Art à la croisée des mots et des images, la bande dessinée est un média idéal pour mettre en scène les rêves et leur étrangeté. Une petite dose de tremblement, comic-book de Noah Bailey et Michael Conrad publié chez 404 Graphic va vous plonger dans un monde dont vous ne saurez définir les frontières exactes.
Une petite dose de tremblement avant le coucher, pour de beaux rêves éveillés
Ginny Morris est étudiante. Elle a répondu à une petite annonce, pour une enquête scientifique. Dans ses rêves, elle a vu un homme, à plusieurs reprises. Cet homme, d’autres qu’elles l’ont vu. Et s’il s’introduit dans les rêves d’autrui, c’est dans un but bien précis. Vous faire acheter Une petite dose de tremblement.
Deux auteurs parfaitement alignés sur leurs intentions
Vous aimez Twin Peaks ou Inception ? Vous avez envie de vous poser de nombreuses questions pendant et après votre lecture ? Alors Une petite dose de tremblement est le genre de bande dessinée qui va vous plaire.
Scénariste et dessinateur construisent ensemble un récit étrange, perturbant, qui casse les barrières entre rêve et réalité. Et c’est autant dans la structure du récit que dans la composition des cases, que ce trouble se construit.
Une petite dose de tremblement tacle les publicitaires
Voyons ce qui est clair, d’abord. Nous avons ici un ouvrage qui traite de la manipulation des esprits par la publicité. Comment les marketeux utilisent les neuro-sciences pour nous amener à plus consommer. Ça, c’est limpide. Michael Conrad s’appuie sur de réelles expérimentations sur l’induction d’idées et la manipulation des esprits. Mais ça, c’est un prétexte.
La BD, ce média si souple
Il paraît évident que le vrai plaisir des auteurs, c’est de jouer sur la structure des rêves pour offrir un récit déconcertant. Les certitudes des lectures sont mises à mal. Conrad dit en postface que tous les éléments d’explication sont fournis, mais ils sont tout de même très bien cachés. Une petite dose de tremblement n’est pas un récit qui se laisse capter sans effort. Vous relirez sûrement cet album, pour essayer d’aiguiser votre compréhension.
Le rêve, c’est aussi du visuel
Noah Bailey participe pleinement à ce petit jeu. D’abord, en ne remplissant pas toujours ses fonds de case. Est-ce parce que le dessinateur a voulu aller plus vite, ou parce que dans un rêve, on ne se souvient pas toujours des décors ? Son dessin insiste sur le trait noir, appuyé, bien délimité. La plupart du temps, c’est
Et puis au milieu de l’album, quand Ginny devient plus actrice de la situation, des touches de couleur prennent place. Parce que l’on est dans le temps du rêve ? Mais des rêves, on nous en a montré d’autres avant… Alors, qu’est-ce que cela signifie ? C’est aux lectrices et lecteurs d’apporter les réponses.
La dernière page apporte une proposition. Mais tout devient source de soupçons, après tant de manipulation.
Une petite dose de tremblement, encore une offre atypique chez 404 Graphic
Une petite dose de tremblement est un livre qui se digère. C’est une expérience qu’il faut vivre, revivre, pour penser sa lecture. Si vous êtes à la recherche d’un achat rentable, nul doute que cet album correspond. D’autant qu’il est travaillé avec soin par son éditeur français, comme à chaque album.
Et si vous commencez à croiser Ginny dans vos rêves… Posez-vous encore plus de questions…
- Une petite dose de tremblement
- Scénariste : Michael Conrad
- Dessinateur : Noah Bradley
- Traducteur : Philippe Touboul
- Éditeur USA : Dark Horse books
- Éditeur France : 404 Graphic
- Date de publication : 21 mai 2026
- Nombre de pages : 152
- Prix : 22€50
- ISBN : 9791032411162
Résumé éditeur : Nos rêves nous appartiennent-ils vraiment ? Tout le monde rêve, mais ces rêves sont-ils les nôtres ? Qui contrôle nos pensées pendant notre sommeil ? Ginn, une jeune étudiante, fait des cauchemars terriblement perturbants mettant en scène un homme qu’elle n’a jamais rencontré. Lorsqu’elle trouve un prospectus affichant sa photo et la question : » Avez-vous rêvé de cet homme ? », elle se soumet à un entretien qui commence à déconstruire sa perception de la réalité.
