Fuyant un maître qui le maltraite, Julian s’embarque clandestinement sur un navire négrier. A bord, cent autres esclaves qu’il rejoint après s’être fait prendre. Mais sur la mer, les lois des hommes ne s’appliquent pas. Les eaux maudites de Centuria, de Tohru Kuramori, aux éditions Kurokawa, vont se révéler bien plus dangereuses et cruelles que la terre des hommes.

La nouvelle saga de dark fantasy
Une édition deluxe pour Berserk, le retour de Ubel Blatt avec la publication de sa suite, on peut dire que la dark fantasy revient en force. Et la nouvelle série de chez Kurokawa, Centuria, n’a pas à rougir de se retrouver dans les rayonnages des librairies aux côtés de ces géants. Mélangeant univers violent et cruel et mythologie lovecraftienne, ce premier volume se révèle particulièrement graphique.

D’autant que Centuria joue avec nos espoirs. A bord du navire remplis d’esclaves, Julian fait la rencontre de Mira, une femme enceinte qui espère encore une vie meilleure. Elle déplore le manque d’amour qu’a connu Julian, l’aime comme son propre fils, lui fait espérer, l’espace de quelques pages, une vie meilleure et plus douce malgré son statut. Mais l’océan est une maîtresse cruelle et quand une créature des abysses lui propose un marché, Julian n’a pas le choix : le sacrifice de Mira doit le maintenir en vie. Désormais doté de la force de cent hommes, Julian s’est fait une promesse : protéger l’enfant de Mira des souffrances de ce monde.
Une série qui commence bien

Centuria débute plutôt bien. Les noirs intenses côtoient les lignes puissantes qui donnent vie aux monstres et créatures marines. On sent l’influence de Lovecraft dans l’élaboration de celles-ci, mais aussi d’auteurs comme Junji Ito ou Tsutomu Nihei. L’auteur de Centuria, Tohru Kuramori a d’ailleurs été l’assistant de Tatsuki Fujimoto, le mangaka de Chainsaw Man.

Fort de ces inspirations et de ces expériences, Tohru Kuramori livre des planches puissantes, violentes, remplis de nombreux détails et avec une gestion du noir et blanc particulièrement intense. Les dessins mettent en lumière les différents thèmes du titre. Centuria parle de l’équilibre entre espoir et désespoir, du déterminisme de l’humain et de sa capacité à s’accrocher malgré les épreuves.

La série commence bien. Ce premier tome pose les personnages, l’intrigue, met en lumière les thèmes tout en nous posant de nombreuses questions. La fin de ce premier opus a l’avantage d’ouvrir le récit, de proposer une lueur d’espoir dans un monde cruel. Reste à savoir comment nos personnages vont s’accrocher à cet espoir malgré les épreuves !
- Centuria – tome 1
- Auteur : Tohru Kuramori
- Dessinateur : Tohru Kuramori
- Editeur : Kurokawa
- Prix : 7,95 €
- Parution : 26 juin 2025
- Nombre de pages : 192 pages
- ISBN : 9791042020330
Résumé de l’éditeur : Aspirant à la liberté, le jeune Julian embarque clandestinement à bord d’un navire d’esclaves. Très vite, il se lie d’amitié avec les cent esclaves à bord, notamment avec Mira, une femme enceinte. Or tous ignorent la tragédie qui les attend dans la zone maritime réputée maudite…
À propos de l'auteur de cet article
Bénédicte Coudière
Journaliste spécialisée en bande dessinée mais aussi en jeux vidéo depuis près de 15 ans, conférencière, autrice et plein d'autre chose encore ! Membre de l'ACBD (Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée), elle est passionnée d'art et de narration, d'exploration de papier et de pleins d'autres choses encore.
En savoir