Le dieu-fauve

Le prolifique scénariste Fabien Vehlmann est de retour avec Le dieu-fauve, un nouveau récit inventif et puissant. Accompagné de l’espagnol Roger au dessin, il livre un conte fantasy original qui devrait faire date.

Après la fin

Que reste-t-il après la fin ? Les arbres sont morts. il ne subsiste ni gibier, ni fruits. Le clan doit partir pour de nouvelles terres, c’est Nouvelle-mère qui l’a décidé. Le jeune Sans-voix est prêt à la suivre partout et à la défendre s’il le faut. Il est déjà fort, il le sait, il le sent et il veut montrer son pouvoir au reste du clan.

Qui est le dieu-fauve ?

Après La cuisine des ogres (aux éditions Rue de Sèvres avec Jean-Baptiste Andreae au dessin) le scénariste Fabien Vehlmann  livre encore un scénario d’une inventivité rare. En partant de l’histoire de Sans-voix, un jeune singe blanc capturé puis dressé pour tuer, il déroule dans une construction chorale (chaque chapitre, un point de vue) un récit heroic-fantasy de fin de civilisation, noir et violent.

Le dieu-fauve, un récit fantasy hors-norme

Décors minimalistes, une terre aride, un monde dévasté par une grande vague, Fabien Vehlmann (Paco les mains rouges, Le dernier Atlas) place les codes du récit post-apocalyptique. Les hommes se sont organisés, certains ont en réduit d’autres en esclavage… Sans-voix, le singe blanc est le catalyseur et le révélateur des violences humaines. Tout au long d’une narration précise et maîtrisée, tout s’imbrique, les pions de Fabien Vehlman se placent jusqu’à l’apogée finale.

Des violences incarnées

C’est à l’artiste espagnol Roger que revient la mission de mettre en images cet univers créé de toutes pièces. Des animaux, quelques humains survivants après le déluge, parmi eux des esclaves en quête de liberté et un décor « africanisé » non identifié…

Dans un contexte totalement différent, le dessinateur de Jazz Maynard fait merveille et parvient à incarner avec une énergie folle toutes les violences qui constituent la problématique centrale de l’album.

Le dieu-fauve : original et surprenant

Le dieu-fauve est un album comme on en croise rarement. Il faut se plonger dedans sans trop savoir à quoi s’attendre. Tout en respectant quelques codes du récit de fin du monde. Fabien Vehlmann parvient à surprendre le lecteur à chaque chapitre. Une étonnante réussite !

Article posté le mardi 23 avril 2024 par Jean-François Mariet

Le dieu-fauve de Fabien Vehlmann et Roger (éditions Dargaud)
  • Le dieu-fauve
  • Scénariste : Fabien Vehlmann
  • Dessinateur : Roger
  • Éditeur : Dargaud
  • Prix : 21,50€
  • Sortie : 05 avril 2024
  • Pagination : 112 pages
  • ISBN : 9782505085645

Résumé de l’éditeur : Remontez jusqu’à l’ère lointaine du Déluge, celle qu’évoquent à demi-mots tous les textes anciens de l’humanité… En ces temps de famine, Sans-Voix, un jeune singe orphelin, cherche à prouver sa valeur à son clan d’adoption en chassant le « longue-gueule », un vieil alligator blessé et vicieux. Manger ou être mangé : le cycle immuable de la nature. Mais en osant s’aventurer au coeur des terres interdites, celles des humains, Sans-Voix sera confronté au plus cruel des destins : voir les siens massacrés sous ses yeux avant d’être capturé puis dressé dans les arènes de l’Empire afin de devenir un « Dieu-Fauve », un guerrier sacré façonné pour la violence et l’art du combat. Mais ces longues années de souffrance auront surtout fait grandir en lui une brûlante obsession : se venger de ses bourreaux, quel qu’en soit le prix. Récit de bruit et de fureur, empreint d’une poésie sauvage, Le Dieu-Fauve dresse le portrait d’une civilisation soudainement confrontée à la perspective de sa disparition. Mettant les nerfs à vif, cet album donne à voir et à ressentir la violence de la nature, la chaleur étouffante, le bourdonnement des insectes, les cris de rage et les larmes de désespoir des protagonistes, croquant avec force le ballet incessant qui fait s’entrelacer la vie et la mort, le règne animal et l’humanité. Car, au fond, qui est le réel héros de cette histoire ? L’homme ou… l’animal ? Une oeuvre à la construction magistrale, écrite par Fabien Vehlmann et portée par le dessin spectaculaire de Roger.

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Jean-François Mariet

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