Capitaine Albator, l’intégrale

Les quadragénaires et les trentenaires vont être ravis ! Kana publie l’intégrale de Capitaine Albator, le pirate de l’espace. Les fans de la série animée, datant de 1978, retrouveront sous cette forme (un manga de plus de 1000 pages) les cinq mangas publiés par le même éditeur en 2002.  Leiji Matsumoto a dessiné cette histoire entre 1977 et 1979 au Japon et qui restera inachevée.

2977. Japon. Une immense sphère noire s’élance vers la Terre. Insensible aux ondes énergétiques qui pourrait la faire dévier de sa trajectoire, elle s’écrase près de Tokyo, détruisant une grosse partie de la ville. En pleine nuit, le grand scientifique Daiba vient réveiller le Premier Ministre pour l’alerter du danger de cet objet inconnu. L’homme politique pense que c’est une secousse sismique comme il y en a beaucoup dans l’archipel.

L’immense boule noire fait 2 km de diamètre et sur l’extérieur on peut y observer d’étranges hiéroglyphes. Le premier ministre congédie sommairement l’homme de science, préférant s’occuper de son parcours de golf de l’après-midi.

Dépité par le peu de considération que lui a offert le gouvernant, il rentre dans son laboratoire pour poursuivre ses recherches sur l’OVNI avec son jeune fils Tadashi. Mais il manque un pièce de matériel pour comprendre sa trajectoire. Le père décide alors de se rendre à Mondio-Lab pour y acquérir celui-ci. A l’intérieur de l’immeuble, une femme étrange le tient en joue. Alors que son fils arrive en courant, la femme voilée tue le scientifique et commence à s’approcher de l’enfant. Tout à coup, un bruit de pistolet laser fend le silence pour achever la créature qui se consume comme du papier à cigarette. Un homme se tient dans l’encadrement de la porte. Cet homme mystérieux, c’est Albator, le capitaine corsaire.

Il aime d’ailleurs à se définir ainsi : « J’erre parmi les étoiles. Les gens m’appellent le Capitaine Albator, arborant le drapeau noir, je parcours une mer sans lendemain, et vis en homme libre sous ma bannière : la bannière de la liberté ! »

Il apprend au jeune garçon que cette créature est une des sylvidres, femmes issues de plantes, qui envisagent de conquérir la Terre entière. Il lui propose alors de le rejoindre sur le spatio-port. Depuis que la sphère s’est écrasée, le ciel s’est obscurci et une brume persistante englobe toute la capitale. Malgré la peur,  Tadashi se rend au rendez-vous du pirate de l’espace.

Albator attaque un spatio-cargo gouvernemental pour voler la marchandise mais laisse toujours la vie sauve à l’équipage. De nouveau, le Premier Ministre est réveillé en sursaut par l’annonce de l’attaque. Pour comprendre les plans du corsaire, l’homme politique convoque Tadashi Daiba. Il demande à l’enfant de lui servir de taupe sur l’Arcadia, le navire pirate. Mais il ne refuse la proposition et est jeter en cellule. Dans la prison, il fait la connaissance de Yattaran, le fidèle lieutenant d’Albator, lui aussi enfermé. Pour les délivrer, la capitaine envoie Kei Yûki, la jeune femme corsaire de l’espace. Ils s’enfuient très facilement et croisent alors deux sylvidres venues chercher le fils du savant. Les deux pirates se débarrassent des créatures et embarquent sur leur vaisseau, destination l’Arcadia.

A bord, le capitaine-corsaire lui propose de rester et de devenir l’un des membres de l’équipage. L’enfant croise alors deux personnages pour le moins singuliers : le docteur Zéro et Miimé, une créature extra-terrestre et qui ne se nourrit que d’alcool. Comme peut le dire le médecin : « Tous les rêves que l’humanité a perdu sont à bord de ce vaisseau ». Et pourtant Tadashi décide de retourner sur Terre. Avant de partir, Albator lui donne un pendentif-émetteur, qui lui permettra d’appeler le capitaine-corsaire et voir arriver l’Arcadia pour venir le chercher.

A peine arrivé, le jeune garçon est invité par le Premier Ministre à la conférence donnée par le professeur Kusuko qui a réussi à déchiffrer le message gravé sur la sphère :« Cette planète est la seconde patrie des toutes-puissantes sylvidres ». Il indiquera par la même occasion que la Terre est menacée par l’invasion des créatures. Dans le même temps, Tadashi fait la connaissance de l’assistante de ministre, Shizuka Namino. A la fin de l’exposé, le professeur est à son tour assassiné par une sylvidre. En colère, le garçon décide d’appuyer sur l’émetteur et donc de rejoindre l’équipage de l’Arcadia.

Après les instructions données par Albator, Tadashi monte à bord et commence à découvrir les membres de l’équipage ainsi que leur vie quotidienne. Etonné, il voit des hommes souvent ivres, peu impliqués dans les combats ou les taches domestiques. Il retrouve Yattaran, fan de maquette et qui ne combat que lorsque l’on lui demande. Il croise aussi la vieille cuisinière un peu fofolle Masu, l’immense oiseau noir du capitaine-corsaire ou encore le chat du docteur. Dans sa cabine, il découvre alors Shizuka Namino, l’attachée parlementaire du ministre, montée à bord clandestinement.

Cinq tomes pour seulement 25 euros

Les éditions Kana ont visé juste ! Publier une intégrale des 5 tomes déjà parus en 2002 et pour seulement 25€ ! L’intégrale Capitaine Albator le pirate de l’espace qui compte 1088 pages ravira les fans du dessin animé diffusé sur Antenne 2 à l’époque. Les premiers pas d’Albator de Leiji Matsumoto intitulé en version originale Harlock est crée en 1969 dans le fanzine Dai-kaizoku Harlock. Au fil des années, il va s’affiner pour prendre sa forme définitive à partir de 1977. Dans une interview, l’auteur expliquera qu’il s’est inspiré du grand samouraï Musashi Miyamoto pour créer le capitaine-corsaire. Le récit n’est plus à expliquer tellement il est connu par un grand nombre de personnes et qu’il fut adapté en anime. Les personnages sont très intéressants et leurs contours bien définis : ils représentent l’axe du bien (des résistants) contre les forces du mal, les sylvidres, issues des plantes. Le célèbre corsaire à la balafre est à la fois mystérieux, courageux mais très touchant et attachant. Tadashi représente lui la filiation avec son père, l’illustre scientifique. Les femmes comme les sylvidres, Kei, Miimé ou Shizuka sont magnifiquement dessinées par Matsumoto. Il utilise aussi à merveille le contraste entre le clair et l’obscure, les masses blanches et noires. Son trait en noir et blanc est donc très lisible et extrêmement agréable. Cependant, certains lecteurs seront un peu déçus parce que ce manga est inachevé. En effet, à l’époque, en 1979, le dessin animé prenait beaucoup de temps au mangaka, qu’une fin était plus ou moins visible dans la série animée et qu’il ne voyait pas l’utilité de terminer son manga en cours d’édition.

A noter que Matsumoto continuera de créer après son chef-d’œuvre Albator : il adaptera l’opéra de Wagner, L’anneau du Nibelung, en 1992, premier manga publié sur internet, mais aussi Galaxy Express 999 en 1996 et qu’il mettra son talent au service du groupe français Daft Punk pour illustrer leur vidéo-clip Interstella par une œuvre spéciale (réalisation de Takenouchi et la Toei) en 2003.

Une belle intégrale à petit prix d’un chef-d’œuvre du mangaka Matsumoto, pourquoi s’en priver !

Article posté le mardi 10 décembre 2013 par Damien Canteau

Sélection des 10 meilleures BD se déroulant dans l'espace et le monde spatial par Comixtrip, le site spécialisé sur la bande dessinée.
  • Capitaine Albator, le pirate de l’espace, l’intégrale
  • Auteur : Leiji Matsumoto
  • Editeur: Kana, collection Sensei
  • Prix: 25€
  • Sortie: 6 décembre 2013
Résumé de l’éditeur : An de grâce 2977… « Lorsque toutes les mers du globe eurent disparu, les hommes pensèrent que la fin du monde était arrivée. Ils s’apitoyèrent sur leur sort, sans même songer à l’espace infini qui s’étendait au-dessus de leur tête…Seule une poignée d’hommes, croyant en l’avenir radieux du genre humain, eurent le courage d’aller explorer la « mer du dessus ». Alors, les autres ricanèrent en disant: « ce sont des fous qui courent après un rève irréalisable. » Et nous avons été considérés comme des hors-la-loi.. »

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À propos de l'auteur de cet article

Damien Canteau

Damien Canteau

Damien Canteau est passionné par la bande dessinée depuis une vingtaine d’années. Après avoir organisé des festivals, fondé des fanzines, écrit de nombreux articles, il est toujours à la recherche de petites merveilles qu’il prend plaisir à vous faire découvrir. Il est aussi membre de l’ACBD (Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée).

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