Dans la montagne, Wan fait la rencontre de Yeon, un dieu renard. Entre eux va naître une amitié profonde mais aussi l’envie de découvrir le monde de l’autre. Dans le premier tome de son diptyque, Le vent qui descend de la montagne, Sam Guillem convoque les plaines de la Corée féodale et ses divinités, aux éditions Kinaye.

Au creux de la montagne
Par bien des aspects, Le vent qui descend de la montagne est un titre qui invite au voyage. On se promène entre ces pages, on explore les environs et on apprend des éléments épars du folklore coréen. C’est doux, finement dessiné, avec des planches muettes contemplatives particulièrement évocatrices.

L’univers du Vent qui descend de la montagne est doux et délicatement ciselé. Au fil des pages, on apprend à connaître les différents personnages, leurs fragilités, leur essence même. Wan est curieux, joueur, aventureux. Yeon est un dieu dont le statut lui père, curieux lui aussi mais timide, presque peureux. La vie lui a appris à se méfier. Comme un contraste à ces personnages, Mogoï, le dieu serpent sournois, apparaît comme une menace. La symbolique du serpent dépasse le folklore coréen, évoque le danger qui rôde, invisible. C’est aussi lui qui creuse le gouffre entre les mondes : celui des hommes et celui de la nature, celui des humains et celui des dieux.
Une randonnée symbolique
Ce premier tome se compose presque comme une balade. On se promène sur des chemins verdoyants, à la découverte de la nature. Wan, bien qu’humain, se tient éloigné de la ville, comme si elle cristallisait tout ce qu’il ne cautionne pas, que ce soit dans le danger, la cupidité, les valeurs négatives des hommes qui l’habite.

Ode à l’amitié et à la confiance, ce premier tome pose les bases et s’ouvre comme une parenthèse enchantée. Bien sûr, le monde n’est pas tout rose et nous nous doutons que les personnages le découvriront à leurs dépens dans la suite.
En attendant, c’est un plaisir de découvrir la plume de Sam Guillem. Particulièrement efficace dans les décors et les scènes de randonnée et de contemplation, l’auteur met tout son talent dans des scènes muettes qui nous en disent plus sur la relation naissante entre Wan et Yeon que mille mots. L’efficacité de son trait, le côté très léger de ses courbes rappellent le vent omniprésent dans cette histoire. Le côté poétique et onirique du titre est si bien mis en avant qu’on en oublie un la jeunesse du trait ou la naïveté de certaines scènes ou réactions des personnages.

Le vent qui descend de la montagne s’inscrit dans la droite lignée des titres de chez Kinaye qu’on adore découvrir, après Strange Bedfellows, La fée et la jardinière ou encore The Pale Queen. Un titre délicat et très beau, dont on a hâte d’avoir la fin !
- Le vent qui descend de la montagne – Tome 1
- Auteur : Sam Trouillas Guillem
- Editeur : Kinaye
- Prix : 21,90 €
- Parution : 5 septembre 2025
- Nombre de pages : 144 pages
- ISBN : 9782357992412
Résumé de l’éditeur : Dans cet univers inspiré de la Corée féodale, les états d’âme des hommes façonnent le monde et donnent vie à leurs divinités : des êtres tantôt bons, tantôt malveillants, soumis au cœur changeant de leurs créateurs. Lorsque le jeune Wan part à la découverte du monde, il fait la rencontre de Yeon, un dieu renard immortel et prisonnier de sa montagne. Petit à petit, les deux êtres vont apprendre à se connaître et à s’apprivoiser, mais c’est sans compter sur les manigances funestes de Mogoï, un dieu serpent habité par la rancœur.
À propos de l'auteur de cet article
Bénédicte Coudière
Journaliste spécialisée en bande dessinée mais aussi en jeux vidéo depuis près de 15 ans, conférencière, autrice et plein d'autre chose encore ! Membre de l'ACBD (Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée), elle est passionnée d'art et de narration, d'exploration de papier et de pleins d'autres choses encore.
En savoir