Lune artificielle

Que se passe-t-il lorsque le progrès décide que la nuit est un problème qu’il faut résoudre ? Dans Lune Artificielle, Coke Navarro part d’une prémisse aussi déconcertante qu’inquiétante : la création d’une lune artificielle capable d’éclairer la ville pendant la nuit. À partir de cette idée, l’auteur construit un univers urbain dans lequel nous suivons deux jeunes protagonistes, Bucket Boy et Bobby Shinobi, tandis que nous découvrons peu à peu la ville dans laquelle ils vivent et tout ce qui se cache derrière ses rues, ses toits et ses différents quartiers.

Lune artificielle : LA NARRATION COMME ART

L’une des grandes qualités de Lune Artificielle réside précisément dans la manière dont Navarro développe son histoire. La narration est d’une remarquable fluidité, avançant sans précipitation, mais sans jamais perdre l’intérêt du lecteur. L’intrigue se construit progressivement : nous découvrons d’abord ses protagonistes, puis l’environnement dans lequel ils évoluent et, peu à peu, les nombreux personnages qui peuplent cette ville. Chaque quartier semble avoir ses propres règles et sa propre personnalité, tandis que ses habitants se distinguent par des caractéristiques particulières qui contribuent à développer et à enrichir l’univers imaginé par l’auteur.

Sur le plan graphique, le style de Coke Navarro est particulièrement séduisant par son mélange d’influences, où se rencontrent le manga et le langage visuel immédiatement reconnaissable de Mike Mignola. L’utilisation des noirs, les masses d’ombre, les silhouettes et des compositions très dynamiques donnent naissance à une ville dotée d’une véritable personnalité. Mais au-delà de la puissance évidente de ses images, c’est la capacité de Navarro à faire avancer le dessin et la narration de concert qui finit par devenir l’un des grands points forts de l’album.

QUE RÉSERVE L’AVENIR ?

Et tandis que les lectrices et les lecteurs découvrent peu à peu cet univers, une question demeure en arrière-plan : qu’est réellement cette Lune Artificielle ? La réponse arrivera dans le dernier acte, lorsque sa véritable nature sera révélée et, surtout, lorsque nous découvrirons les conséquences que son utilisation pourrait entraîner. Navarro réserve alors certaines des révélations les plus importantes de l’histoire, tout en laissant de nouvelles intrigues ouvertes, des secrets encore à découvrir et des questions qui invitent à réfléchir à ce qui pourrait arriver ensuite.

Lune Artificielle est ainsi un album qui prend le temps de construire son univers, en laissant ses personnages, ses quartiers et ses images donner progressivement forme à une histoire de science-fiction aussi singulière que stimulante. Une première œuvre dans laquelle Coke Navarro démontre avant tout qu’il sait raconter.

Avec Lune Artificielle chez Glénat, Coke Navarro ne se contente pas de présenter un univers fascinant : il se révèle comme un auteur qu’il faudra suivre de très près.

Article posté le samedi 10 octobre 2026 par Daniel Custer

Lune artificielle de Coke Navarro (éditioins Glénat)
  • Lune Artificielle
  • Scénario et dessin : Coke Navarro
  • Éditeur : Glénat
  • Prix : 25 €
  • Parution : 26 août 2026
  • Nombre de pages : 168
  • ISBN : 9782344073056

Résumé de l’éditeur : Dans une mégalopole dystopique où les nuits sont trop sombres et les journées trop longues, Bucket Boy et Bobby Shinobi, deux ados, tuent le temps comme ils peuvent. La nuit ils se lancent des défis urbains, entre pratique du ninjutsu et Parkour sauvage au-dessus des toits. Mais quand une start-up de la tech annonce la mise en orbite d’une mystérieuse « Lune Artificielle » destinée à éclairer la Terre en continu, tout bascule. Toutes sortes de rumeurs se mettent à circuler, des théories farfelues se propagent, la désinformation envahit les réseaux et la population reste rivée sur les écrans.

À propos de l'auteur de cet article

Daniel Custer

Vulgarisateur, chroniqueur, scénariste et membre de l'ACDComic espagnol. Lecteur passionné et consommateur avide de tout ce qui touche au monde de la bande dessinée. Le neuvième art, c'est la vie.

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