Au département de Dénomination, deux enquêteurs vont devoir faire face à des affaires qui les dépassent. Ralf, celui qui commande aux loups, et Ursula, l’Ourse, forment une équipe de choc ! Scénarisé par Rafal Jaki et dessiné par Machine Gamu, No\Name est une série courte de deux volumes particulièrement explosive, aux éditions Kurokawa.

Chaque nom possède son pouvoir
Au Nordic Name Bureau (NNP), Ralf et Ursula se retrouvent sur une affaire d’enlèvement d’enfant. Pourquoi la mère est-elle partie avant que son enfant ne se soit vu attribuer un nom-pouvoir ? Que cache Bodil, le père, dont le nom signifie “Commandeur” ? Et si tout ceci n’était que le point de départ pour une affaire encore plus grande ?

Vous avez peut-être déjà croisé, sans le savoir, la route de Rafal Jaki, scénariste de No\Name. Il a en effet travaillé sur la série Netflix Cyberpunk: EdgeRunner, ainsi que sur le jeu The Witcher 3.
C’est cette fois du côté du manga que l’on retrouve sa plume, à travers une série en deux volumes particulièrement efficace. D’autant que l’intrigue est sublimée par le trait de Machine Gamu, qui signe ici son premier manga. On apprécie tout particulièrement la dynamique de ses planches et de ses cases. On a presque l’impression de les voir bouger, tant le rythme s’adapterait parfaitement à une adaptation animée du titre.
En deux tomes uniquement
C’est à la fois un point positif et un point négatif : No\Name est uniquement en deux volumes. Or on a envie d’en savoir plus. L’univers développé est d’une grande richesse. On le touche du doigt, évoquant les complots politiques, l’importance des noms-pouvoirs, les formes différentes qu’ils peuvent prendre. Le duo formé par Ralf et Ursula est attachant, même s’il reprend les dynamiques classiques de ce genre de duo.

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No\Name nous dépeint une société basée sur la dénomination, avec tout ce qu’elle implique de pouvoirs et de rang social. Au-delà de ça, c’est aussi une série sur le déterminisme : est-on obligé de devenir ce que notre nom nous impose ? Qu’en est-il des “no name”, celles et ceux qui restent sans nom ? Peut-on leur en donner un après l’âge limite ? Autant de questions qui posent les bases d’une société contraignante, rigide, mais pourtant tout autant sclérosée par la corruption que les autres.

Avec ces deux tomes, les auteurs vont au-delà du titre d’action ou de thriller pour proposer une variation sur le déterminisme et les complots politiques. Cela passe par la réalisation des personnages principaux, confrontés à des dilemmes moraux, obligés de faire face à leurs idéaux et à la vision biaisée qu’ils avaient du fonctionnement de leur département.

Surprenant, captivant aussi bien par son propos que par sa mise en scène et son dessin, No\Name de Rafal Jaki et Machine Gamu est une aventure dans le nord de l’Europe. Et bien que l’on regrette le côté très court de ces deux volumes, on a encore envie d’explorer cette notion de nom-pouvoir, de transformation et de transcendance.
C’est disponible aux éditions Kurokawa.
- No\Name – Tomes 1 et 2
- Auteur : Rafal Jaki
- Dessinateur : Machine Gamu
- Traducteurs : Akifumi Koyama, Yuichi Tashiro, Manami Suzuki
- Editeur : Kurokawa
- Prix : 7,95 €
- Parution : 15 janvier 2026
- Nombre de pages : 208 pages
- ISBN : 9791042020903
Résumé de l’éditeur : Dans un monde où le prénom d’une personne détermine ses pouvoirs, Ralf et Ursula travaillent pour le Nordic Name Bureau (NNB), chargé de contrôler ceux qui les attribuent. Appelés à enquêter sur la disparition soudaine d’une mère et de son enfant, ils commencent par rendre visite à un homme nommé Bodil, témoin clé dans l’affaire…
À propos de l'auteur de cet article
Bénédicte Coudière
Journaliste spécialisée en bande dessinée mais aussi en jeux vidéo depuis près de 15 ans, conférencière, autrice et plein d'autre chose encore ! Membre de l'ACBD (Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée), elle est passionnée d'art et de narration, d'exploration de papier et de pleins d'autres choses encore.
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