Streamliner #2 – All-in day –

Seulement cinq mois après la découverte du premier tome de Streamliner, ‘Fane revient avec All-in day, titre qui clôt ce diptyque à couper le souffle. Nous avions laissé les quarante concurrents sur la ligne de départ. Et excepté le fait de savoir si le vieil et légendaire O’Neil pourra conserver ses terres avec sa fille, une autre question demeure. Qui, dans cette course suicidaire, pourra rester en vie ? Une chose est sûre, pour les acteurs phares de Streamliner, un seul objectif : gagner sur l’une des plus dangereuses routes motorisées, la Runaway Rebel Race. 

Le premier épisode de Streamliner mettait en lumière Billy Joe car après tout, c’est bien lui, le chef de gang des Red Noses, qui est l’instigateur de cette course de vitesse sur la route 666. Sauf qu’il n’avait pas prévu deux choses : que le propriétaire du Lisa Dora mette en jeu sa station essence pour  le run. Mais encore moins que O’Neil, n’étant plus en état de conduire sa Black Widow, cède sa place à celle dont le détenteur de la Winchester s’est épris : Cristal.

Ainsi, au moment où une jeune fille va donner le top de la course, toutes les attentions seront portées par celle qui conduit la voiture mythique du « Duke ». C’est ainsi que commence ce deuxième et dernier tome de Streamliner, c’est ainsi que Cristal devient à son tour le personnage principal.

DES PERSONNAGES AUX VÉHICULES, TOUS DES HÉROS

Mais cette aventure en deux volumes ne se limite pas à ces deux protagonistes. Nous retrouvons tous les personnages présentés auparavant et qui donnent encore plus d’intérêt pour suivre le dénouement de la Triple R. Ainsi il faudra compter sur la hargne sans faille de Sue, Calamity ou Nikky. Lesquels avaient démontré qu’ils seraient des candidats sérieux à la victoire finale. En y ajoutant des greffés comme William Boney alias « The Kid » ou les frères Jarret, on obtient les ingrédients parfaits pour maintenir le suspens à son comble.

Chacun d’entre eux au volant de leur monstre motorisé et trafiqué pour être celui qui battra le record de vitesse mais surtout qui ira jusqu’au bout, a un seul point commun : leur vie n’a aucune importance. L’adrénaline est leur drogue et ne trouve répit qu’une fois les hurlements lancés de leur machine. Ainsi, au moment même où ils s’élancent, on sait par avance que tous n’y survivront pas. Juste un indice dans l’introduction du premier tome laisse à penser qu’au moins un d’entre eux a tenu bon.

Durant quatre-vingt-quinze planches ce deuxième volet de Streamliner nous embarque dans un run fou où chacune d’entre elles nous happe de telle façon que notre cœur subit de fortes perturbations et que nos oreilles sont spectatrices du vacarme de la Black Widow et consorts. De pareilles sensations pourraient être légitimes devant un écran de cinéma et pourtant c’est bien une bande dessinée qui nous produit le même effet.

STREAMLINER, ON A NOTRE TARANTINO EN BD

Voilà en quoi ‘Fane réussit formidablement son pari. Celui de nous immerger dans ce désert apocalyptique où plus rien ne compte mis à part connaître l’issue de cette course suicidaire. Et pour y arriver l’auteur a su mettre à profit plusieurs inspirations bien senties :

–  En rendant attachants tous les personnages, les bons comme les méchants. Et en donnant quelques repères bien trouvés lorsqu’il les associe à des noms connus (Calamity, The Kid…). Il témoigne un tel respect envers ses héros qu’on a l’impression qu’ils sont tous des piliers de l’histoire.

– Difficile alors de ne pas penser au cinéaste Quentin Tarantino tellement lui aussi accorde de l’importance à tous ses protagonistes. Mais la comparaison ne s’arrête pas là. On ne peut s’empêcher avec Streamliner de penser à un de ses films cultes qu’est Boulevard de la Mort. Et si, naturellement, on arrive à associer le travail de ‘Fane au cinéma de Tarantino, c’est que inéluctablement, cela a fonctionné.

– Et puis il y a ce dessin qui n’est qu’une confirmation de ce que nous avait déjà offert ‘Fane. Pour ce diptyque, aucune fausse note (juste un bémol : le « cocard » de Cristal disparaît bien vite dans ce deuxième opus non ? À moins que cela ne soit intentionnel…) Lui qui, au départ, aurait voulu réaliser cette série en un one shot noir et blanc, a apporté une autre dimension en lui donnant de la couleur. Qui plus est avec le très joli rendu d’Isabelle Rabarot qui donne de véritables indications, notamment temporelles.

‘FANE FIDÈLE A LUI-MÊME

Toute la technique et la « patte » graphique de l’auteur sont réussies dans ce diptyque. De ses traits des personnages en passant par la « speed line », cette profusion de traits qui permet de crédibiliser la sensation de vitesse (dans Akira, K. Otomo, l’utilise beaucoup). Sans oublier sa fameuse scène qu’on pourrait traduire comme une itération iconique partielle. Elle apparaît régulièrement dans ses publications et fait mouche à chaque fois !

Tous ces éléments mélangés à d’autres documents avec lesquels ‘Fane s’est imprégné (voir en fin d’album ou à chaque début de chapitre), font de cette histoire transpirante et humaine un coup de cœur incontestable. Lorsqu’on savoure l’épilogue ainsi que les bonus (mention spéciale à Vangogo pour ses affiches publicitaires), on se dit que l’auteur a eu du mal à quitter son œuvre et on a envie de lui dire tant mieux !

Article posté le jeudi 14 septembre 2017 par Mikey Martin

All-in day, fin du diptyque Streamliner de Fane (Ed. Rue de Sèvres), décrypté par Comixtrip le site BD de référence
  • Streamliner, tome 2 : All-in day
  • Scénariste : ‘Fane
  • Dessinateur : ‘Fane
  • Coloriste : Isabelle Rabarot
  • Éditeur : Rue de Sèvres
  • Prix : 22,50 €
  • Parution : 13 septembre 2017
  • ISBN : 978-2369815679

Résumé de l’éditeur : Parmi les quarante enragés alignés au départ : Billy Joe, le chef du gang des Red Noses ; Nikky The Head le miraculé ; Calamity, l’extravagante star du rock ; les mystérieux frères Jarret ; William Boney dit le Kid ; la sulfureuse Sue, du gang des Black Panties ; et enfin, au volant de la mythique Black Widow, la jeune Cristal… Tous sont prêts à en découdre…Les médias se sont emparés de l’événement, les autorités, dépassées, n’ont pu contenir le flux de centaines de curieux venus assister au run du siècle. Tout le monde est là, les yeux rivés sur les drapeaux. Les moteurs chauffent, la tension monte… Le vieil O Neil a parié : la station Lisa Dora est en jeu…BD Ado Adultes.

À propos de l'auteur de cet article

Mikey Martin

Mikey Martin

Originaire de Charente-Maritime, il débarque sur Poitiers il y a 17 ans et s'installe avec sa compagne juste en face d'une librairie spécialisée en bande dessinée. Une aubaine pour s'y remettre. Sa passion sans cesse grandissante pour le Neuvième Art se doit d'être partagée par de petites chroniques.

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