Le syndrome de l’imposture

Fred Neidhardt a fait de la farce une seconde nature. Et un métier. Celui qui a piégé les plus grands médias français raconte ses canulars dans un album plein d’humour et de questionnements, Le syndrome de l’imposture.

Peut-on rire de tout ?

On ne tranchera pas ici cette sempiternelle question : Peut-on vraiment rire de tout ? Et si oui, par quels moyens y parvenir sans se mettre à dos une large part de ses concitoyens ?

Avec Le syndrome de l’imposture (sous-titrée Profession : farceur sans limites ) publié en ce début d’année par Niffle, le scénariste et dessinateur Fred Neidhardt tente d’y répondre. Il nous introduit dans les coulisses de ses canulars réalisés dans les années 2000 pour le compte de journaux, tels L’Echo des Savanes ou encore pour la télévision.

Vachard et potache

Dans cette autobiographie humoristique, on découvrira comment celui qu’on surnommait Spirou dans ses années collège a grandi avec cet humour à la fois vachard et potache qui fit plus tard sa marque de fabrique.

A l’instar d’un Laurent Baffie ou d’un Rémi Gaillard, Neidhardt se fait connaître avec des canulars à la télévision, dans des émissions grand public stars des années 2000 comme C’est mon choix ou Ça se discute, ces talk show pas toujours de bon goût qui prétendaient alors lever tous les tabous encore à l’œuvre dans la société.

L’humour, arme de dérision massive

Avec un dessin plutôt efficace, un peu à la manière d’un Riad Sattouf (avec lequel il travaillera notamment dans le film Les Beaux gosses) Fred Neidhardt revisite une douzaine de ses canulars les plus célèbres ou les plus trash… C’est par exemple ce radin compulsif qui offre des fleurs venant du cimetière pour la Saint Valentin à sa femme, avouant à la télé ne tirer une chasse d’eau qu’une fois par semaine pour faire des économies…

Parfois seul ou avec son complice Fabrice Tarrin, on le retrouve en costume cravate pour tenter de corrompre un maire pour obtenir son parrainage, en terroriste, en maniaque sexuel, en handicapé au Téléthon, en faux conseiller en communication pour une  candidate à la Mairie de Paris…

Utilisant l’humour comme arme de dérision massive, ce « farceur sans limites » s’interroge aussi parfois sur les comportements induits par ses mises en scène. Jusqu’où ne pas aller trop loin quand on est déjà parvenu à ce point de l’imposture. D’autant que par instants, les filles de l’auteur, ados, trouvent que leur père « abuse » et crée, terme très actuel, de la « gênance » avec ses blagues.

Avant les réseaux sociaux

Provocateur, un peu  » border  » parfois, ce farceur impénitent nous replonge dans ces 128 pages dans un monde qui nous paraît si lointain et pourtant encore si proche. Un monde d’il y a un quart de siècle, dans lequel les réseaux sociaux n’en étaient qu’à leur balbutiement.

La presse magazine, la radio et la télévision avaient alors le monopole sur le créneau de la provocation et de l’humour trash. Né en 1966, Fred Neidhardt a grandi avec elles.

En fin d’album, comme pour achever de convaincre son lecteur, il propose un petit cahier photo, « histoire de prouver que tout ça est vrai ».

Article posté le vendredi 27 février 2026 par Jean-Michel Gouin

Le syndrome de l'imposture de Fred Neidhardt (éditions Niffle)
  • Le syndrome de l’imposture
  • Scénario et dessin : Fred Neidhardt
  • Editeur : Niffle
  • Parution : 13 Février 2026
  • Prix : 21,50 €
  • ISBN : 9791034770212

Résumé de l’éditeur. Quand Fred Neidhardt ne fait pas de la BD, il fait des impostures ! Il mêle ici ses deux passions dans un témoignage autobiographique interrogeant sans fard mais avec humour son comportement ainsi que les rapports haine/amour entre notre société et l’exposition médiatique. Du Téléthon à C’est mon choix, de Delarue à Ardisson, Neidhart a osé tous les canulars et ose maintenant en parler en toute honnêteté !

Découvrez toutes les coulisses des célèbres canulars de Fred Neidhardt dans une autobiographie introspective et délirante, au coeur des plus grands médias français !

À propos de l'auteur de cet article

Jean-Michel Gouin

Passionné par l'écrit, notamment l'histoire, la littérature policière et la bande dessinée, Jean-Michel Gouin a été journaliste radio et presse écrite pendant une trentaine d'années à Poitiers.

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