The Bunker #1

Capsule temporelle. Voici le titre de ce chapitre par lequel débute cette nouvelle série qu’est The Bunker. Cette fameuse « capsule-souvenirs », prête à être enterrée par une bande d’amis dans la forêt d’Angeles en Californie, n’a que d’importance le point de départ d’une découverte intrigante. Dans sa collection comics, les éditions Glénat continuent d’alimenter ce fonds dédié. Ce véritable récit de science-fiction imaginé par Joshua Hale Fialkov et Joe Infurnari, commence très fort, s’essouffle un peu en deuxième partie, pour finir non sans une certaine crispation. Pour autant, The Bunker donne l’impression d’une aventure qui peut avoir d’efficaces rebondissements.

Daniel Adamson, Natasha Losi, Grady Pots, Heidi Ryder, Billy Ryder. Voici les noms de ces cinq amis fraîchement diplômés qui vont nous accompagner tout au long de ce premier tome. Il faut bien se familiariser avec chacun d’entre eux tout comme les liens qui peuvent les unir, pour éviter de perdre le fil dans leurs divers voyages dans le temps.

DÉCOUVERTE SALVATRICE ?

Car voici toute l’ironie de l’histoire (d’autres y verront un probable événement « programmé », n’oublions pas que nous sommes dans de la science-fiction, et que dans ce genre tout est interprétable), réunis dans le but de partager un ultime moment entre eux avant d’affronter une nouvelle étape de leur vie, ils choisissent un cadre symbolique pour ensevelir leurs souvenirs rassemblés. Seulement, un premier coup de pioche, déterrera un bout de métal rouillé pour finalement divulguer un bunker. Mis à part celui de Billy, les noms de tous apparaissent sur la porte de cet abri. Plus invraisemblable, sont renfermées à l’intérieur plusieurs lettres écrites par eux-mêmes et qui leur sont adressées ! En d’autres termes, des mots venant du futur…

D’abord sceptiques face à cette trouvaille, ils ne croient qu’à un beau canular de Grady. Jusqu’à ce que peu à peu, au vu du contenu de ces écrits, ils reconnaissent que des choses trop intimes sont évoquées pour avoir été écrites par une autre personne (l’exemple du secret refoulé par Heidi et remémoré dans son courrier, valide cette conviction).

Mais ce groupe d’amis qui s’apprêtait à se séparer, va se trouver lié par un destin commun aux conséquences catastrophiques. Un à un, ils vont apprendre de leur futur l’arrivée d’une gigantesque extinction de masse et qu’ils en seront les principaux responsables. Le plus incroyable reste à venir, tous ces courriers sont là en guise de constat : celui de ne rien avoir pu faire pour changer quoique ce soit à cette effroyable extermination. Peuvent-ils et doivent-ils accepter cette fatalité ?

NAVIGATION DANS TOUS LES SENS

L’alléchante intrigue est donc posée. Le reste de cet opus va naturellement se concentrer sur le passé, le présent et bien évidemment, le futur de ces cinq personnages. Avec plus ou moins de clarté. Car si, dans les grandes lignes, on comprend l’importance accordée à Grady, Daniel ou Natasha, il reste des moments perturbants à suivre dus à ces incessants va-et-vient temporels.

En effet, il n’est pas toujours aisé d’identifier dans quelle époque se retrouvent les protagonistes. De même, ces « apparitions » du futur sont-elles issues de l’imagination de celui qui les voit ? Est-ce un rendu visuel de ce qu’il lit ? Ou tout simplement un résultat d’une distorsion du continuum espace-temps ?

LA CURIOSITÉ L’EMPORTE

Ce qu’on pourrait appeler « désordre » scénaristique est pleinement appuyé par le dessin de Joe Infurnari. L’Illustrateur s’autorise des variations graphiques impressionnantes. En passant par la multitude de couleurs proposées ainsi que des planches aux cases très dynamiques et souvent disproportionnées, J. Infurnari accentue l’effet décousu sans doute voulu par son narrateur, Joshua Hale Fialkov.

Ainsi, ce qui pourrait paraître gênant à la lecture ne doit pas pour autant être (encore) rédhibitoire.  Car les prémices de The Bunker possèdent une accroche non négligeable. Qui fait de ce titre une possible série prometteuse. Le deuxième tome devrait, espérons le, donner confirmation de ce qui a été proposé dans Capsule Temporelle.

Article posté le dimanche 17 avril 2016 par Mikey Martin

Comixtrip présente la BD The Bunker (couverture)
  • The Bunker #1 : Capsule Temporelle
  • Auteur : Joshua Hale Fialkov
  • Dessinateur : Joe Infurnari
  • Editeur : Glénat
  • Prix : 14,95 €
  • Parution : mars 2016

Résumé de l’éditeurAlors qu’ils sont en train d’enterrer leur « capsule temporelle » au fond d’un bois, cinq adolescents découvrent un mystérieux bunker métallique enfoui sous la terre. À l’intérieur, cinq lettres venues du futur adressées à chacun d’entre eux… et écrites par eux-mêmes ! Alertés sur la fin du monde imminente dont ils seraient les responsables, les cinq inséparables commencent à se diviser. Leur amitié va-t-elle résister à cette terrible révélation ? Car si l’on sait à l’avance les choix à ne pas faire, le futur peut changer. Mais en meilleur ou en pire ? Dans la lignée de Lost ou 20th Century Boys, The Bunker est un thriller de SF addictif qui confronte une amitié indéfectible à un destin funeste. Joshua Hale Fialkov et Joe Infurnari nous prouvent que défier l’avenir n’est pas plus simple qu’échapper au passé…

À propos de l'auteur de cet article

Mikey Martin

Mikey Martin

Mikey, dont les géniteurs ont tout de suite compris qu'il était sensé (!) a toujours été bercé par la bande dessinée. Passionné par le talent de ces scénaristes, dessinateur.ice.s ou coloristes, il n'a qu'une envie, vous parler de leurs créations. Et quand il a la chance de les rencontrer, il vous dit tout !

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