Lolita Lebrón

Le 1er mars 1954, Lolita Lebrón et ses camarades entrent dans le Capitole à Washington tirent en l’air et brandissent le drapeau portoricain. C’est le début de l’aventure de la tentative d’indépendance de Porto Rico, incarnée par cette militante révolutionnaire. John Vasquez Mejias relate son parcours dans un superbe portrait dessiné édité par Ici bas.

1937, massacre à Ponce

Dimanche des Rameaux. Une marche pacifique est organisée par le Parti nationaliste de Porto Rico pour protester contre l’incarcération de Pedro Albizu Campos, dirigeant du mouvement. Elle se termine dans le sang. Il y a 21 morts.

C’est cet événement tragique qui fait basculer la vie de Lolita Lebrón. Jusqu’alors, cette jeune femme née le 19 novembre 1919 vivait modestement avec ses parents et ses quatre frères et sœurs à Lares, à une centaine de kilomètre de la capitale, San Juan.

De New York…

Lolita Lebrón rejoint ainsi la mouvance nationaliste et indépendantiste. Ses camarades et elle souhaitent le départ des Américains de leur île.

Quelques années plus tard, elle s’installe à New York et travaille dans des usines comme couturière.

“Je vais mourir pour Porto Rico”

Elle croise alors la route de membres du Parti nationaliste de Porto Rico. Lolita enchaîne les réunions et meetings. Elle est hypnotisée par la stature et les idées de Pedro Albizu Campos, président du mouvement révolutionnaire.

… À Washington

Jusqu’à ce fameux 1er mars 1954. Avec quelques camarades, elle prend le train jusqu’à Washington. Ils ont l’intention d’attirer les regards des Américains sur le statut de leur île.

“¡Viva Puerto Rico Libre!” (Longue vie à une Porto Rico libre)”

Ils entrent dans le Capitole. Elle déploie le drapeau de Porto Rico puis ses camarades et elle tirent au revolver. C’est la panique. Des législateurs et un représentant sont touchés.

Ils sont arrêtés et écopent d’une peine de prison. Ils restent enfermés pendant 25 ans et sont graciés par Jimmy Carter en 1979.

Image of Lolita Lebrón's 1954 arrest at the Congress, Washington D.C. Moved from English Wikipedia.

Arrestation de Lolita Lebron au                         Capitole en 1954

Lolita Lebrón, révolutionnaire, féministe et activiste

Après Et l’île s’embrasa, John Vasquez Mejias poursuit son œuvre : raconter l’histoire de Porto Rico en bande dessinée, avec ce deuxième ouvrage autour de Lolita Lebrón.

En choisissant cette figure incontournable de l’île, il donne une vraie incarnation à son entreprise. Révolutionnaire, féministe et activiste, elle est le symbole de l’indépendance de Porto Rico. Si les luttes sont nombreuses sur l’île, elle demeure encore aujourd’hui un territoire non incorporé des États-Unis.

Mais son coup d’éclat au Capitole ne reste pas vain, car de nombreux habitants aspirent encore à leur indépendance.

Lolita Lebrón : Un album passionnant et prenant

Les 128 pages de la bande dessinée se lisent d’une traite, sans temps mort. Elles sont comme le tourbillon de la vie de Lolita Lebrón : intenses et rapides.

Porto Rico, île des Caraïbes à 600 km de la Guadeloupe, nous est pourtant inconnue. À part quelques figures locales comme le chanteur Ricky Martin ou la tenniswoman Monica Puig, ou encore les clans rivaux dans la comédie musicale West Side Story, les Français connaissent mal son histoire.

Pourtant, on est conquis par la force et la puissance de cet album. En plus du portrait de Lolita Lebrón, la technique graphique de John Vasquez Mejias impressionne. L’auteur professeur d’art utilise la gravure sur bois pour ses planches. Cela donne une profondeur et renforce les expressions des personnages. Les décors comme les personnages regorgent de détails parfois surprenants parce qu’irréels.

Lolita Lebrón, portrait d’une révolutionnaire est aussi passionnant que l’album précédent. C’est une superbe description d’une femme se mêlant à l’histoire de son pays.

Article posté le mardi 27 octobre 2026 par Damien Canteau

Lolita Lebrón de John Vasquez Mejias (éditions Ici bas)
  • Lolita Lebrón, portrait d’une révolutionnaire
  • Auteur : John Vasquez Mejias
  • Traduction : Julien Besse
  • Éditeur : Ici Bas
  • Collection : Le tambour du fou
  • Prix : 25 €
  • Sortie : 16 octobre 2026
  • Nombre de pages : 128
  • ISBN : 9791090507531

Résumé de l’éditeur : 1er mars 1954. Un drapeau de Porto Rico brandi à bout de bras, Lolita Lebrón pénètre dans le Capitole à Washington D.C. et tire en l’air. Par cette intrusion spectaculaire, elle signe l’une des grandes actions du mouvement de libération de Porto Rico contre l’occupation étatsunienne. Elle le paiera d’une mise en détention jusqu’en 1979. Après Et l’île s’embrasa (sélection du Festival d’Angoulême 2024), John Vasquez Mejias retrace la vie de cette figure des luttes anticoloniales des Amériques dans une bande dessinée…

À propos de l'auteur de cet article

Damien Canteau

Damien Canteau est passionné par la bande dessinée depuis une trentaine d’années. Après avoir organisé des festivals, fondé des fanzines, écrit de nombreux articles, il est toujours à la recherche de petites merveilles qu’il prend plaisir à vous faire découvrir. Il est aussi membre de l'ACBD (Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée) et co-responsable du prix Jeunesse de cette structure. Il est le rédacteur en chef du site Comixtrip. Damien modère des rencontres avec des autrices et auteurs BD et donne des cours dans le Master BD et participe au projet Prism-BD.

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