La Venin #4 – Ciel d’Ether –

Emily est de retour ! Pour ce quatrième et avant-dernier tome de La Venin, son auteur Laurent Astier distille quelques révélations précieuses qui augurent un final explosif. Alors qu’elle était en quête de justice envers ceux qui ont bouleversé son enfance et la vie qu’elle menait avec sa mère Liberty, c’est une froide vengeance qui animait ses motivations meurtrières. Mais Drake, sa dernière victime lui apprend que tout ce pourquoi elle se battait depuis l’assassinat du Sénateur Mc Grady, n’était en fait qu’un leurre. Ébranlée par cette nouvelle, seule la rage qui subsiste en elle lui permet de ne pas perdre pied. Va-t-elle suivre les conseils de son amie Susan et laisser la vie sauve à sa prochaine cible ? Quel est son véritable objectif désormais ? Ce nouvel épisode intitulé Ciel d’Ether, apporte son lot d’éclaircissements mais aussi de retrouvailles…

LA VENIN MÈNE LA DANSE

Après s’être tour à tour grimée en catin, religieuse et institutrice, c’est en tant que danseuse que nous retrouvons Emily à New York en novembre 1900. Dirigée par John Fisher, la jeune femme débute dans le métier. Les exigences du metteur en scène face au caractère bien trempé d’Emily font des étincelles. Pour rattraper ses propos un poil misogynes, Fisher lui propose après de plates excuses de devenir la « Hit Girl » de la comédie musicale. Elle sera sous les feux des projecteurs du prochain spectacle au sein du célèbre Casino Theatre, ce qui est une aubaine pour atteindre son objectif.

Car bien évidemment, si Emily fait tout ce qu’il faut pour être une véritable danseuse, ce n’est pas par vocation. Ses précédents camouflages lui avaient permis d’approcher -puis d’éliminer- trois de ses cinq cibles. Celui-ci lui servira à attirer l’œil de sa potentielle prochaine victime, Stanley Whitman. Et comme à son habitude, le plan d’Emily va marcher à la perfection. Seul bémol, ses intransigeantes intentions qui n’ont laissé aucune chance aux précédents hommes, seront ébranlées face à la naissance inattendue de sentiments amoureux.

Stanley aura un rôle majeur dans les motivations futures de la jeune femme. Mais avant de lui dévoiler une information précieuse, il permettra de mettre en lumière une Emily plus décontractée. Mais qui ne baissera jamais la garde. Toutes les années passées auprès de son oncle, et chasseur de primes, Michaël Graff, lui ayant forgé un tempérament de battante.

DES ALLIÉES AU FÉMININ

D’autres protagonistes déjà rencontrés dans les précédents tomes auront leur importance dans la quête d’Emily. De Victoria à Susan en passant par Lisa et Mona, toutes ces femmes permettront à Emily de ne  pas faillir et de se tenir prête pour le proche dénouement. Car même si la vengeance n’est plus sa motivation première, la haine qui la ronge depuis la précédente aventure suffit à lui donner la hargne nécessaire pour finir le travail commencé à Silver Creek. Il faudra pour cela échapper encore à ses poursuivants de la première heure que sont les agents de la Pinkerton. Mais aussi accepter la présence de l’Indien qui peut, malgré la rixe tragique de ce quatrième épisode, être un atout non négligeable. Ensuite, il sera peut-être alors temps de pardonner. C’est certainement le souhait le plus cher de Liberty

UN SCÉNARIO TOUT EN ÉQUILIBRE…

Quelle nouvelle aventure captivante de La Venin réalisée par Laurent Astier ! Avec tout le dynamisme scénaristique qu’on lui connaît, il donne encore plus d’épaisseur à son héroïne. En effet, Emily est assez malmenée dans ce Ciel d’Ether. Comme si l’auteur de Face au Mur voulait percer la carapace bien solide qu’elle s’est inévitablement construite pour encaisser toute sa jeune – mais déjà bien remplie – vie passée. Laurent Astier trouve l’équilibre parfait pour que son personnage garde le contrôle tout en étant à la limite du lâcher-prise.

… DYNAMISÉ PAR UN DESSIN TRÈS DÉTAILLÉ

Quant à la partie graphique une nouvelle fois superbement mise en couleur par son frère Stefan Astier, le créateur de La Venin continue d’offrir du plaisir à nos yeux. Les scènes sont très détaillées, les cases fourmillent d’éléments sur lesquelles il faut absolument s’attarder. Le découpage dynamique des planches est très complémentaire au rythme effréné de l’histoire.

L’héroïne du dessinateur est évidemment très présente mais il ne faut pas oublier toute cette liste non négligeable de protagonistes aussi importants les uns que les autres. Il est également toujours aussi agréable de voyager dans le temps pour toujours mieux comprendre le passé d’Emily. La période essentielle retracée avec son oncle respire l’ambiance poussiéreuse et suffocante des bons westerns des années 70.

Pour être complet sur le dessin de Laurent Astier, il faut lui créditer un élément supplémentaire des plus méritoires. Comme un hommage au New-York du début du vingtième siècle, il intègre habilement des édifices réels de l’époque à sa fiction (Tels, le Casino Theatre – où se savoure une splendide double-page – mais aussi le Victoria Hotel ou encore l’impressionnant Fuller Building…)

BIENTÔT LA DÉLIVRANCE ?

Avant l’épisode final de La Venin, Laurent Astier donne beaucoup de consistance pour cet album qu’est Ciel d’Ether. On a hâte de découvrir quelques mystères qui restent à dévoiler. Mais surtout, on ne peut imaginer une autre issue que celle où Emily puisse trouver enfin la sérénité et la quiétude qu’elle n’a, en fin de compte, jamais connues. Une seule question demeure : quel sera le prix pour retrouver sa Liberty ?

Article posté le mercredi 02 mars 2022 par Mikey Martin

La Venin 4 de Laurent Astier (Rue de Sèvres) décryptée par Comixtrip, le site BD de référence
  • La Venin, Tome 4 : Ciel d’Ether
  • Scénariste : Laurent Astier
  • Dessinateur : Laurent Astier
  • Coloriste : Stefan Astier
  • Éditeur : Rue de Sèvres
  • Prix : 15,00 €
  • Parution : 05 janvier 2022
  • ISBN : 978-2369815907

Résumé de l’éditeur : New York 1900, Emily est danseuse de cabaret, elle est même la meneuse de revue dont la beauté subjugue bien des hommes et en particulier Stanley Whitman, architecte de renommée de la ville. Cet homme, elle le connaît déjà, elle l’a identifié sur une photo comme étant l’un des agresseurs désignés de sa mère et s’apprête à lui régler son sort comme aux autres. Mais rien ne se passe comme prévu…

À propos de l'auteur de cet article

Mikey Martin

Mikey, dont les géniteurs ont tout de suite compris qu'il était sensé (!) a toujours été bercé par la bande dessinée. Passionné par le talent de ces scénaristes, dessinateur.ice.s ou coloristes, il n'a qu'une envie, vous parler de leurs créations. Et quand il a la chance de les rencontrer, il vous dit tout !

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