Holmes (1854/†1891?), livre IV

Dernière chronique de cette série en cours avant, probablement, quelques années où nous aurons l’enthousiasme de décortiquer le contenu du cinquième volet. Trois ans séparent La Dame de Scutari du livre III. Et au vu de la qualité exceptionnelle de ce nouveau tome, on ne peut que défendre une si longue attente. Le personnage de Holmes appartient à la littérature victorienne, et l’Angleterre de cette époque rendue par L. Brunschwig et Cecil, résulte d’un travail titanesque.

Livre IV : La Dame de Scutari (2015)

Splendide ! 1854, cette première case illustrant l’arrivée des blessés anglais à l’hôpital de Scutari en Turquie est riche d’intensité, de détails et de finesse graphique. On y découvre par la suite l’horreur qu’engendre la guerre, en l’occurrence celle de Crimée. Des médecins esseulés, dépassés face au grand nombre de soldats agonisants. La simple remarque d’une infirmière, Florence Nightingale, aura des conséquences bénéfiques quant à la façon de soigner les rescapés.

Mais en quoi cet authentique fait historique peut-il avoir un lien avec Sherlock Holmes, le héros principal ? Les auteurs mettent adroitement cet événement en exergue pour devenir le point d’ancrage dans l’enquête de Wiggins ainsi que sur les révélations apportées par la nourrice de Holmes.

UN PROCÈS HALETANT

En effet, à Londres se joue au tribunal, le destin de Judy Brown, accusée d’empoisonnement de deux enfants. A la barre, Docteur Parks, tente avec une grande conviction de prouver l’innocence de la jeune femme. C’est ce même médecin que l’on voyait exercer à l’hôpital de Scutari pendant la guerre de Crimée. Tout comme deux infirmières dont Miss Dumbley, découverte aux chapitres précédents auprès du père de Holmes. On comprendra par la suite dans quelle mesure elle s’est retrouvée au chevet du vieil homme.

Ce procès, suivi de son verdict, est d’une grande intensité. Il permet, en outre, de s’immiscer dans l’Angleterre victorienne. Les liens sont clairement établis, l’histoire peut avancer.

DEUX FEMMES AUX RÔLES DÉTERMINANTS

Tenu au courant de cette atmosphère anxiogène par une lettre de Wiggins, Watson est et restera en France, au chevet de la nourrice de Sherlock, jusqu’au bout de l’histoire. Non sans connaître de riches informations issues des souvenirs de Mme Bannister. Elle est en effet la mieux placée pour assouvir la curiosité du docteur concernant les parents de Holmes. Et plus précisément son père, Siger, un homme dont l’investissement a été totale envers Sherlock et son frère Mycroft.

Mais c’est bien par la Dame de Scutari que les plus importantes révélations pour l’avancée de l’enquête seront fournies. Grâce à son témoignage La personnalité de Violet Holmes se dévoile au grand jour et permet d’assembler un peu plus les pièces du grand puzzle que constitue l’histoire de la famille du détective.

Nul doute que le cinquième volet offrira des lumières sur l’un des leurs. Ce dernier étant toujours présent mais depuis le deuxième tome, en toute discrétion.

ENCORE UN PEU DE PATIENCE

Le quatrième chapitre de Holmes (1854/†1891?) est probablement celui qui aura donné le plus de travail documentaire aux auteurs. Cela se ressent, en tout cas, à la lecture. Le talent de Cecil continue de nous éblouir et va de pair avec le scénario de L. Brunschwig qui maîtrise parfaitement son sujet.

Holmes (1854/†1891?) : La Dame de Scutari confirme le haut statut de la série. Il faudra, sans doute, attendre quelques temps pour avoir entre les mains le sixième et dernier tome mais il n’est certainement pas risqué de dire aujourd’hui que c’est l’une des plus belles bandes dessinées produites ces dix dernières années.

Article posté le mercredi 25 novembre 2015 par Mikey Martin

Holmes T. 4 fait partie des coups de coeur des BD parues en 2015 pour Comixtrip, le site spécialisé en bande dessinée
  • Holmes (1854/†1891?), livre IV : La Dame de Scutari
  • Scénariste : Luc Brunschwig
  • Dessinateur : Cécil
  • Editeur : Futuropolis
  • Prix : 13,50€
  • Sortie : octobre 2015

Résumé de l’éditeur : Dans ce nouvel épisode : Alors que Wiggins suit la plaidoirie du docteur Parks au procès de Judith Brown, sous l’oeil attentif de Mycroft, dont l’issue va provoquer l’émoi dans le pays tout entier, Mary et John Watson sont au chevet de la nourrice de Sherlock, blessée par balles. Les révélations de celle-ci vont les mettre sur la piste d’une femme dont le nom fut aussi au cœur du procès : Florence Nightingale. La célèbre infirmière et pionnière des soins modernes, a mis en pratique ses théories lors de la guerre de Crimée à l’hôpital de Scutari où officièrent le jeune docteur Parks et une certaine… Violet Holmes.

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Mikey, dont les géniteurs ont tout de suite compris qu'il était sensé (!) a toujours été bercé par la bande dessinée. Passionné par le talent de ces scénaristes, dessinateur.ice.s ou coloristes, il n'a qu'une envie, vous parler de leurs créations. Et quand il a la chance de les rencontrer, il vous dit tout !

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