La ligue des voleurs

Notre avis : Fille d’un célèbre couple de voleurs, Clémence ne veut pas vraiment suivre la voie de ses parents. Elle rêve d’étudier la biologie, les sciences à la bibliothèque. Ses turpitudes sont racontées dans La ligue des voleurs, un excellent album jeunesse de Maïa Mazaurette et Dagda, aux éditions Jungle.

Clémence habite avec ses parents-voleurs et son petit frère dans un petit pavillon coquet. Tous les matins, sa mère charge la voiture en objets divers qui lui serviront pour ses casses, tandis que la jeune adolescente rêve d’un ailleurs meilleur. Son envie est d’aller enfin étudier dans un vrai collège où elle pourra suivre de vrais cours de biologie, de grammaire, de science et d’histoire-géo. En effet, son quotidien est tout autre, elle se rend tous les jours dans un collège pour voleur où elle apprend à ouvrir des coffres, l’infiltration ou à tirer au pistolet. Sereine sa meilleure amie et ses parents ne comprennent pas trop ses désirs de changement.

Il faut dire que l’argent coule à flots dans sa famille et que la vie est plutôt douce. Même si son père doit « disparaître » pendant quelques temps après un problème de jeu d’argent. Clémence, elle cela ne l’intéresse pas, elle préfère passer toutes ses nuits à la bibliothèque. D’ailleurs un jour, elle fait la connaissance de Eléonore, une « vraie » collégienne…

Tel Poudlard, l’école des voleurs doit permettre aux apprentis d’être de vrais Harry Potter de la cambriole ! Cours par des enseignants qualifiés dans leur spécialité, passe-passe ou vol sans être inquiété (ils sont mineurs !), tout est agréable dans cette bande dessinée. L’histoire de Maïa Mazaurette est loufoque et décalée. Il faut dire que son récit repose sur un schéma différent de la réalité : les jeunes doivent devenir des voleurs tandis que le monde qui les entoure est « normal ». Ce sont les nombreuses oppositions dans l’histoire qui la rendent amusante : l’argent qui coule à flots facilement sans travailler / la difficulté de gagner de l’argent dans la vie réelle; les professeurs qui misent sur les pratiques illicites / les cours magistraux; les cours de vol / l’enseignement classique; Clémence / Sereine; ses envies de normalité / la vie de ses parents…

Les jeunes lecteurs seront conquis par l’envie d’accomplissement de Clémence, de se défaire de son avenir tout tracé (le déterminisme social) et de ses parents pour rêver d’une forme de normalité. Eloge de l’enseignement et des professeurs, l’album ravira aussi les plus grands pour la forme satyrique de son propos.

L’histoire est portée par une belle partie graphique de Dagda. S’il peut y avoir parfois quelques erreurs dans la mise en scène des cases et des personnages, l’ensemble est agréable à l’œil notamment grâce à de très belles couleurs. D’une belle modernité, le trait de la dessinatrice est bien mis en valeur dans ses cases plus grandes.

La ligue des voleurs : un premier tome enthousiasmant, amusant et décalé ! Une belle réussite !

Article posté le vendredi 25 mars 2016 par Damien Canteau

Très bel album jeunesse, La ligue des voleurs est signé Maia Mazaurette et Dagda aux éditions Jungle, décrypté par Comixtrip le site BD de référence
  • La ligue des voleurs, tome 1
  • Scénariste : Maïa Mazaurette
  • Dessinatrice : Dagda
  • Editeur : Jungle
  • Prix : 12€
  • Parution : 30 mars 2016

Résumé de l’éditeur : A l’école de la Guilde des voleurs, pas de grammaire, ni de mathématiques. A la place, cours de tir, maniement des munitions, étude de la cryptographie et infiltration. Objectif : devenir le meilleur braqueur de la promotion. Pour Clémence, ça ne devrait pas poser de problème. Fille de deux fameux bandits de la Guilde, elle a le talent de son père et la classe de sa mère. Sauf que Clémence a un secret : elle préfère largement étudier la biologie à la bibliothèque plutôt que de braquer des banques avec style. Mais lorsqu’on fait partie de la Guilde, on se doit de respecter certaines règles : pas de contact avec le monde  » normal « , pas d’amis en dehors de la communauté, c’est un engagement total qui est pris très au sérieux. Pour Clémence, c’est le début d’un dilemme. Comment ne plus vivre dans l’illégalité et ne pas décevoir ses parents pour qui la réussite rime avec dynamite ?

À propos de l'auteur de cet article

Damien Canteau

Damien Canteau

Damien Canteau est passionné par la bande dessinée depuis une vingtaine d’années. Après avoir organisé des festivals, fondé des fanzines, écrit de nombreux articles, il est toujours à la recherche de petites merveilles qu’il prend plaisir à vous faire découvrir. Il est aussi membre de l'ACBD (Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée).

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