Police lunaire

Après Vous êtes tous jaloux de mon jetpack, Police lunaire est le deuxième album de Tom Gauld nommé en Sélection Officielle à Angoulême.

ETRE POLICIER SUR LA LUNE

Le seul agent de police sur la Lune est plutôt heureux : les habitants se tiennent bien, les affaires sont inexistantes et le taux d’élucidation à son taux maximum.

Se déplaçant dans son engin spatial, il écume les vastes régions du satellite de la Terre; son quotidien ne se résumant qu’à quelques aides aux habitants, se ravitailler au Lunamart, aller acheter des donuts à la borne et se prélasser chez lui.

LA LUNE SE VIDE

Mais voilà, la Lune se vide de ses habitants. Les 14 appartements de l’immeuble du policier ne sont plus habités que par quelques pionniers lunaires et la borne à donuts est démantelée. Sa seule mission se résume à chercher un chien perdu par sa propriétaire. Il croise le Lunarbus qui n’a qu’une seule passagère; cela le rend triste. Il décide alors de faire sa demande de mutation vers la Terre, lui qui habite depuis de nombreuses années ici.

POLICE LUNAIRE : TRÈS BEL ALBUM MELANCOLIQUE ET DÉSABUSE

Après Goliath (L’Association) et Vous êtes tous jaloux de mon jetpack (2024), Tom Gauld dévoile une très belle fable se déroulant sur la Lune. Teinté de mélancolie et d’un humour subtil fait de non-sense, son récit est un brin désabusé. Il met en scène les pionniers lunaires et un agent de police qui ne veulent plus habiter sur le satellite de la Terre. Ils ont le blues de la Terre et décident de déserter.

Pourtant tout était beau sur la Lune : technologie de pointe dernier cri, jobs nouveaux et aucuns incidents majeurs à noter. Les pionniers devaient pouvoir vivre aussi bien ici que sur la Planète Bleue. Mais la réalité est tout autre : le sol est plat, il ne se passe rien, les colons communiquent très peu entre eux et quand ils le font c’est à l’aide de talkie-walkie. De plus, ils se sont éloignés les uns des autres, restant sous leurs cloches (pour respirer, la maison de la grand-mère, le Lunardonuts…)

PERSONNAGES ELANCES ÉLÉGANTS

Police lunaire est un album comportant peu de dialogues, il a donc fallu à Tom Gauld de développer une partie graphique très cinématographique. Son trait fait de nombreuses hachures est d’une très grande force. Les paysages et décors sont a minima (beaucoup de grands aplats bleutés et un sol très plat) pour laisser toute la place à ses personnages longilignes élégants.

Article posté le lundi 09 janvier 2017 par Damien Canteau

Police lunaire de Tom Gauld (2024) décrypté par Comixtrip le site BD de référence
  • Police lunaire
  • Auteur : Tom Gauld
  • Éditeur : 2024
  • Prix : 17€
  • Parution : 21 octobre 2016

Résumé de l’éditeur : « Tout d’un coup, j’ai réalisé que ce minuscule petit pois, bleu et joli, était la Terre (…) Loin de me croire un géant, je me suis senti petit, tout petit. » Neil Armstrong, 1970. Le policier de la Lune arpente sans relâche la vaste étendue rocailleuse. À bord de sa navette à la pointe de la technologie, il patrouille pour protéger les braves citoyens de la colonie lunaire. Mais les tours à la machine à donuts et les conversations techniques avec son robot-compagnon sont les deux seules occupations qu’un insolent taux de criminalité de 0 % lui impose. Le dernier flic de la lune s’ennuie. Sa solitude témoigne de l’échec de la plus ancienne colonie humaine dans l’espace. Partie à la conquête d’une nouvelle Terre Promise, la société pleine d’espoirs s’est pris les pieds dans le tapis gris à poils ras de la modernité… Avec Police Lunaire, Tom Gauld propose un drame à rebours d’un film d’action qui montre que la conquête spatiale mène successivement à la désillusion, à la solitude et aux donuts. Après son truculent recueil Vous êtes tous jaloux de mon Jetpack et l’excellent Vers la ville, road-movie à la Beckett, Tom Gauld livre un nouveau récit drôle et mélancolique sur l’absurdité de nos civilisations technologiques.

À propos de l'auteur de cet article

Damien Canteau

Damien Canteau

Damien Canteau est passionné par la bande dessinée depuis une vingtaine d’années. Après avoir organisé des festivals, fondé des fanzines, écrit de nombreux articles, il est toujours à la recherche de petites merveilles qu’il prend plaisir à vous faire découvrir. Il est aussi membre de l'ACBD (Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée).

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