La fleur dans l’atelier de Mondrian

Jean-Philippe Peyraud et Antonio Lapone dévoilent La fleur dans l’atelier de Mondrian, une tranche de la vie parisienne du célèbre peintre.

Depuis que sa compagne est décédée, Piet Mondrian a beaucoup de mal à s’en remettre. Amsterdam et son pays natal ne l’intéressent plus, il préfère retourner à Paris, ville des Arts. Comme tous les mercredis, le peintre achète ses toiles prêtes à l’emploi chez Lucien Lefebvre-Foinet. Pourtant pour l’instant, le déclic n’arrive pas vraiment.

Il rencontre un belle jeune femme, elle aussi veuve, qui l’attire beaucoup. Ensemble, ils dansent dans des night clubs de la capitale. Pourtant, Piet est toujours bloqué par son inhibition vis-à-vis des femmes…

C’est une photographie qui est à l’origine de cet album ! Jean-Philippe Peyraud et Antonio Lapone possèdent ce même cliché qu’ils ont accroché au-dessus de leur table à dessin ! Etonnant hasard, ils décident de raconter l’histoire de cette fleur en plastique qui orne la photographie, prétexte à découvrir la vie de Piet Mondrian.

L’un des précurseurs de l’art abstrait par ses bandes verticales et horizontales alternant le blanc et les couleurs, ce peintre eu aussi une vie étonnante quasi romanesque (comme souvent bon nombre de créateurs et artistes). Si son œuvre est très connue, lui-même ne l’est pas. Très bon danseur, il aimait à passer ses nuits dans des night clubs où l’on s’enivrait et on se remuait jusqu’au petit matin. Cette époque des années-folles, de l’entre deux guerres, voulait que les femmes et les hommes se reconstruisent après la folie meurtrière de la Grande Guerre. Paris devint ainsi le lieu de toutes les cultures et de tous les arts.

Sous le trait du dessinateur italien, le lecteur découvre un être encore très marqué par le décès de sa femme et un artiste que ne veut encore rien dévoiler de son œuvre. Jean-Philippe Peyraud (L’inversion de la courbe des sentiments) et Antonio Lapone (Greenwich Village) réalisent un très bel album, rendant hommage à Mondrian. Poésie, danse entêtante et peinture sont au cœur de ce récit magnifiquement mis en image par Lapone. Dans les pas de Serge Clerc, Yves Chaland ou Torres, il envoute son lectorat par une ligne claire qui sied à merveille pour rendre beau le travail géométrique de Mondrian.

Article posté le mercredi 20 décembre 2017 par Damien Canteau

La fleur dans l'atelier de Mondrian de Lapone et Peyraud (Glénat) décrypté par Comixtrip
  • La fleur dans l’atelier de Mondrian
  • Scénariste : Jean-Philippe Peyraud
  • Dessinateur : Antonio Lapone
  • Editeur : Glénat, collection Les grands peintres
  • Parution : 29 novembre 2017
  • Prix : 19.50€
  • ISBN : 9782344008256

Résumé de l’éditeur : Une évocation sublime d’une figure majeure de l’art abstrait. À l’origine, il y avait cette même photo que Jean-Philippe Peyraud et Antonio Lapone avaient au-dessus de leur table à dessin. Celle d’une fleur en plastique dans l’atelier de Mondrian, seul rappel du végétal dans l’univers à la géométrie implacable du peintre. C’est l’histoire de cette fleur que les auteurs ont décidé d’imaginer pour raconter Mondrian, figure majeure de l’art abstrait, dont on connaît peu de choses, si ce n’est qu’il vivait au coeur du Montparnasse des années folles et qu’il était un inconditionnel de la danse de salon… La Fleur dans l’atelier de Mondrian est autant une évocation subtile de l’art abstrait qu’un magnifique album au format hors normes (enrichi de 40 pages d’études, de crayonnés et de story-board), servi par le graphisme élégant d’Antonio Lapone et le scénario d’une incroyable poésie de Jean-Philippe Peyraud.

À propos de l'auteur de cet article

Damien Canteau

Damien Canteau

Damien Canteau est passionné par la bande dessinée depuis une vingtaine d’années. Après avoir organisé des festivals, fondé des fanzines, écrit de nombreux articles, il est toujours à la recherche de petites merveilles qu’il prend plaisir à vous faire découvrir. Il est aussi membre de l'ACBD (Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée).

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