Scalp

Chassé de l’armée, John Glanton  à la tête d’une bande d’assassins, fait régner la terreur dans la région de Chihuahua. Hugues Micol dévoile une tranche de sa vie dans Scalp aux éditions Futuropolis.

GLANTON SCALPE SES ADVERSAIRES

Texas milieu des années 1850. Après une rixe dans un saloon, John Glanton croise la route de Mustang. Ancien ranger chassé de l’armée, Glanton compose un bande de mercenaires avec des hommes tous recherchés par les autorités dont Mustang. Ensemble, ils volent, pillent, violent mais surtout scalpent leurs adversaires. Le chef construit même une cabane à Guadalupe pour y entreposer ses trophées; comble de l’horreur ! Et malgré son mariage avec une texane mexicaine, cela n’adoucit pas notre homme.

SÉJOUR EN PRISON

Le Texas connait de grands troubles à cette période là : les Américains ne souhaitent pas que les Mexicains récupèrent cet état et veulent même l’étendre vers le Sud au détriment des populations locales. Glanton joue alors un double jeu entre les deux parties. Il est notamment payés par les autorités mexicaines pour abattre un maximum d’Apaches et ainsi semer le trouble dans les rangs de l’armée américaine. Il poursuit ensuite son chemin sanglant vers la Californie.

Après avoir pénétré chez un pasteur, le hors-la-loi est arrêté et fait un séjour en prison. Rapidement, il en sort après le versement d’une caution. Les habitants pensent qu’il ne fera pas long feu, pris dans la spirale de la guerre mexicano-américaine…

SCALP : FRESQUE HISTORIQUE HAUTE EN COULEUR

Après Tumultes (Cornélius) et les deux excellents tomes de Printemps humains (Casterman), Hugues Micol s’attaque au mythe de John Glanton. Cet homme fou et sanguinaire a beaucoup inspiré les réalisateurs de westerns mais aussi la littérature américaine. Il faut que souligner que l’homme hors-norme est à la tête d’un bataillon de mercenaires hors-la-loi payés au scalp.

L’ alcool, les viols ou les massacres d’indiens, rien n’est épargné aux lecteurs. Loin des clichés de Far West et des premiers colons, Hugues Micol dévoile une histoire forte et sanglante. Comment la violence appelle la violence ? Cette spirale infernale prend le lecteur aux tripes. Pour cela, il adapte le récit autobiographique de John Glanton.

Toute la sauvagerie de cet homme sans foi ni loi est mise magistralement en image par le dessinateur de Bonneval Pacha (3 volumes avec Gwen de Bonneval, Dargaud). Son trait en noir et blanc semi-réaliste est d’une redoutable efficacité. Les planches sans case prennent toute leur force dans un grand format (24×33) pour faire prendre à son récit un tour hallucinant.

Pour approfondir le sujet de la guerre entre le Mexique et les Etats-Unis, vous pouvez lire notre chronique de Churubusco de Andrea Ferraris (Rackham).

Article posté le vendredi 13 janvier 2017 par Damien Canteau

Scalp de Hugues Micol (Futuropolis) décrypté par Comixtrip le site BD de référence
  • Scalp
  • Auteur : Hugues Micol
  • Éditeur : Futuropolis
  • Prix : 28€
  • Parution : 03 janvier 2017

Résumé de l’éditeur : John Glanton (1819-1850) est un Texas Ranger pendant la guerre mexicaine déclenchée en 1845 par l’annexion du Texas par les États-Unis. Les États-Unis annexeront aussi les territoires mexicains de la Californie. Pour Ulysse Grant, qui participa à cette guerre, « La rébellion du Sud fut l’avatar de la guerre avec le Mexique. Nations et individus sont punis de leurs transgressions. Nous reçûmes notre châtiment sous la forme de la plus sanguinaire et coûteuse guerre des temps modernes. » Après la guerre, chassé de l’armée pour meurtre, Glanton devient soldat de fortune, un mercenaire à la tête d’un gang particulièrement violent. Il loue ses services à l’état de Chihuahua afin de chasser les Indiens Apaches qui opèrent à la frontière du Mexique mais massacre aussi des Indiens pacifiques pour se faire plus d’argent. Car Glanton est payé au scalp rapporté. Ses massacres bafouent les traités signés entre ces tribus et les États- Unis et oblige l’état de Chihuahua à les déclarer hors-la-loi. Ils partent vers la Californie où la ruée vers l’or vient de commencer et s’enfoncent de plus en plus dans la violence. Glanton – et sa bande – tombera en 1950 dans une embuscade de la tribu de Quechan qui voulait se venger de leurs exactions. En se basant sur la vie de John Glanton, Texas Ranger pendant la guerre civile mexicaine puis mercenaire à la tête d’une bande de tueurs d’Indiens payés au scalp, Hugues Micol livre un récit hallucinant de la guerre civile mexicaine du milieu de XIXe siècle. Son dessin, puissant, qui rappelle les gravures de Goya, dépeint l’implacable brutalité d’une époque, loin des clichés du Far west.

 

À propos de l'auteur de cet article

Damien Canteau

Damien Canteau

Damien Canteau est passionné par la bande dessinée depuis une vingtaine d’années. Après avoir organisé des festivals, fondé des fanzines, écrit de nombreux articles, il est toujours à la recherche de petites merveilles qu’il prend plaisir à vous faire découvrir. Il est aussi membre de l'ACBD (Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée).

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