Tu n’as rien à craindre de moi

Notre avis : Joann Sfar est de nouveau dans les bacs avec Tu n’as rien à craindre de moi, une histoire d’amour et d’Art, publié par Rue de Sèvres.

Le soir de Noël. Searbearstein, un drôle de bonhomme est en couple avec Loreleï Van Darc, qu’il surnomme malicieusement Mireilledarc. Etonnant car sa compagne ne comprend pas l’allusion, elle qui ne connait pas la célèbre actrice célèbre dans les années 70.

Elle l’aime, il l’aime, ils s’aiment et elle souhaite l’épouser. Lui rêve, cherche l’inspiration – d’ailleurs c’est souvent elle sa muse –  et parle souvent de ses parents qui ne sont pas revenus d’Auschwitz…

On aime Joann Sfar lorsqu’il propose Donjon avec son compère Lewis Trondheim (Delcourt), on l’apprécie lorsqu’il nous charme avec La chat du rabbin (Dargaud), Petit vampire, Sardines de l’espace (avec Emmanuel Guibert), Pascin (L’Association), Le petit monde du Golem (L’Association), Klezmer ou encore lorsqu’il illustre La promesse de l’aube de Romain Gary. Mais on n’apprécie moins lorsqu’il se perd dans des histoires fades comme La vallée des merveilles ou encore son roman Grandclapier. Quand on produit autant – est ce maladif ? – tout ne peut donc être réussi !

C’est donc le cas ici avec Tu n’as rien à craindre de moi, un récit compliqué à suivre, qui part dans tous les sens et au processus narratif très incertain. Néanmoins, il existe des entrées positives dans cet album, notamment l’auteur semble proche des femmes – les comprend alors un peu mieux – il en démontre sa proximité. Serait-il finalement plus féminin qu’on ne le pense ? De plus, il sublime l’acte amoureux, la poétise et l’intellectualise; et cela est plutôt très intéressant. Enfin, il effleure la thématique de la création et l’Art et là encore c’est réjouissant.

Il rend aussi hommage aux films de la Nouvelle vague et l’une de ses égéries, Mireille Darc. Sublime dans ces longs métrages, il la met merveilleusement en scène par son trait vif et jeté qui la rend encore plus belle (et pourtant elle l’était et le reste encore aujourd’hui). On referme l’album déçu, sans en retenir grand chose. Dommage, il y avait de la matière.

Article posté le samedi 21 mai 2016 par Damien Canteau

Tu n'as rien à craindre de moi de Joann Sfar, décrypté par Comixtrip le site BD de référence
  • Tu n’as rien à craindre de moi
  • Auteur : Joann Sfar
  • Editeur : Rue de Sèvres
  • Prix : 18€
  • Parution : 20 avril 2016

Résumé de l’éditeur : C’est l’histoire des meilleurs moments de l’amour : ils se rencontrent, se regardent, se parlent des nuits entières, s’aiment sans cesse. il la peint, elle s’amuse à être peinte.et après ?Véritable portrait d’un couple contemporain, cet album traverse les questions éternelles de l’amour et les éternelles questions de son auteur : l’art, la religion, l’amitié. Le mot de l’auteur :« C’est si fréquent, de traverser sans trembler de vrais drames de vie, et d’être fichu par terre par une bête histoire d’amour. D’une façon ou d’une autre, cet album de bandes dessinées essaie de trouver comment on s’en remet, comment on retrouve le sourire. »

À propos de l'auteur de cet article

Damien Canteau

Damien Canteau

Damien Canteau est passionné par la bande dessinée depuis une vingtaine d’années. Après avoir organisé des festivals, fondé des fanzines, écrit de nombreux articles, il est toujours à la recherche de petites merveilles qu’il prend plaisir à vous faire découvrir. Il est aussi membre de l'ACBD (Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée). Il est le rédacteur en chef du site Comixtrip.

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