No direction

Emmanuel Moynot  nous livre avec No Direction édité chez Sarbacane un superbe récit choral torturé et violent, dans une Amérique où tout est possible.

Jeb et Bess deux jeunes torturés

Jebediah (Jeb) est un jeune homme parti très vite de chez son père violent. Bessie (Bess) serveuse dans un bar est une jeune femme paumée qui aspire à une vie meilleure.

Jeb est un tueur en série qui tue et émascule toutes ses victimes.  Il tue uniquement des hommes violents physiquement et sexuellement.

Après avoir émasculé sa dernière victime Jeb s’arrête pour boire un verre dans le bar où travaille Bess. Un couple ivre agresse Jeb, qui garde son calme jusqu’à ce qu’il se fasse frapper.

L’homme est tué par Jeb à coup de couteau, la femme par Bess à coup de fusil. Commence alors leur road trip sanglant.

No Direction un mélange de « Telma et Louise » et « Reservoir Dogs »

Jeb et Bess ne sont pas les seuls personnages de ce récit choral. On y croise entre autres Maxine et ses deux fils, Bo la brute épaisse, le Pasteur Cletus amateur de jeunes filles, le représentant d’aspirateurs (non ce n’est pas celui de « Il faut flinguer Ramirez« ) qui roule en Camaro, Colleen Thomson l’agent spéciale qui est à la poursuite des tueurs, une famille de culs-terreux violente avec leur fils adoptif. Toutes ces personnes se croisent sans vraiment se rencontrer, du moins pas avant le final à Los Angeles.

Cette histoire est un mélange savamment dosé entre le film choral Réservoir Dogs de Quentin Tarentino et le road trip contre les hommes violents de Telma et Louise de Ridley Scott.

No Direction un récit choral bien cadencé

Emmanuel Moynot est un auteur dessinateur à succès, on lui doit notamment La pension des deux roses  chez Magic-Strip et la série des Nestor Burma chez Casterman qu’il confiera par la suite à Tardi.

Pour cet album, il a décidé de découper chaque chapitre (enfin double chapitre) en huit pages comme pour un comics. Tous les chapitres sont en bichromie. Le découpage, le récit choral et le choix des couleurs (différentes en fonction des chapitres) rend l’histoire très dynamique et retranscrit à merveille le caractère et l’esprit noir du récit.

C’est véritablement bien construit. Le lecteur est happé par les « méchants » qu’il n’arrive pas à détester et les « gentils » qui ont des failles.

No direction mérite amplement la sélection pour le Fauve Polar SNCF à Angoulême en 2020.

Article posté le dimanche 26 janvier 2020 par Yoann

No direction de Emmanuel Moynot (Sarbacane)
  • No Direction
  • Scénario : Emmanuel Moynot
  • Dessin : Emmanuel Moynot
  • Éditeur : Sarbacane
  • Prix : 24,00 €
  • Parution : 02 Octobre 2019
  • ISBN : 9782377313051

Résumé de l’éditeur : Dans ce récit choral, Emmanuel Moynot suit « caméra à l’épaule » deux jeunes tueurs en série, Jeb et sa petite amie Bess, en cavale sanglante dans une Amérique déglinguée et crasseuse.

En vingt chapitres coup de poing, montés en 8 pages comme des comics, on va croiser tour à tour les destins de la belle Maxine et de ses deux fils, de Bo sa brute épaisse de compagnon, du Pasteur Cletus, plus amateur de jeunes filles que de vin de messe, d’un représentant d’aspirateurs qui sillonne les routes en Camaro, d’un motard juché sur une Norton Commando… Et pendant que Jeb et Bess sèment les cadavres sur leur route, Brett Edmund, le shérif adjoint de Sugar Grove mène l’enquête, en essayant de ne pas entraver celle de l’agent spécial Thomson, jolie blonde venue de l’Est..

À propos de l'auteur de cet article

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Yoann

Yoann Debiais est un amoureux de la bande dessinée depuis de nombreuses années. Le temps et les rencontres lui ont permis de s'ouvrir à des lectures plus humaines et plus profondes. Il partage sa passion sur Instagram sous le compte @livressedesbulles. N'hésitez pas à découvrir son univers fait de partages.

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