Les liens du sang

Alors adolescent, Seiichi se rend compte que sa mère entretient une relation toxique avec lui. Shuzo Oshimi met en scène cet éveil dans Les liens du sang, un admirable manga chez Ki oon.

Sei collégien trop couvé

Dès le matin, Sei est chouchouté par sa mère. Elle le réveille en douceur, lui prépare de la brioche à la viande et marque même tous ses vêtements à son nom.

De son côté, son père, peu présent parce que trop accaparé par son travail, ne se rend pas compte que son fils est trop couvé.

Au collège, il est chambré gentiment par ses copains. Ce jour-là, c’est piscine. Il est très attiré par Yuiko, une très jolie brune.

Le rêve du chat

Le soir, Sei se confie à sa mère concernant un rêve. Il se souvient très bien d’une scène à l’âge de 3 ans où avec elle, ils trouvèrent un beau chat blanc gisant sur le sol. Etonnée, sa mère lui propose un câlin, compliqué lorsque l’on est un jeune adolescent.

Le lendemain, sa tante et Shige, son cousin, viennent leur rendre visite. S’entendant à merveille, les deux adolescents passent leur temps dans la chambre de Sei.

Son cousin tente alors de lui faire comprendre qu’il est trop chouchouté par sa mère. Jusqu’à présent, il n’en n’avait pas conscience…

Les liens du sang : relation toxique

Après ses magnifiques séries Les fleurs du mal et Dans l’intimité de Marie, Shuzo Oshimi explore de nouveau les tréfonds des âmes adolescentes. Avec Les liens du sang, il met en scène la relation toxique d’une mère sur son fils.

Le premier volume de cet impressionnant manga fait comprendre à Sei que sa mère ne se comporte pas comme elle le devrait.

Pourquoi a-t-elle ces réactions ? Comment en est-elle arrivée là ? Est-ce un comportement qu’elle a depuis la naissance de Sei ? Pourquoi le père n’intervient-il pas ? Toutes ces questions se posent à la fin de la lecture de ce premier opus. Les éclaircissements ne sont pas encore levés.

Amour maternel surprotecteur et surdimensionné

S’il semble tout à fait logique que des parents protègent leurs enfants, s’inquiètent pour leur avenir ou leur santé, il semble étonnant cette disproportion de la mère pour son enfant dans Les liens du sang. Cette surprotection n’aide en rien le pauvre adolescent.

Surtout que cette période charnière dans une vie, souvent l’on se rebelle contre l’autorité donc souvent en premier lieu à celle de ses parents. L’amour filial se distend et se place alors vers les autres, ici Yuiko. La mère sera-t-elle jalouse de cette potentielle relation ? Verra-t-elle alors s’éloigner son enfant ?

Une histoire réaliste et juste

L’une des forces de Les liens du sang réside dans la justesse apportée par Shuzo Oshimi. Cet emprisonnement physique mais avant tout mental est mis en scène avec un grand réalisme. L’intrigue se met en place lentement, au même rythme que Sei commence à comprendre.

Les planches du mangaka japonais font avant tout la part belle aux personnages. Les émotions se lisent facilement sur leurs visages. Hachures et traits fins apportent les ombres et les matières de belle manière.

Les liens du sang : atmosphère pesante et juste pour une belle histoire dramatique.

Article posté le mercredi 27 mars 2019 par Damien Canteau

Les liens du sang 1 de Shuzo Oshimi (Ki oon / Shogakukan)
  • Les liens du sang, volume 1
  • Auteur : Shuzo Oshimi
  • Éditeur : Ki oon, collection Seinen
  • Prix : 7.90€
  • Parution : 04 avril 2019
  • ISBN : 9791032704349

Résumé de l’éditeur : Vue de l’extérieur, la famille du jeune Seiichi est des plus banales : un père salarié, une mère au foyer, une maison dans une ville de province… L’adolescent va à l’école, joue avec ses amis, est troublé quand il pose les yeux sur la jolie fille de la classe. Tout est normal… ou presque. Il ne s’en rend pas compte lui-même, mais sa mère le couve beaucoup trop. Seiko traite encore son fils comme un bébé et, avec un mari toujours absent, son monde est d’autant plus centré autour de Seiichi. Ce dernier est incapable de résister : il se laisse lentement emprisonner dans le cocon. Trop jeune, il ne décèle pas la folie cachée derrière l’amour maternel. Jusqu’à ce qu’il soit trop tard…

À propos de l'auteur de cet article

Damien Canteau

Damien Canteau

Damien Canteau est passionné par la bande dessinée depuis une vingtaine d’années. Après avoir organisé des festivals, fondé des fanzines, écrit de nombreux articles, il est toujours à la recherche de petites merveilles qu’il prend plaisir à vous faire découvrir. Il est aussi membre de l'ACBD (Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée).

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