La Venin #2 – Lame de Fond –

Depuis qu’elle a tué le gouverneur McGrady, la tête d’Emily est mise à prix. Mais ce n’est pas ce qui va freiner la dynamique de vengeance de celle qu’on appelle La Venin. Et pour toucher le pactole de 2000 dollars pour celui qui la ramènera vivante, il faudra être au moins aussi rusé qu’elle. Dans ce deuxième tome où se mêlent révélations, tempête et châtiments, Laurent Astier distille les raisons pour lesquelles son héroïne possède tant de motivation meurtrière en elle. Sur un rythme suffocant, Lame de fond nous emmène dans un Far West déchaîné.

QUAND LA VENIN DEVIENT NONNE

Pour Emily tout est bien calculé. Si nous l’avions laissée dans le premier tome grimée en religieuse, ce n’était pas anodin. Alors qu’elle vient d’envoyer un message court et clair à un mystérieux destinataire signifiant l’accomplissement de sa mission, son déguisement lui permettra d’entrer dans l’orphelinat de Galveston. Car après s’être occupée du gouverneur McGrady, la prochaine cible  de celle qui se fait appeler sœur Maria est un certain Alister Coyle. A la tête de cette institution pour filles, on comprendra vite les intentions malsaines du révérend. Reste à savoir le lien qui l’unit avec Emily

SEULE MAIS PAS TROP

Pendant ce temps, son premier acte de vengeance dont le gouverneur était la victime, a provoqué une réelle mise à prix. Emily est recherchée par différentes autorités et c’est vivante qu’il faut la retrouver afin qu’elle réponde de ses actes. Seule contre tous, agir en toute discrétion n’est pas son objectif premier. Son mode opératoire semble bien établi : approcher sa victime de loin ou directement et agir vite. Peu importe les conséquences engendrées sur sa propre existence. L’objectif ultime étant d’assouvir peu à peu la colère qui l’habite.

Malgré son agilité, sa force et son maniement d’armes, Emily ne pourra éternellement faire face à l’ennemi sans au moins un allié. Cela tombe bien, un homme lui étant redevable, la surveille et tente de la protéger dans l’ombre.

Le deuxième tome de La Venin montre une femme déterminée et prête à tout pour que justice soit faite. Et lorsque son passé est peu à peu divulgué, on comprend qu’elle n’en est qu’au début de sa quête. Malheur à ceux qui la croiseront.

UN RYTHME INTENSE

Laurent Astier poursuit son western avec des codes qui lui sont propres. Toujours dans l’équilibre d’une bonne dynamique il alterne scènes d’action étourdissantes avec des flash-backs aussi reposants qu’instructifs. Ainsi, on en sait un peu plus sur les motivations de sa jeune et jolie héroïne. Sa faculté réside à toujours créer un lien naturel et logique à ces « cassures temporelles ».

Quant à sa patte graphique, elle est toujours aussi juste et maîtrisée en tout point. En attestent plusieurs scènes où sont mis en évidence les regards des protagonistes. Il suffit de contempler la couverture du tome 2 de La Venin pour se rendre compte de l’importance qu’il donne à les rendre vivants. Dans une ambiance plus sombre que le premier, l’auteur de Cellule Poison prouve une nouvelle fois son aisance au jeu des couleurs. L’ambiance anxiogène de cette nouvelle aventure n’en n’est que mieux retranscrite.

VIVEMENT LA SUITE

En y ajoutant un découpage très dynamique (avec des séquences époustouflantes, comme celle de l’ouragan), Laurent Astier fait de La Venin une série phare qu’on ne va pas lâcher. Nous avions loué l’énergie qui se dégageait dans le premier tome. Nous avons adoré la fluidité de cette suite. Nul doute que le troisième épisode sera au moins aussi réussi.

 

Article posté le jeudi 19 mars 2020 par Mikey Martin

La Venin 2 de Laurent Astier (Rue de Sèvres) décryptée par Comixtrip, le site BD de référence
  • La Venin, Tome 2 : Lame de fond
  • Scénariste : Laurent Astier
  • Dessinateur : Laurent Astier
  • Coloriste : Laurent Astier
  • Éditeur : Rue de Sèvres
  • Prix : 15,00 €
  • Parution : 08 janvier 2020
  • ISBN : 978-2369815860

Résumé de l’éditeur : Emilie est recherchée et sa tête est mise à prix. Poursuivant sa fuite en tenue de nonne, elle est Soeur Maria quand elle arrive à Galveston, au Texas. Elle n’est pas là par hasard, elle cherche le révérend Alister Coyle, celui-là même qui dirige l’orphelinat pour jeunes filles de la ville. Sous couvert de cette nouvelle identité, elle est hébergée quelques jours au sein de son institution. Le décès d’une pensionnaire et surtout la tentative de suicide de l’une d’elles ne laissent aucun doute sur le comportement malsain et les sévices commis par le révérend. Il est temps de rendre justice ! Emily s’en chargera et Dieu en sera témoin !

À propos de l'auteur de cet article

Mikey Martin

Mikey Martin

Mikey, dont les géniteurs ont tout de suite compris qu'il était sensé (!) a toujours été bercé par la bande dessinée. Passionné par le talent de ces scénaristes, dessinateur.ice.s ou coloristes, il n'a qu'une envie, vous parler de leurs créations. Et quand il a la chance de les rencontrer, il vous dit tout !

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