Si vous êtes un amoureux d’héroïc-fantasy en bande dessinée, vous n’avez pas pu passer à côté des Mondes d’Aquilon, l’univers créé par Jean-Luc Istin. Bonne nouvelle si vous êtes fan, l’univers se développe encore ce mois-ci avec la publication de Terres d’Ynuma tome 1 – Samouraï rouge, de Nicolas Jarry, Vax et Vincent Powell, chez Soleil, forcément.
Terres d’Ynuma tome 1 : les avis seront tranchés !
Quand une certaine cloche sonne, en Terres d’Ynuma, c’est que la chasse au démon commence. Mei-Jen est une prêtresse de l’ordre Dobushi. Elle traque les esprits tourmentés qui franchissent le Voile et prennent place dans le monde qui n’est pas le leur. A ses côtés, le terrible samouraï rouge assure sa protection quand les esprits se montrent trop violents. Mais lui-même est une créature non-humaine et son passé le poursuit.
Terres d’Ynuma tome 1 et les Mondes D’Aquilon
Vous qui avez suivi la sortie d’Elfes, Nains, Orcs & Gobelins, Mages, Les terres d’Ogon, vous vous demandez comment cette nouvelle série se connecte au reste.
Géographiquement, d’abord, Ynuma se trouve à l’Ouest des terres d’Arran, ainsi que l’indique la désormais traditionnelle carte de début d’album. Ogon à l’Est, Arran au centre, Ynuma à l’ouest. La distance apparente sur la carte laisse à penser que ce nouveau continent sera vraisemblablement tenu à l’écart des deux autres.
Une série qui se veut accessible
Le trait d’union, ici, peut s’envisager par la figure de Zhao, le samouraï rouge. Est-il un elfe rouge ? Un orc différent des peaux-vertes d’Arran ? L’album ne le dit pas. Nicolas Jarry, sous la supervision de Jean-Luc Istin, semble privilégier l’accessibilité du récit à sa connexion au reste de l’univers. Une bonne idée, car elle permettra aux fans de se saisir de cette nouvelle proposition, mais aussi aux amateurs de fantasy asiatique, de se lancer sans crainte.
Car depuis la fin d’Okko, on manque sérieusement de série de fantasy japonisante. Terres d’Ynuma tome 1 a le potentiel pour prendre la suite et offrir des lectures entraînantes. Évidemment, comme Ynuma répond au même cadre créatif, une équipe par album, tout dépendra de l’inspiration des artistes impliqués.
Quelles aventures dans Terres d’Ynuma tome 1 ?
Une inquisitrice magicienne, un bad guy sabreur, les intentions sont claires : bastonner du « streumon ». Pour installer un monde, une ambiance générale, c’est sans aucun doute une bonne idée.
Nicolas Jarry se montre particulièrement inspiré pour jouer avec les créatures du folklore japonais (principalement). Il réussit à proposer des créations originales, même pour quelqu’un qui aurait mangé pendant 25 ans de la fantasy asiatisante. Il n’oublie jamais d’instaurer une part tragique dans chaque destin de victime de créature. Oui, l’horreur monstrueuse prend pied dans le monde d’Ynuma, mais c’est généralement dû à quelques horreurs parfaitement humaines. Et cela nuance quand même l’apparition des créatures, que l’on reste satisfait de voir découpées en tranches.
Parlons technique de structure de récit
Le récit est globalement découpé en chapitres, représentant chacun une mission pour le duo de personnages. Jarry en profite pour dépeindre le nouveau monde, ses coutumes, ses habitants, son Histoire. Cela évite des scènes d’exposition trop lourdes et c’est tant mieux.
Il développe aussi l’histoire de ses deux héros, mais sans divulgâcher, il apparaît clairement que de nombreux fils narratifs ne sont pas résolus. Attendons-nous donc à voir revenir Meij-Jen et Zhao dans un classique tome 6. Et c’est tout sauf une mauvaise nouvelle. Le duo fonctionne bien et chacun des deux a le potentiel pour devenir un personnage récurrent appréciable à retrouver.
L’élégance du dessin de Terres d’Ynuma tome 1
La BD d’aventure avec un « beau dessin », c’est un classique de la BD franco-belge. Vax prend pleinement sa place dans cet héritage avec Terres d’Ynuma tome 1. Il propose un trait photo-réaliste qui vient apporter du poids aux enjeux du scénario. On croit aux personnages qui nous sont présentés, et à la crédibilité de ce monde. L’encrage est fin, acéré, offrant une belle dynamique supplémentaire aux crayonnés d’origine. Ne jouant pas sur les masses de noir, cet encrage laisse surtout une très grande place aux couleurs numériques et aux effets spéciaux déployés par le coloriste Vincent Powell. Et force est de constater que le binôme fonctionne extrêmement bien. Vax donne un dessin qui respire à Powell, qui peut ainsi l’habiller avec un grand souci de réalisme.
Avec un découpage en quatre bandes et un format qui permet aux planches de respirer, le résultat est tout à fait plaisant. C’est moderne et classique à la fois. Une lecture rassurante, donc !
Terres d’Ynuma tome 1 : une bd pour tous les fans d’aventure
Si vous êtes allergique au concept développé par Istin depuis de nombreuses années, vous n’êtes sans doute plus ici à lire cet article. Et c’est dommage. Car Terres d’Ynuma tome 1, de Jarry, Vax et Powell, publié chez Soleil, assure ce qu’on attend de telles lectures : du divertissement, de l’action et une vraie passion pour les cultures d’Asie. Qu’elle se déroule dans le monde d’Aquilon est pour l’instant anecdotique. Cela changera sans doute, mais pour découvrir le dit monde, cela reste une excellente porte d’entrée.
- Terres d’Ynuma tome 1 – Samouraï rouge
- Scénariste: Nicolas Jarry
- Dessinateur : Vax
- Coloriste : Vincent Powell
- Éditeur : Soleil
- Date de publication : 24 septembre 2025
- Nombre de pages : 72
- Prix : 16€50
- ISBN : 9782302105591
Résumé de l’éditeur : Au fil des saisons, Mei-Jen et Zhao traquent les esprits tourmentés qui franchissent le Voile. De l’automne aux marais hantés, à l’hiver glacial des montagnes d’Onna, en passant par les brumes perfides du printemps, leur quête les mène aux confins d’Ynuma. Mais sous la chaleur implacable de l’été, Zhao devra affronter un ennemi plus redoutable encore : son propre passé
