Terra Australis

Terra Australis est un album qui raconte l’épopée étonnante et fascinante de prisonniers anglais partis à la conquête de l’Australie. Ce projet ambitieux et magnifique de 500 pages, est scénarisé par Laurent-Frédéric Bollée et mis en images par Philippe Nicloux.

En 1784, environ 1 500 hommes et femmes ont été déportés, entassés à bord de 11 navires, parcourant plus de 24 000 km sur trois océans. Ils étaient des bagnards, des forçats, des condamnés.  On les a envoyés à l’autre bout du monde, dans un pays qui n’existait pas encore : l’Australie.

James Cook découvre la Terra Australis vers 1770 mais il n’y fonda aucune colonie. Après la déclaration d’indépendance des colonies britanniques d’Amérique du Nord en 1776, le Royaume-Uni s’aperçut de l’intérêt économique que pouvait représenter l’Australie.

Les incursions des Français dans la zone australe, avec les voyages de Bougainville et La Pérouse, attisa la concurrence stratégique dans la région. Le gouvernement de George III décida, sur les conseils de Banks, de créer une colonie pénitentiaire dans la région de Botany Bay. Une flotte de 11 navires, commandée le capitaine Arthur Phillip, débarqua le 26 janvier 1788 près d’un millier de colons dont 750 bagnards.

Aventure, histoire et passion

C’est ce récit que les deux auteurs de Terra Australis ont décidé de raconter. Ils mêlent habilement dans cet album des personnages historiques réels (Banks, Sidney, Bougainville) à des personnages fictifs.

Laurent-Frédéric Bollée livre un récit dense, fascinant, solide parce qu’il est  fondé sur des références historiques. Il raconte cette épopée fabuleuse grâce à un scénario fort qui mêle aventures, histoire et passion. Il est renforcé par des personnages souvent complexes qui verront leur caractère prendre de l’épaisseur au fil des pages. La vie sur les navires est décrite d’une admirable façon; les lecteurs s’y croiraient presque tant la vie quotidienne est criante de vérité.

Un très beau et très grand livre

Philippe Nicloux par un trait subtile en noir et blanc, renforce le récit de Bollée. Paradoxalement, les paysages sont lumineux malgré les teintes de noirs et de blancs. Ces dernières réhaussent les expressions des visages. L’histoire est souvent mise en image par trois bandes horizontales qui facilitent la lecture.

Un très beau et très grand livre, qui marque le début de cette année 2013. Le lecteur ne décrochera pas du début à la fin du livre tant il est prenant par le récit, les personnages ou la beauté des paysages.

Pour aller conquérir les terres australes, le pouvoir britannique utilisa ce qui se faisait de pire dans le royaume, à savoir les détenus, les voleurs ou encore les assassins qui croupissaient alors dans leurs geôles. Sur les navires se mélangeait alors toute la misère anglaise, les maladies, les naissances ou les morts. Laurent-Frédéric Bollée raconte la vie brisée des 600 hommes et des 184 femmes partis d’Angleterre; comme celle de John Husdon , 9 ans; du colossale esclave Black Caesar, 22 ans. Ces deux-là seront unis dans leur malheur lors de la traversée. On y retrouve aussi le brutal major Ross, le lieutenant Ralph Clark ou encore le futur gouverneur Phillip, un homme bon, très paternaliste et qui veut propager les idées des Lumières dans la nouvelle colonie.

Après 9 mois de navigation, les personnages accostent à Botany Bay. C’est une nouvelle aventure alors que commence : la colonisation des terres, avec son lots de difficultés, comme celle rencontrée avec les aborigènes.

Article posté le dimanche 10 mars 2013 par Damien Canteau

  • Terra Australis
  • Scénariste: Laurent-Frédéric Bollée
  • Dessinateur : Philippe Nicloux
  • Editeur: Glénat
  • Prix: 45 €
  • Sortie: 13 mars 2013

Résumé de l’éditeur : Une des plus incroyables odyssées humaines de l’Histoire a eu lieu il y a un peu plus de 220 ans. Environ 1 500 hommes et femmes ont été déportés, entassés à bord de 11 navires, parcourant plus de 24 000 km sur trois océans. Ils étaient des bagnards, des forçats, des condamnés… le rebut de l’Angleterre ! On les a envoyés à l’autre bout du monde, dans un pays qui n’existait pas encore. Aller sans retour vers l’enfer ou chance inespérée d’une nouvelle vie ? Plus rien ne sera comme avant autour de ce nouveau monde, issu d’une terre ancestrale que les habitants d’origine appelaient Bandaiyan…

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À propos de l'auteur de cet article

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Damien Canteau

Damien Canteau est passionné par la bande dessinée depuis une vingtaine d’années. Après avoir organisé des festivals, fondé des fanzines, écrit de nombreux articles, il est toujours à la recherche de petites merveilles qu’il prend plaisir à vous faire découvrir. Il est aussi membre de l'ACBD (Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée).

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