Trois westerns pour la rentrée. Hasard du calendrier, la rentrée 2025 nous gratifie de trois bons westerns : On les appelle Junior et Senior, Pump, un si gentil garçon et Let them alone.

Haricots et baffes !
Publié au Lombard, le premier est l’œuvre de Robin Recht (scénario) et Jean-Baptiste Hostache (dessins). Dans cet hommage aux films de Bud Spencer et Terence Hill, on suit deux frères que tout oppose dans une mission périlleuse : kidnapper une fillette dans un orphelinat. Évidemment rien ne se passera comme prévu et voilà nos deux compères embarqués dans une série d’aventures picaresques où l’on distribue des baffes, mange des fayots, s’envole en montgolfière, affronte des bandits mexicains… euh canadiens etc.

On s’amuse beaucoup, sans tomber dans la lourdeur. Pour illustrer cet habile scénario de Recht, Hostache réalise une belle prestation au dessin et nous entraîne dans une pantalonnade, truffées de clins d’œil.

Trump ou Pump ?
Édité chez Anspach, le deuxième est beaucoup plus sérieux et s’inspire librement de l’histoire du grand-père de l’actuel président des États-Unis. Au scénario, on retrouve Rodolphe et au dessin, Laurent Gnoni. Le but du duo était de se focaliser sur un acteur majeur du genre mais finalement peu traité dans le western : le gérant de saloon.

L’action se passe en Arizona en 1871 et se concentre sur un jeune homme qui va profiter des circonstances pour devenir l’acteur incontournable d’un village de l’Ouest Sauvage. En partageant ses pensées, on découvre un être sans foi ni loi, prêt à tout pour s’imposer et sans pitié avec ses congénères. Trahison, usurpation d’identité, manipulation, tout y passe ! Cette approche par la psyché du héros est très intéressante et nous permet de suivre ce récit avec grand plaisir…

Trio de femmes
Enfin, composé de 154 planches, le troisième sort aux éditions Grand Angle avec Roger Seiter au scénario et Chris Regnault aux illustrations. Let them Alone nous offre une histoire efficace où l’on suit trois femmes aspirées par la violence des hommes. Dans ce monde infernal, au milieu du désert, le trio doit se serrer les coudes pour survivre. Tous les ingrédients sont réunis pour un bon western : des bandits, un magot, un Indien…

Et puis, baignés de couleurs chaudes, de l’ocre aux jaunes dorés, les dessins de Chris Regnault sont magnifiques. Alternant pages denses de plusieurs cases avec d’autres plus larges, dignes d’un effet cinémascope, cette BD nous fait penser à un film de John Ford ou un western spaghetti à la Sergio Leone. On passe un excellent moment.
À propos de l'auteur de cet article
Medionok
Né la même année que le festival d'Angoulême, Medionok a toujours aimé la BD et comme il adore écrire, c'est tout naturellement qu'il rédige des chroniques.
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