Give peace a chance

Notre avis : Peintre, illustrateur et auteur de bande dessinée, Marcellino Truong avait publié Une si petite guerre en 2012 où il revenait sur son enfance dans le Sud de la Vietnam; il poursuit ce formidable récit avec Give peace a chance, toujours chez Denoël Graphic.

1961, Mercellino et sa famille quittent le Vietnam pour Londres. Son père fut diplomate et interprète du président d’alors Ngô Dinh Diêm, assassiné; sa mère étant française. Dans la capitale britannique, le petit garçon s’occidentalise (d’ailleurs il déteste son nez « bridé), joue et va à l’école. Il faut dire que son frère et ses parents, qui arrivent du Sud du Vietnam n’apprécient guère les Viet Cong.

C’est aussi la découverte du rock, de Woostock, des manifestations pour la liberté et contre cette guerre qui s’éternise entre les Etats-Unis et leur pays d’origine. Le petit Marcellino s’émancipe alors.

Cette belle biographie mélange la petite et la grande Histoire, celle d’expatriés-réfugiés et celle qui se déroule encore dans leur pays. Par son très bon récit, il dresse aussi le portrait de la Grande-Bretagne des années 60. Parfois drôle, parfois critique, l’album est d’une belle sensibilité et d’une grande nostalgie. De plus, le lecteur retrouve toute la force du trait de Truong, découvert dans In bluer skies (Magic Strip en 1985), entre peinture et trait anguleux, le tout agrémenté de superbes couleurs.

Article posté le vendredi 27 novembre 2015 par Damien Canteau

  • Give peace a chance
  • Auteur : Marcellino Truong
  • Editeur: Denoël Graphic
  • Prix: 24.90€
  • Parution : 13 novembre 2015

Résumé de l’éditeur : Marcelino Truong a six ans quand ses parents quittent le Vietnam où, depuis 1961, la présence américaine n’a cessé de s’intensifier. Après cette période chaotique, brillamment racontée dans Une si jolie petite guerre, sa famille s’installe à Londres. Pour Marco, son frère et ses deux sœurs, c’est la découverte d’un monde en pleine ébullition : le Swinging London des Sixties. Une jeunesse au son d’une musique nouvelle, celle des Beatles, des Stones et de Jimi Hendrix. Jeunesse paradoxale, partagée entre l’hédonisme pacifiste qui culmine à Woodstock et l’attachement à un Vietnam martyr. Entre la guerre civile et les fêtes dans les belles town houses. Entre le bruit terrifiant des bombardiers et celui, électrisant, des guitares.

À propos de l'auteur de cet article

Damien Canteau

Damien Canteau

Damien Canteau est passionné par la bande dessinée depuis une vingtaine d’années. Après avoir organisé des festivals, fondé des fanzines, écrit de nombreux articles, il est toujours à la recherche de petites merveilles qu’il prend plaisir à vous faire découvrir. Il est aussi membre de l'ACBD (Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée).

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