C’est pourtant la matière dont Phicil s’empare. Avec dans ce tome 1, un prisme surprenant. Car un personnage secondaire, plutôt pro-IA, lui ressemble fortement. Professeur dans une école d’art, comme lui, il n’est jamais nommé. Mais il défend la nécessité de former les étudiants à cette nouvelle technologie, face à un collègue qui dénonce cette évolution et l’introduction de l’ennemi dans les cours des futurs professionnels. Avec des héros étudiants partagés en deux camps, on ne sait pas vraiment de quel côté penche réellement l’auteur.

IA des histoires comme ça tome 1 page 62Quand la création prend vie, que faut-il penser ?

Alors peut-être faut-il regarder du côté de la seconde partie du récit. Car si l’on suit le trio estudiantin, on suit aussi leurs trois créations personnelles. Trois personnages issus de leur imaginaire, de leur crayon, qui vont prendre vie grâce à un deus ex machina. Cette intelligence humaine, cette force créative originale, c’est la seconde trame du récit. Ils sont perdus, ils se sentent abandonnés, voir, ils commencent à disparaître. Alors quelque chose nous dit que le message de fond de l’auteur pourrait bien se trouver de leur côté.

Ce premier tome ne permet pas encore de comprendre exactement ses intentions. Mais il serait surprenant qu’un auteur aussi sensible que Phicil en vienne à accepter la destruction de ces personnages. De SES personnages pourrait-on dire. La grenouille ? Issue de Georges Frog, sa première série publiée chez Carabas ? La jeune femme à casquette ? Elle aurait quelque chose de l’héroïne des Fantômes du Mont-Blanc… Coïncidences ? Difficile à croire. Mais les réponses viendront dans le tome 2.

IA des histoires comme ça tome 1 nous offre ce que l’on aime de Phicil

Nous parlions en début d’article de l’identité graphique de Phicil. Elle est parfaitement respectée dans IA des histoires comme ça tome 1. C’est exactement ce que l’on a l’habitude de trouver dans ses précédents albums et que l’on aime. Avec le réalisme de La France sur le pouce autant que le dessin animalier plus en rondeur de Zen – Méditation d’un canard égoïste.
Notons quand même qu’étant totalement à son compte sur ce projet, Phicil semble avoir choisi de se passer de mise en couleur. Il remplace cela par un noir/blanc/bleu parfaitement maîtrisé qui ne nous fait pas regretter sa palette chromatique habituelle. La lisibilité est idéale et c’est bien ce qui compte.IA des histoires comme ça tome 1 pages 8-9

L’auteur a parfaitement pensé son objet

Terminons en parlant aussi de la forme. C’est un album carré que propose l’artiste. Ce faisant, cela induit un découpage très particulier, entre une et six cases. Mais le parti pris est maîtrisé et les planches ne souffrent pas de cette moindre hauteur. Chaque page semble faire sens dans la narration.

Ces pages ont été reproduites sur un papier rigide, épais et brillant très agréable à manipuler. Et elles ont été reliées à la main par Phicil lui-même, avec une reliure ficelle japonaise qui donne un rendu unique au livre final.

Achetez IA des histoires comme ça tome 1

Alors voilà, osez découvrir IA des histoires comme ça tome 1, de Phicil. Soutenez un auteur qui possède une véritable identité graphique et narrative en achetant sur son site. Une originalité et une personnalité que n’aura jamais l’intelligence artificielle…

Article posté le jeudi 19 mars 2026 par Yaneck Chareyre

IA des histoires comme ça tome 1
  • IA des histoires comme ça tome 1
  • Auteur : Phicil
  • Éditeur : Autoédition
  • Date de publication : 12 mars 2026
  • Prix : 18€

 

 

À propos de l'auteur de cet article

Yaneck Chareyre

Journaliste , critique et essayiste BD depuis 2006.

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