Trois histoires comme trois nouvelles sont au cœur du nouvel album de Jason, le plus français des auteurs norvégiens. Entre fantastique et humour, La mort à Trieste est un recueil savoureux édité par Atrabile.

L’affaire Magritte
Mademoiselle Bell et monsieur Delon sont missionnés sur un étrange dossier. Paul Lambert, plombier de son état et homme lambda, a été touché par une “dépression Magritte”. Après avoir accroché un tableau du célèbre peintre sur son mur, il a été perturbé mentalement.
Cette reproduction peinte il y a moins de trois semaines serait la piste. Le duo d’enquêteurs se met alors en route…
Ce premier court récit de Jason sent bon les séries policières américaines des années 60. Comme un goût de Chapeau melon et bottes de cuir et de Prisonnier, le tout mâtiné d’absurde flirtant avec le fantastique. Avec des hommes mystérieux et des scènes de combats assez stylisées.

La mort à Trieste
Berlin dans les années 1920. Alors que l’œuvre destructrice et tyrannique d’Hitler s’avance pas à pas, Raspoutine est immortel ! Il se relève malgré des balles de revolver à bout portant !
L’entre deux guerres voit l’avènement du Dadaïsme, tandis que Marlène Dietrich chante. Mais que peuvent bien venir faire Nosferatu et David Bowie dans cette histoire ?
La mort à Trieste voit son espace-temps se distendre. Une jolie manière pour Jason d’aborder la montée du nazisme par l’entremise de l’art et de la politique de gauche. En somme, de tous ceux qui ont senti venir et ont tenté de résister.

Sweet dreams
Avalon parle avec un Géant de l’île de Pâques. Ce dernier lui fait une prédiction. Les ténèbres arrivent. Ces ténèbres prennent alors la forme d’une météorite qui menace la Terre.
Entre secte et momies en folie, des artistes de la New Wave doivent trouver une solution pour détourner l’astéroïde…
L’art est le point commun des trois histoires qui composent le recueil La mort à Trieste. René Magritte, le Dadaïsme et la New Wave entrent en résonance avec l’actualité plus ou moins ancienne. Et si l’art pouvait sauver notre monde des menaces délétères qui foncent sur lui ? Jason, dans son style reconnaissable animalier en noir et blanc, tente de réponde à cette vaste question. Il glisse de nombreuses références dans ces récits construites comme des nouvelles. Pour pimenter le tout, il n’hésite pas à utiliser un humour décalé et du fantastique.
La mort à Trieste est encore un ovni joyeux de Jason. Une belle surprise !
- La mort à Trieste
- Auteur : Jason
- Traducteur : Christophe Gouveia Roberto
- Éditeur : Atrabile
- Collection : Hors Collection
- Prix : 18 €
- Parution : 14 février 2025
- Nombre de pages : 176
- ISBN : 9782889231508
Résumé de l’éditeur : La Mort à Trieste, le nouveau livre de Jason, le plus français des auteurs norvégiens, présente trois histoires distinctes mais qui, toutes les trois, s’amusent et jonglent avec les références pour créer des hybridations inédites. Dans L’Affaire Magritte, deux super agents façon Chapeau melon et bottes de cuir doivent faire face à des disparitions mystérieuses liées au monde surréaliste du célèbre peintre belge. Dans La Mort à Trieste, qui donne son titre au livre, nous voilà propulsés dans le Berlin des années 20, où l’on croise des dadaïstes, Raspoutine, David Bowie en voyageur du temps, Nosferatu, Marlène Dietrich – et l’ombre du nazisme qui vient. Enfin dans Sweet Dreams, les «Nouveaux Romantiques» des années 80, version super-héros, doivent sauver le monde de l’arrivée inexorable d’une dangereuse météorite. Le tout est raconté dans le style si caractéristique de Jason, avec une belle économie de moyen et un humour pince-sans-rire qui fait mouche. Si les références et clins d’oeil sont légion, ils n’empêchent jamais d’apprécier ces histoires pour ce qu’elles sont, des nouvelles fantastiques, drôles et décalées, jouant avec les codes et les archétypes des récits d’aventures, et racontées avec une joie et un plaisir communicatifs.
À propos de l'auteur de cet article
Damien Canteau
Damien Canteau est passionné par la bande dessinée depuis une trentaine d’années. Après avoir organisé des festivals, fondé des fanzines, écrit de nombreux articles, il est toujours à la recherche de petites merveilles qu’il prend plaisir à vous faire découvrir. Il est aussi membre de l'ACBD (Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée) et co-responsable du prix Jeunesse de cette structure. Il est le rédacteur en chef du site Comixtrip. Damien modère des rencontres avec des autrices et auteurs BD et donne des cours dans le Master BD et participe au projet Prism-BD.
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