Les yeux perdus

Trois enfants dans un orphelinat au début du XXe siècle. Du suspense. Les yeux perdus, un récit horrifique de Diego Agrimbau et Juan Manuel Tumburus chez Dargaud. Tremblez !

1916, entre la Pologne et la Russie, un orphelinat perdu au milieu d’un monde en ruines. Il ne reste plus rien, seuls trois enfants ont survécu… Mais comment ? Maurice Nunrk, ventripotent fils des directeurs de l’institution, dirige et impose ses décisions aux deux autres. Otto et Ofélia, orphelins doivent obéir pour survivre. Pour cela, ils attirent les soldats dans l’orphelinat. Et alors qu’ils s’apprêtent à déguster un bon repas, Maurice les décapite pour qu’ils servent de nourriture. Otto n’en peut plus et pour ne pas sombrer, il va être aidé par des poupées…

Comment ne pas penser à Chucky ou à l’affiche de The Game de David Fincher quand on voit cette couverture qui est bien plus subtile qu’on ne peut l’imaginer. Comme souvent, après avoir refermé Les yeux perdus, je la regarde à nouveau et y découvre de nouveaux indices. J’adore ça. Sinon, cette histoire parle de hache, de sang, de morts, de repas à base d’humain (bienvenue chez « Sweeney Todd : Le Diabolique Barbier de Fleet Street ») d’orphelins et de poupées vivantes. Et bien, vous savez quoi ??? Quel plaisir, j’ai été happé par l’histoire, le récit est diaboliquement bien construit et les personnages, enfin surtout Maurice, sont bien dérangés. Que dire du graphisme ? Le travail de Juan Manuel Tumburus est superbe, avec une mention spéciale pour les regards.

Et pour finir, entre le prénom d’un des personnages, l’histoire et le style graphique, on ne peut qu’y voir un clin « d’œil » à l’expressionniste Otto Dix !

Alors oui, on va éviter de faire lire Les yeux perdus aux enfants. Mais que c’est bon, c’est même très bon. J’ai pris malin plaisir à voir une tête coupée par un gosse dès la 8ème page (quand je vous dis que je suis un psychopathe moi aussi, vous ne me croyez pas)… Allez-y les yeux fermés, enfin non, surtout gardez-les … bien ouverts… Et ne les perdez pas…

Article posté le samedi 11 juin 2022 par Yoann Debiais

Les yeux fermés d'Agrimbau et Tumburus (Dargaud)
  • Les yeux perdus
  • Scénariste : Diego Agrimbau
  • Dessinateur : Juan Manuel Tumburus
  • Éditeur : Dargaud
  • Prix : 16,50 €
  • Parution : 26 mai 2022
  • ISBN : 9782205089769

Résumé de l’éditeur : 1916, quelque part sur le front de l’Est, entre Pologne et Russie, trois orphelins sont les seuls survivants dans un orphelinat. Derrière le portail, tout n’est plus que dévastation, ruines et décomposition. Ils n’ont qu’un seul moyen de survie : attirer, tuer et manger les soldats blessés cherchant un endroit où s’abriter. Un des enfants ne peut plus supporter ce semblant de vie. Il découvre de nouveaux amis — les seuls ? — dans les magnifiques poupées victoriennes qui peuplent les étagères d’une des pièces vides de l’orphelinat. Les poupées acceptent de l’aider à une seule condition : qu’il leur donne des yeux pour remplir leurs orbites vides…

 

À propos de l'auteur de cet article

Yoann Debiais

Yoann Debiais est un amoureux de la bande dessinée depuis de nombreuses années. Le temps et les rencontres lui ont permis de s'ouvrir à des lectures plus humaines et plus profondes. Il partage sa passion sur Instagram sous le compte @livressedesbulles. N'hésitez pas à découvrir son univers fait de partages.

En savoir