Crépuscule

Surprenant et hypnotique, Crépuscule est un excellent album de science-fiction imaginé par Jérémy Perrodeau, aux éditions 2024. Planète artificielle, disparition et aventure sont au cœur de cette très jolie bande dessinée, ode à la nature.

ÉTONNANTES EXCROISSANCES

Sur une planète artificielle observée par les humains, le garde-forestier Lincoln effectue sa tournée sur son engin volant motorisé.

Après quelques pas, il constate avec stupéfaction des excroissances aux formes géométriques sur les arbres, les plantes ou les rochers. Cette propagation semble exponentielle et personne ne sait pourquoi ni d’où elle vient. Il en fait le rapport radio au Grand Central son quartier général en orbite autour de la planète. Il tente alors de se rapprocher de la zone de contamination originelle mais sa liaison radio coupe.

A LA RECHERCHE DE L’ÉQUIPE SCIENTIFIQUE

Paul et Sofia des agents doivent se rendre sur la planète artificielle parce que l’équipe scientifique a disparu. Accompagnés des deux droïdes Karl et Otto, ils se déplacent dans la station orbitale qui sert de lieu de vie aux scientifiques. Ils constatent que les trois membres ne sont pas là et que leur dernière transmission radio date de six jours. Ils écoutent ce message puis partent sur la planète pour les retrouver…

LE CRÉPUSCULE D’UNE PLANÈTE ?

Crépuscule est un étonnant album de science-fiction de Jérémy Perrodeau. Né en 1988, ce jeune auteur est diplômé de l’Ecole Estienne. Il publie sa première bande dessinée en 2013, Isle la grande odyssée (éditions FP & CF). Il réalise aussi des illustrations et des histoires pour les revues Lagon et Volcan.

Pour Crépuscule, il imagine une planète artificiellement conçue par les êtres humains où la nature reprend ses droits au grand dam des scientifiques. En tentant de jouer avec elle, les personnages se frottent à l’inévitable, ce qui multiplie les réactions en chaîne qu’ils ne pourront pas canaliser et qui s’avéreront catastrophiques. L’album est donc un hymne à l’écologie.

La grande force de Crépuscule, réside dans un partie graphique de très haut niveau ! Les formes géométriques des décors et des engins mises en images par Jérémy Perrodeau, tranchent avec les courbes douces des êtres vivants (hommes et animaux). Ces derniers semblent d’ailleurs lilliputiens face à la grandeur de la nature qui se transforme. Pour renforcer cette dualité, l’auteur utilise de grands aplats de couleurs très bien sentis (rouge-orange, bleu ou jaune), comme pour chapitrer son récit. Le rythme de son découpage est lui aussi étonnant voire parfois désarçonnant. Les temps de marche des protagonistes invitent à la méditation puis vient une accélération, puis un temps lent etc.

Dans la veine des grands récits de science-fiction autour de colonisation de planètes , Crépuscule s’affirme comme l’un des plus forts de ce genre de ces dernières années. Ses qualités narratives et graphiques ont été saluées par le Festival d’Angoulême qui l’a inscrit dans sa Sélection Officielle 2018. Le futur Prix Révélation ?

Article posté le vendredi 19 janvier 2018 par Damien Canteau

Crépuscule de Jérémy Perrodeau (2024) décrypté par Comixtrip
  • Crépuscule
  • Auteur : Jérémy Perrodeau
  • Éditeur : 2024
  • Parution : 22 septembre 2017
  • Prix : 24.50€
  • ISBN : 9782919242740

Résumé de l’album : Paul, Sofia, Karl et Ottö, deux agents humains accompagnés de deux androïdes, s’aventurent sur une planète lointaine à la recherche d’une équipe scientifique disparue. Sur les arbres, les plantes, les roches, des excroissances géométriques défigurent le paysage, symptômes d’une expérience de grande ampleur ayant mal tourné. Bientôt piégés par une nature hostile, soumis à de violentes tempêtes gravitationnelles et de mystérieuses distorsions temporelles, nos quatre héros n’auront d’autre choix que d’avancer jusqu’à l’origine du phénomène. Ils plongent alors dans une odyssée qui les fera braver la Matière, l’Espace et le Temps… Crépuscule met en scène des êtres humains seuls et démesurément insignifiants lorsque la nature sauvage décide de reprendre ses droits. Pure variation de la dialectique : Man vs Wild, l’homme, en figure d’apprenti-sorcier, joue avec sa technologie et provoque infailliblement une chaîne de réactions incontrôlables… Jérémy Perrodeau – Kaspard David Friedrich reborn ! – transfigure un récit romantique de SF en épopée western seventies. Survivalistes, âmes en mal de romantisme ou encore amoureux de science-fiction, ce livre est fait pour vous !

À propos de l'auteur de cet article

Damien Canteau

Damien Canteau

Damien Canteau est passionné par la bande dessinée depuis une vingtaine d’années. Après avoir organisé des festivals, fondé des fanzines, écrit de nombreux articles, il est toujours à la recherche de petites merveilles qu’il prend plaisir à vous faire découvrir. Il est aussi membre de l'ACBD (Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée).

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