Undertaker

Etre undertaker (croque-mort) dans les Etats-Unis du 19e siècle n’est pas très bien vu. A bord de son corbillard, il annonce la mort et tout son folklore. Parcourant les routes entre les petites villes, Jonas Crow se rend à Anoki City pour Cusco, patron d’une mine d’or mais pas encore mort. Associé à Ralph Meyer, Xavier Dorison imagine une nouvelle série Undertaker, une western d’un nouveau genre.

RÉSUMÉ DE L’ÉDITEUR

Jonas Crow, croque-mort, doit convoyer le cercueil d’un ancien mineur devenu millionnaire vers le filon qui fit autrefois sa fortune.
Des funérailles qui devraient être tranquilles, à un détail près : avant de décéder, Joe Cusco a avalé son or pour l’emmener avec lui dans l’éternité. Pas de chance, le secret est éventé et provoque la fureur des mineurs d’Anoki City.
Comment laisser enterrer une telle fortune alors que pour survivre, eux suent sang et eau dans les filons ?
Comme le dit Jonas, « la mort ne vient jamais seule »…

UN EXCELLENT DÉMARRAGE

Après Asgard (Dargaud), le duo Xavier Dorison et Ralph Meyer se reforme et propose une nouvelle série western qui démarre très fort. Même si le sticker sur la couverture survend un peu Undertaker (nous pouvons penser qu’il y a eu d’autres grands western depuis Blueberry, notamment Bouncer de Jodorowsky et Boucq), il faut admettre que la série commence d’une admirable façon. Le décor et les personnages mis en place pour ce premier volet sont originaux et pourront déboucher sur de multiples histoires futures. Le potentiel est fort.

UN CROQUE-MORT AU PASSE TROUBLE

Exit le croque-mort de Lucky Luke (parodique, il est vrai) pour Jonas Crown, un drôle d’undertaker, misanthrope, aux méthodes musclées, maniant admirablement les revolvers, aux répliques cinglantes et au passé très trouble ; auquel, il faut ajouter Cusco, l’homme riche qui souhaite être enterré avec son or, Rose sa femme ou Madame Li, la gouvernante. L’intrigue dense et bien maîtrisée et les scènes d’action rythmées augurent d’une future grande série populaire. La course-poursuite de nombreux villageois pour retrouver le corps du défunt et surtout son or, entamée dans son premier volet est accrocheuse et tient en haleine. De nouveau, Xavier Dorison livre une partition parfaite, d’une grande justesse et très documentée. Le lecteur découvre donc beaucoup de rebondissements et de surprises dans Le mangeur d’or, en attendant la suite avec impatience.

DE SUBLIMES PLANCHES DE RALPH MEYER

Pour l’accompagner au dessin, le talentueux Ralph Meyer. S’il n’atteint pas l’élégance et la force graphique de Jean Giraud dans Blueberry, ses planches sont magnifiques. Si le réalisme des personnages (les visages et les expressions) est formidable, les décors sont  a minima, ce qui le démarque de son illustre prédécesseur. Il faut dire que le dessinateur de Berceuse assassine (avec Tome, Dargaud) et de Ian (avec Velhmann, Dargaud), possède un rare sens du mouvement, visible dans les scènes de combats.
Undertaker : un démarrage en trombe pour une magnifique série populaire à suivre.

Article posté le mercredi 11 février 2015 par Damien Canteau

  • Undertaker, tome 1 : Le mangeur d’or
  • Scénariste: Xavier Dorison
  • Dessinateur : Ralph Meyer
  • Editeur : Dargaud
  • Prix : 13.99€
  • Sortie : 30 janvier 2015

Résumé de l’éditeur: Jonas Crow, croque-mort, doit convoyer le cercueil d’un ancien mineur devenu millionnaire vers le filon qui fit autrefois sa fortune. Des funérailles qui devraient être tranquilles, à un détail près : avant de décéder, Joe Cusco a avalé son or pour l’emmener avec lui dans l’éternité. Pas de chance, le secret est éventé et provoque la fureur des mineurs d’Anoki City. Comment laisser enterrer une telle fortune alors que pour survivre, eux suent sang et eau dans les filons ? Comme le dit Jonas, « la mort ne vient jamais seule »…

À propos de l'auteur de cet article

Damien Canteau

Damien Canteau

Damien Canteau est passionné par la bande dessinée depuis une vingtaine d’années. Après avoir organisé des festivals, fondé des fanzines, écrit de nombreux articles, il est toujours à la recherche de petites merveilles qu’il prend plaisir à vous faire découvrir. Il est aussi membre de l'ACBD (Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée).

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