AKIRA : le manga commence par la lettre A

Que ce soit sur ladite œuvre, ses dérivés ou sa probable adaptation cinématographique, Akira n’alimente, déjà, pas moins de quatre articles sur Comixtrip. La venue de son créateur, Katsuhiro Otomo, au festival International de la BD d’Angoulême édition 2016, engendre l’engouement d’en parler une fois de plus. En essayant de démontrer comment Akira est devenu un déclencheur du succès du manga en France. 

« Le 6 décembre 1982, à 14 heures et 17 minutes, une bombe d’un nouveau type est lâchée sur la région du Kantô, Japon. Exactement neuf heures plus tard, la troisième guerre mondiale éclate […] Néo-Tokyo, 38 ans après (An 2019). »

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Voici les lignes introductives de cette saga futuriste qu’est Akira. Le décor étant dressé, suivront plus de 2000 planches pour illustrer ce manga débuté en 1982 au Japon et dont l’ultime volume relié paraîtra en 1993.

L’histoire, passionnément décortiquée dans une précédente chronique, confirme toute la richesse de son contenu. Nourrie par de nombreux personnages charismatiques, cette œuvre se démarque par des scènes spectaculaires, où la jeunesse nipponne, quelques peu marginale, va s’avérer être l’héroïne d’une guerre aussi sanglante que psychologique et cruelle.

UN LONG NEZ ET UN NEZ FIN

C’est au début des années 90, grâce aux Editions Glénat, que l’art du manga va donner une belle claque visuelle aux lecteurs français.

Un peu avant, une célèbre émission télévisée ciblée pour la jeunesse lance une petite révolution en diffusant de nombreuses animations japonaises vite qualifiée par la critique presse (voire politique) hexagonale de « japoniaiseries ». Ce qui n’évitera pas un succès retentissant et mènera le téléspectateur vers un regard moins infantile du dessin-animé.

Il serait bien trop simpliste d’associer le succès du manga Akira à toutes ces nouveautés animées sur le petit écran, mais on ne peut éluder le fait que ces dernières ont conditionné un terrain favorable pour savourer à sa juste valeur la qualité de cette œuvre devenue culte.

LE DESSIN JAPONAIS DANS TOUTE SA SPLENDEUR

Outre l’intérêt des nombreux sujets traités pour s’imprégner d’une société nippone traumatisée (séquelles morales, pression militaire américaine, télékinésie, drogue, l’éclosion des Yankees…), la force d’Akira réside aussi dans le dessin phénoménal de Katsuhiro Otomo, son auteur.

Expert du « speed line », cette technique de dessin qui consiste à crédibiliser la vitesse en insérant des lignes serrées (derrière une moto, par exemple), mais aussi pour intensifier une perspective, K. Otomo l’utilise à volonté et toujours à bon escient.

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Sa précision du trait offre des décors incroyables de régularité et des séquences d’une puissance inégalable. Autant de prouesses qui font d’Akira une série intemporelle.

LE MANGA S’INSTALLE DANS L’HEXAGONE

Ce génie visionnaire (rappelons que l’histoire se déroule à Néo-Tokyo, ville qui se prépare à accueillir les Jeux Olympiques de… 2020 !), détenteur du Grand Prix au Festival International de la BD d’Angoulême 2015 (depuis sa création en 1974, jamais telle récompense n’avait été attribuée à un auteur japonais), ouvre ainsi grand les portes du monde occidental à de nombreux Maîtres du genre tels Jiro Taniguchi, Naoki Urasawa, Akira Toriyama et bien d’autres.

Depuis 25 ans, le manga a fait son chemin en France pour devenir à ce jour, malgré un faible déclin, une lecture estimée. S’initier au seinen en commençant par Akira est un excellent moyen de se familiariser avec la production japonaise.

Seul tracas invraisemblable mais plus pour longtemps : deux versions existent pour cette série d’anthologie. Glénat l’ayant d’abord publiée en version colorisée (faisant écho à la version américaine), six volumes en noir & blanc sont sortis quelques années plus tard. Dans le but de respecter au plus près l’originale, mais en préférant le sens de lecture à l’occidental…

… La réédition prochaine qui fidélisera au maximum la version japonaise, devrait faire plaisir aux nombreux fans de Kaneda et Tetsuo.

Article posté le vendredi 04 décembre 2015 par Mikey Martin

À propos de l'auteur de cet article

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Mikey, dont les parents ont tout de suite compris qu'il était sensé (!) a toujours été bercé par la bande dessinée. Passionné par le talent de ces scénaristes, dessinateur.ice.s ou coloristes, il n'a qu'une envie, vous parler de leurs créations. Et quand il a la chance de les rencontrer, il vous dit tout !

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