Juste après la vague

Réalisateur, animateur d’effets visuels et illustrateur, Dominique Monféry reprend ses crayons et ses pinceaux pour nous proposer chez Rue de Sèvres une belle adaptation du roman éponyme de Sandrine Collette, Juste après la vague.

Déferlante

« Les vieux l’avaient prédit. Ils avaient bel et bien perçu l’infléchissement du climat, cela ne présageait rien de bon. Un volcan s’est effondré et puis la vague a déferlé sur le monde. »

Dès les premières pages de la formidable histoire que nous conte Dominique Monféry dans Juste après la vague, d’après le roman éponyme de Sandrine Collette, te voilà, lecteur, lectrice, transporté.e dans le monde d’après. Celui qui a connu l’apocalypse, la catastrophe, et qui n’a d’autre issue que sa propre survie.

Une décision déchirante

Plantée au milieu de nulle part, au cœur d’un océan hostile, une colline transformée en îlot abrite encore une famille de onze personnes. Il y a là les parents, Madie et Pata, et leurs neuf enfants. Une famille unie… Mais bientôt, alors que chaque jour la mer monte un peu plus et menace la maison, une décision s’impose à eux.

Certes, il y a bien une barque qui les attend pour rejoindre  » les terres hautes «  mais celle-ci ne pourra sans doute pas contenir tout le monde. Alors il faut choisir. Qui part ? Qui reste ? Le couple va laisser trois de ses enfants : Perrine, Louie et Noé. Ils reviendra les chercher, a-t-il écrit dans la lettre qu’il leur a laissée…

Une seule question: survivre

Dès lors, il faut bien que la vie s’organise pour ces trois petits livrés à eux-mêmes. Leur quotidien n’est pas simple, loin s’en faut, tout comme celui du reste de la tribu, malmené par les tempêtes et les « monstres » marins. Et que l’on soit sur terre ou sur mer, une seule question s’impose : comment survivre dans un monde où il ne reste plus rien, sinon cet océan et cette vague immense qui menace encore ?

Des rencontres

Sur l’eau, sur l’île, les survivants seront confrontés à quelques rares rencontres. De pauvres hères, comme eux. Un méchant qui veut s’accaparer ce qui reste des biens des enfants ou encore un couple de vieilles dames isolées qui leur vient en aide quand les trois enfants essaient de rejoindre les terres hautes sur un radeau de fortune.

Une belle maîtrise graphique

Jusqu’où iront-ils? Se retrouveront-ils sur les terres hautes, enfin à l’abri de cette nature qui a voulu les engloutir? Bien sûr, il faudra aller au bout de ces 144 pages en couleur magnifiquement ordonnancées par Dominique Monféry, peut-être ici au sommet de son art. Crayons, pinceaux, gouache et aquarelle sont à la manœuvre dans des planches souvent éclatées ou entières qui rendent intenses le bouillonnement des vagues et de l’écume, les vertes profondeurs de l’océan déchaîné. C’est beau, c’est même très beau !

Alors, dans ce maelstrom de couleurs et de propositions, on pardonnera à l’auteur de cette adaptation les libertés narratives qu’il se permet par rapport au roman de Sandrine Collette, l’une des reines du polar francophone, qui publiait là son sixième roman, chez Denoël en 2018.

Aujourd’hui, ce sont les éditions Rue de Sèvres qui publient cette nouvelle version de Juste après la vague. Après d’autres adaptations tout aussi brillantes comme La neige en deuil ou Une pour toutes, Dominique Monféry fait preuve une nouvelle fois d’un talent graphique toujours intact. On vous le dit, ne passez pas à côté de cette vague !

Article posté le vendredi 30 janvier 2026 par Jean-Michel Gouin

  • Juste après la vague
  • Scénario et dessin : Dominique Monféry
  • Adapté de : Sandrine Collette
  • Editeur : Rue de Sèvres
  • Prix : 25 €
  • Parution : 21 Janvier 2026
  • ISBN : 9782810209736

Résumé de l’éditeur. Une vague géante déferle sur le monde et engloutit tout sur son passage. Le monde que connaissait Louie et sa famille a disparu, mais eux ont survécu. Du haut de leur colline devenue îlot, leur quotidien est étrangement tranquille et bien réglé : maman prépare le café, les enfants se lèvent grâce à la délicieuse odeur des tartines grillées, papa récolte les œufs frais du matin tandis que la mer, elle, monte chaque jour un peu plus. Les parents n’ont d’autres choix que de faire face à la montée des eaux. Seulement, il n’y a pas assez de place dans la barque. Quels enfants laisser derrière ? Sera-t-il possible de revenir les chercher ? Seront-ils capables de survivre jusque-là ?

À propos de l'auteur de cet article

Jean-Michel Gouin

Passionné par l'écrit, notamment l'histoire, la littérature policière et la bande dessinée, Jean-Michel Gouin a été journaliste radio et presse écrite pendant une trentaine d'années à Poitiers.

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