Après Stray Dogs, Tony Fleecs et Trish Forstner, désormais accompagnés de Tone Rodriguez, présentent Feral, leur nouvelle aventure animalière horrifique.
Feral : trois p’tits chats, trois p’tits chats…
Lorsqu’Elsie, Lord et Patch reprennent leurs esprits, ils découvrent qu’ils sont enfermés dans les cages d’un camion de la fourrière. Ils n’ont qu’un vague souvenir de ce qui les y a conduits. Tout juste entendent-ils les deux humains à l’avant du véhicule.
« – Unité 4, on a un autre ramassage pour vous.
– Hein ? Encore ?! On a de la place ? »
Quand soudain, des yeux rouges apparaissent sur la route. Pris de panique, le conducteur tente une embardée qui se termine dans le ravin.
Tous les animaux s’extirpent alors du camion retourné. Ils sont sains et saufs, ce qui est loin d’être le cas des hommes vêtus d’une combinaison jaune. Désormais la seule voix humaine qui se fait entendre dans la forêt est celle saccadée de leur radio.
« Unité 4, si vous êtes à portée, veillez à respecter les protocoles de sécurité.
On vient de …
Ce variant est plus fort…
… plus rapide… »

Après les chiens, les chats.
On avait pu découvrir Tony Fleecs et Trish Forstner dans le très bon Stray Dogs, une histoire extrêmement originale qui ne manquait pas de mordant. On les retrouve avec plaisir et angoisse, désormais accompagnés de Tone Rodriguez aux dessins. Mais cette fois-ci, en lieu et place des chiens, l’histoire va faire la part belle à des chats tentant de survivre au beau milieu d’une épidémie mystérieuse.

Feral : une simple variation sur un même thème ?
Ainsi, on pourrait se contenter de dire que le concept reste le même. Et le fait est qu’il s’agit à nouveau d’une aventure animalière horrifique. De la même manière, comme dans Stray Dogs, l’idée consiste à mêler une apparence enfantine digne des dessins animés de Don Bluth à une intrigue qui elle, rappelle Walking dead. D’ailleurs, malgré l’apport aux dessins de Tone Rodriguez, le style graphique reste rigoureusement identique. De la même manière, les protagonistes sont extrêmement attachants et pris d’empathie immédiate, on s’inquiète réellement pour eux.

La patte de véritables artistes.
Mais en réalité, il serait extrêmement réducteur de voir en Feral une simple variation. En effet, loin de constituer une facilité scénaristique, le concept nourrit l’intrigue et l’enrichit même. Et effectivement confronter des chats à une épidémie qui ressemble à la rage est un réel à apport. Cela permet de créer des situations inédites et réellement efficaces. Les chats restent des animaux et agissent comme des animaux. Mais dans la mesure où on a accès à leurs pensées et leurs propos, on vit l’aventure avec eux.
Une lecture à faire frémir les vibrisses.
Néanmoins, l’apparence enfantine des dessins n’occulte jamais le ton horrifique du propos. Et depuis Walking dead, on sait qu’une situation atroce peut encore empirer et qu’aucun personnage n’est à l’abri. Les codes sont connus et parfaitement respectés. Et ils sont d’ailleurs exploités jusqu’à la dernière page avec une certaine malice, comme en témoigne, en fin d’ouvrage, les couvertures alternatives qui pastichent les plus grand films d’horreur.


Soulignons enfin le soin apporté par Panini à l’édition de l’œuvre. Proposé à la vente avec un choix de trois couvertures différentes, l’ouvrage est clairement mise en avant par un éditeur qui joue pleinement le jeu des auteurs.



- Feral
- Scénariste : Tony Fleecs
- Dessinateurs : Trish Forstner et Tone Rodriguez
- Coloriste : Brad Simpson
- Traductrice : Laurence Belingard
- Editeur : Panini Comics
- Prix : 26 €
- Sortie : 25 mars 2026
- ISBN: 9791039143271
Résumé de l’éditeur : Découvrez Elsie, Lord Fluffy Britches et Patch, trois chats d’intérieur perdus dans un environnement hostile en pleine épidémie de rage. Sans leurs humains pour les protéger, ils doivent traverser une forêt infestée de bêtes enragées pour retrouver leur foyer. Suivez bien ces conseils, petits chats : ne vous faites pas mordre, ne vous faites pas griffer, ne devenez pas féroces… Après le récit complet Stray Dogs, Tony Fleecs retrouve Trish Forstner et Tone Rodriguez pour un nouveau mélange entre l’univers mignon des animaux façon dessins animés des années 90 et l’atmosphère d’un film d’horreur. Cette fois, ce sont les chats qui sont à l’honneur, et le récit s’étend sur une forme longue. En plus de la couverture régulière, Panini Comics proposera deux couvertures alternatives rendant hommage à des films d’horreur récents mais ayant déjà l’aura de films cultes : The Witch de Robert Eggers (Nosferatu) et Barbare de Zach Cregger (Évanouis). La série, toujours en cours aux États-Unis, débute ici avec les dix premiers épisodes.
À propos de l'auteur de cet article
Victor Benelbaz
Tombé dans la marmite de la bande dessinée depuis tout petit, Victor est un vrai amateur éclairé. Comics ou récits jeunesse sont les deux genres préférés de ce professeur de français.
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