Jules Verne et l’Astrolabe d’Uranie #2

Notre avis : Suite et fin de Jules Verne et l’Astrolabe d’Uranie dont la rédaction de Comixtrip avait placé le premier tome dans ses coups de cœur de l’année 2016. On retrouve Jules tel qu’on l’avait laissé précédemment. Ainsi, après trouvé un passage derrière les Chutes du Niagara, l’endroit où s’était préalablement immiscé le mystérieux Oprheus, l’écrivain français s’engouffre dans un labyrinthe qui le mènera tout droit vers Estelle. Ou plus précisément sa voix. Celle qu’il rêvait encore vivante se présentera face à lui tel un hologramme. Jules Verne se rend compte que cette prouesse technique est l’œuvre de Vulkan Hartmann. Un homme qu’il se souviendra avoir rencontré trente ans plus tôt, et pourtant tellement persuadé que ses yeux d’enfants l’avaient imaginés.

À compter de cet instant, Jules Verne ne sera pas sevré de découvertes. Un navire destiné à la navigation sous-marine fonctionnant à l’électricité. Une communauté indienne exploitée pour extraire le fer et la houille. Jusqu’à l’arrivée au cœur de la cité souterraine qui permettra le dénouement de l’intrigue. D’abord ébahi face à tant de créations révolutionnaires, Jules comprendra qu’il a affaire à un homme dont le génie a été gangrené par la folie.

Pendant ce temps, à l’extérieur, Paul est inquiet de ne pas voir son frère revenir. Il s’attelle pour le retrouver. Sans l’aide des policiers de la ville, seuls les iroquois, guidés par Tatanka, pourront lui porter secours. Non sans avoir auparavant trouvé un terrain d’entente. Le temps est compté.

Pour ce deuxième et dernier tome de Jules Verne et l’Astrolabe d’Uranie, Esther Gil démontre, une nouvelle fois, cette faculté à romancer une aventure en y mêlant plusieurs références de l’écrivain français. Tous ces petits détails (la lampe de Ruhmkorff, le clin d’œil au Château des Carpathes lorsque La Stilla reprend vie par une technique holographique et chante deux vers bien précis, le pilote du navire qui s’appelle Ned, et encore bien d’autres…) attestent du travail colossal de la scénariste. Car au-delà d’une intrigue rondement menée, Esther Gil donne l’envie de (re)plonger dans les aventures de Jules Verne et de connaître un peu plus le parcours de l’homme visionnaire.

Quant au dessin de Carlos Puerta, il est encore parfaitement inspiré. Avec ce trait au rendu pictural, il reproduit avec une étonnante intensité les différentes scènes. Qu’elles soient apocalyptiques, sombres, ou d’action, C. Puerta offre un vrai feu d’artifices de couleurs sublimant chaque planche.

Jules Verne et l’Astrolabe d’Uranie n’est ni plus ni moins qu’une aventure fantastique animée par un binôme passionné. L’Histoire veut que Jules Verne ne soit pas beaucoup sorti de son bureau. Esther Gil & Carlos Puerta tordront le cou à cette légende. En revanche, à l’issue de ce diptyque, c’est bel et bien le lecteur qui se surprend à voyager en rêve…

Article posté le mercredi 11 avril 2018 par Mikey Martin

Jules Verne et l'Astrolabe d'Uranie (2e tome) de Esther Gil & Carlos Puerta (Ankama), décrypté par Comixtrip le site BD de référence
  • Jules Verne et l’Astrolabe d’Uranie #2
  • Scénariste : Esther Gil
  • Dessinateur : Carlos Puerta
  • Coloriste : Carlos Puerta
  • Éditeur : Ankama
  • Prix : 14,90 €
  • Parution : 10 novembre 2017

Résumé de l’éditeur : Été 1839. Alors qu’il n’est encore qu’un enfant rêveur, Jules Verne fugue. Son escapade le mène dans le port de Nantes où il assiste à une étrange scène : un homme acquiert un astrolabe qui serait doté d’un fabuleux pouvoir… 28 ans plus tard, l’écrivain embarque pour les Amériques afin d’y trouver l’inspiration. À bord, il croit reconnaître celle qu’il a tant aimée et qu’il pensait morte… Mais qui est ce mystérieux savant nommé Orpheus qui semble la retenir prisonnière ? Que manigance cet homme et quel lien peut-il avoir avec ce qu’il a vu dans son enfance ? Pour le découvrir, Jules se lance à la poursuite d’Orpheus. De New York aux chutes du Niagara, il devra braver mille dangers dans ce monde que l’on qualifie de « nouveau » et qui lui inspirera tant de voyages extraordinaires.

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Mikey Martin

Mikey Martin

Mikey, dont les géniteurs ont tout de suite compris qu'il était sensé (!) a toujours été bercé par la bande dessinée. Passionné par le talent de ces scénaristes, dessinateur.ice.s ou coloristes, il n'a qu'une envie, vous parler de leurs créations. Et quand il a la chance de les rencontrer, il vous dit tout !

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