Corée, Vietnam, Algérie : les autres guerres

La guerre de Corée (complètement ignorée du public français – parce que parallèlement Paris était en pleine guerre d’ Indochine – alors qu’il y a eu près de 3.500 soldats tricolores sur place), Harvey Kurtzmann, le génial patron du magazine Mad (et premier grand invité d’Angoulême en 1974) va l’illustrer dans un magazine Two-Fisted Tales  (traduction quasi impossible mais cela pourrait donner quelque chose comme « Histoires musclées à double tranchant » : EC Comics va en effet publier, sous la signature de dessinateurs célèbres (Jack Davis, Wally Wood, Alex Toth, Joe Kubert) des récits ultra-réalistes d’un antimilitarisme patriotique exacerbé, montrant et démontrant l’horreur et la folie de ce conflit terrible.

Pour le Vietnam, deux tendances s’imposent. Milton Caniff encore une fois, avec son héros le colonel Steve Canyon dans un récit (intitulé sobrement « Vietnam ») – là aussi avec cette technique d’histoires courtes en noir et blanc décidément très prisée outre-Atlantique – très documenté et s’essayant à une certaine distance. Et puis le « Forces spéciales » de Joe Kubert nettement plus violent et parfaitement partial (publié d’abord dans la presse sous le nom d’ « Histoire des Bérets verts ».

Côté français, il y a cette autre guerre qui a traumatisé les consciences nationales, celle qui n’avait pas de nom, et qui s’appelait officiellement : « opérations de maintien de l’ordre en Algérie » devenue la guerre d’Algérie. De L’éducation algérienne de Vidal et Bignon (dès 1982) à la saga des Carnets d’Orient de Jacques Ferrandez (avec son terrible Alger la noire) en passant par le Azrayen de Lax et Giroud (prix ACBD en 1999), les auteurs de BD n’ont pas, non plus, reculé devant l’ampleur d’un sujet douloureux et délicat que le cinéma a eu bien du mal, lui, à mettre en scène.

Article posté le mercredi 06 mai 2015 par Erwann Tancé

À propos de l'auteur de cet article

Erwann Tancé

Erwann Tancé

C’est à Angoulême qu’Erwann Tancé a bu un peu trop de potion magique. Co-créateur de l’Association des critiques de Bandes dessinées (ACBD), il a écrit notamment Le Grand Vingtième (avec Gilles Ratier et Christian Tua, édité par la Charente Libre) et Toonder, l’enchanteur au quotidien (avec Alain Beyrand, éditions La Nouvelle République – épuisé).Il raconte sur Case Départ l'histoire de la bande dessinée dans les pages du quotidien régional La Nouvelle République du Centre-Ouest: http://www.nrblog.fr/casedepart/category/les-belles-histoires-donc-erwann/

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